1049 – After The Storm

Le débriefing du dernier partiel s’est terminé un peu après 18h. Jeudi après-midi nous avons hésité quelques minutes avant de nous disperser loin de l’école. L’ambiance particulière, le ciel qui oscillait entre bleu-gris et rose, tout ça m’a poussé à prendre une photo. Au cas où je ne trouvais pas le courage d’aller à l’ultime cours le lendemain matin.

Quelques heures plus tard je suis parti à La soirée. Une camarade de promo avait fait de son petit appartement le lieu des réjouissances de fin d’études. Deux classes de marketing, une cinquantaine d’élèves, sont venus s’agglutiner jusqu’à plus soif, enfin jusqu’à plus à boire. A minuit tout le monde était à peu près là, à quelques exceptions que l’histoire ne retiendra pas près. L’entrée était libre. L’hôte a laissé venir ceux ou celles qu’elle ne pouvait pas blairer. Les gens qui s’insultaient quelques heures plus tôt encore se sont tolérés. La tempête était passée. De camarades de classes nous étions devenus amis à usage unique. Un soir et c’est fini pour toujours. Alors contre toute attente, tout s’est plus que bien passé. C’était super.

Deux filles s’échangeaient leur rouge à lèvres dans un smack avant de comparer leurs bouches sur les deux joues d’un garçon qui passait par là. Celui qui était si timide et réservé a fini torse nu et nous montrait son tatouage. Au concours de celle qui plie le plus bas sur la piste de danse la gagnante n’était pas celle que je croyais, et mes yeux s’écarquillaient autant de surprise que d’admiration. Dans la cuisine ça ragotait beaucoup, ça putassait un peu. Passées deux heures du matin, certains oubliaient leur couple et se frottaient d’un peu trop près avant de reprendre leurs esprits. On me tirait dans un coin pour s’exclamer à quel point c’était surréaliste que je sois là / je danse / je sois plutôt sympa en fin de compte. Une m’a fait jurer de pas parler d’elle sur internet, sinon j’y perdrais mes dents. Promis.

Aux alentours des trois heures du matin, tout le monde était à peu près bourré. Enfin pas moi, parce qu’à part un verre de coca pas light (hérésie ! gros cul ! pas le choix !), j’avais pas vraiment forcé. J’ai fait un dernier tour de piste au milieu des survivants. J’ai tapé des bises, j’ai serré des mains, j’ai répondu que moi aussi, j’espérais pas perdre contact avec toi. Ou toi. Puis je suis sorti sous la lune attraper un bus de nuit.

En finissant les cinq cent derniers mètres à pied jusqu’à mon placard, j’ai réalisé que non, je n’irai pas en cours le lendemain. C’était pas possible. J’ai pensé avoir bien fait de prendre une photo de l’école avant de partir. Parce que cette fois, c’était fini. Les cours tout du moins. Une bonne partie des gens aussi. Je ne sais pas encore qui. On verra.

Mais oui, c’était fini. Et ça valait le coup. C’était une très bonne soirée.

1041 – Shitstorm

Ca y est. Je fais face à ma dernière semaine de cours. Du reste de ma vie.

Et c’est pas la joie.

On est tous crevés, épuisés par l’année de cours qui s’achève dans une tornade d’oraux, de travaux de groupes et quelques cours qui ont le malheur d’avoir été programmés en plein milieux. Pour les deux tiers des effectifs, ceux qui sont rentrés à l’école cette année, ce rush est nouveau. C’est ma troisième saison des partiels à Neuilly et je crois que ce qui me restait de résistance s’est fissuré. Epuisé, frustré, en colère, j’ai explosé une ou deux fois.

Toute action en déclenchant une autre de force (plus ou moins) proportionnelle inverse, c’est avec l’impression de participer à une escalade de rage que j’attaque mon lundi. Entre excuses et représailles, il va bien falloir avancer. De toute façon on n’a pas le choix et jeudi soir tout sera terminé.

La plupart d’entre nous ne se recroisera jamais. On pourra tous repartir avec un diplôme et des certitudes en poche. Puis on boira plein de coca (ou autre) en conchiant nos camarades, en balançant du ragot et ça sera top. Parce qu’est-ce qu’on en aura à foutre ? On sera sortis de là, on aura tous gagné.

Puis, dans quelques mois.
Dans quelques années.

On repensera à notre dernière année d’école, à avant. Peut-être qu’on relativisera, peut-être qu’on ira stalker sur Facebook, Twitter ou ailleurs ceux qu’on a pas supporté jusqu’au bout. Au calme, avec un œil neuf et le cœur plein de nostalgie. Et peut-être qu’on se dira que, quand même, on a tous été cons.

Un peu au moins.

Moi le premier.

164 – I’m With Stupid

A en juger d’après l’inclinaison solaire, je dirais qu’il est pas loin de dix neuf heure ce mercredi dix septembre. Les portes du CELSA se sont refermées en attendant la rentrée officielle des étudiants en Master 1 demain à 11h30. Enfin, aujourd’hui, pour toi le lecteur qui n’en veut. Si je suis précis sur l’horaire c’est parce que là, de suite, je n’ai toujours pas mes résultats de rattrapages. Je n’ai aucune confirmation officielle de l’obtention de ma licence ou bien de mon passage à l’étape supérieure. On pourrait croire qu’à l’heure de la poste publique (ne riez pas c’est bientôt fini), d’internet et des forfaits Néo2 illimités soirs et weekend quelqu’un aurait pu me prévenir. Bah non. Remarquez ça vaut peut être mieux. Non parce que Sexy R. a reçu un coup de fil, elle. Au l’autre bout, la boss, qui l’a informé de son (in)juste redoublement.

 

Jessaie den rire pour pas en pleurer...

J'essaie d'en rire pour pas en pleurer...

 

Pour cause d’un malheureux trois en économie, Sexy R. ne posera pas ses fesses dans le même espace temps que le miens. En fait elle ne les posera pas à l’école du tout. Dans son immense bonté, l’école lui a proposé de faire un stage de 6 à 8 mois en attendant de repasser ses partiels en février. Oui parce que c’est évident que c’est en n’assistant pas aux cours qu’elle risque de leveller en économie. En même temps, la forcer à venir pour moins de dix pour cent de l’enseignement, c’est un peu con. Effectivement c’est là où je voulais en venir. Ce redoublement est on ne peut plus stupide. Je ne vais pas remettre en cause un système débile, où les notes se compensent, mais où on ne peut pas tout repasser histoire de monter encore plus haut les matières qui pourraient nous repêcher. J’en veux plutôt à la logique mécanique d’une administration à la dérive. Pourquoi ne pas prétendre que Sexy R. a réussi son année et lui faire passer son partiel plus tard et le comptabiliser de manière rétroactive ? Fuck, pourquoi ne pas l’enfermer dans une pièce vide là, aujourd’hui, jusqu’à ce qu’elle le réussisse pour qu’elle puisse être présente demain ?!

Une part de moi espère vraiment fort qu’une solution moins stupide sera trouvée à ce non-problème. Pendant ce temps une autre rattrapeuse, Clémence, aura décroché son combiné afin d’avoir ses résultats (aberrant, n’est-ce pas ?). Permettez moi de lawler de la réponse de l’école : « Ah nan mais c’est bon, vous passez. ¨C’est pour ça qu’on a pas appelé. Pas de nouvelles bonnes nouvelles ! ». What the fuck putain de merde !!! Allooo, l’élite de l’enseignement supérieur français ? Y’a quelqu’un au bout du fil ?! Après un quick check de mes deux téléphones, de mes deux boîtes aux lettres et de mes quarante deux adresses email, force est de constater que je n’ai aucun signe de l’école. Ah si je suis dans la mailing list des Master 1, par laquelle j’ai appris la date de la rentrée et l’on m’a demandé de remplir une fiche de coordonnées (parce qu’obviously ils s’en servent à fond). Dois-je en conclure que j’ai survécu à l’épreuve ? J’aurais mieux fait d’appeler moi aussi pour m’en assurer. Comme j’ai peur du téléphone et que je leur en veux pour Sexy R., j’ai fait la chose la plus logique. Je suis allé voir Get Smart au Ciné Cité Bercy.

Pendant que la plupart d’entre vous liront ces lignes (je ne compte pas les psychos de 2h du matin), je serais dans le grand amphi (=le seul amphi) du CELSA, a découvrir devant environ 120 personnes si j’ai eu raison de me lever. Au pire, si je ne suis pas en mesure de pousser un soupir de soulagement, ça fera une super anecdote pleine de honte et d’humiliation à raconter la semaine prochaine !
Oui parce que demain on causera sexe. Again.

LINK STAGE !!!

Comme je serais (peut-être) en cours jusqu’à tard je vous lâche un lien vers une note de blog dans laquelle mon nouveau buddy Fenrhyr parle de la correction orthographico/syntaxique de mon roman. Par là.