Le débriefing du dernier partiel s’est terminé un peu après 18h. Jeudi après-midi nous avons hésité quelques minutes avant de nous disperser loin de l’école. L’ambiance particulière, le ciel qui oscillait entre bleu-gris et rose, tout ça m’a poussé à prendre une photo. Au cas où je ne trouvais pas le courage d’aller à l’ultime cours le lendemain matin.

Quelques heures plus tard je suis parti à La soirée. Une camarade de promo avait fait de son petit appartement le lieu des réjouissances de fin d’études. Deux classes de marketing, une cinquantaine d’élèves, sont venus s’agglutiner jusqu’à plus soif, enfin jusqu’à plus à boire. A minuit tout le monde était à peu près là, à quelques exceptions que l’histoire ne retiendra pas près. L’entrée était libre. L’hôte a laissé venir ceux ou celles qu’elle ne pouvait pas blairer. Les gens qui s’insultaient quelques heures plus tôt encore se sont tolérés. La tempête était passée. De camarades de classes nous étions devenus amis à usage unique. Un soir et c’est fini pour toujours. Alors contre toute attente, tout s’est plus que bien passé. C’était super.
Deux filles s’échangeaient leur rouge à lèvres dans un smack avant de comparer leurs bouches sur les deux joues d’un garçon qui passait par là. Celui qui était si timide et réservé a fini torse nu et nous montrait son tatouage. Au concours de celle qui plie le plus bas sur la piste de danse la gagnante n’était pas celle que je croyais, et mes yeux s’écarquillaient autant de surprise que d’admiration. Dans la cuisine ça ragotait beaucoup, ça putassait un peu. Passées deux heures du matin, certains oubliaient leur couple et se frottaient d’un peu trop près avant de reprendre leurs esprits. On me tirait dans un coin pour s’exclamer à quel point c’était surréaliste que je sois là / je danse / je sois plutôt sympa en fin de compte. Une m’a fait jurer de pas parler d’elle sur internet, sinon j’y perdrais mes dents. Promis.

Aux alentours des trois heures du matin, tout le monde était à peu près bourré. Enfin pas moi, parce qu’à part un verre de coca pas light (hérésie ! gros cul ! pas le choix !), j’avais pas vraiment forcé. J’ai fait un dernier tour de piste au milieu des survivants. J’ai tapé des bises, j’ai serré des mains, j’ai répondu que moi aussi, j’espérais pas perdre contact avec toi. Ou toi. Puis je suis sorti sous la lune attraper un bus de nuit.
En finissant les cinq cent derniers mètres à pied jusqu’à mon placard, j’ai réalisé que non, je n’irai pas en cours le lendemain. C’était pas possible. J’ai pensé avoir bien fait de prendre une photo de l’école avant de partir. Parce que cette fois, c’était fini. Les cours tout du moins. Une bonne partie des gens aussi. Je ne sais pas encore qui. On verra.
Mais oui, c’était fini. Et ça valait le coup. C’était une très bonne soirée.


