895 – On Holiday

C’est assez moche en fait comme ville Barcelone. Okay okay y’a des trucs jolis genre quelques façades de maison un peu stylées, ou des cailloux bien taillés dans des parcs sans parler de la badass Sagrada JamaisTerminada. Mais globalement, à un niveau plus terre à terre. J’étais assez déçu. Beaucoup d’immeubles avec des tentures vertes assez dégueulasses, des balcons empilés qui font HLM et certaines parties de la ville vraiment ghetto. J’avais plus une impression de pauvreté globale que de charme ancien. Ca plus le côté complètement horizontal de la ville, à moins de s’aventurer en banlieue, le fait qu’on ne voie du coup pas la mer tant qu’on a pas les pieds dans l’eau, le manque d’air marin en centre ville. J’ai pas été séduit, pas même par Montjuic et Guel, assez sommaires niveau parcs. Je ne me vois pas m’installer là, en tout cas pas par envie. Pourtant j’étais bien en vacances.

De mémoire de moi, je n’avais pas pris de vraies vacances depuis un bail. Je ne peux pas vraiment compter New York, c’était pas pareil, c’était une sorte de colloc’ où j’avais pas mal de temps libre. Sans mes propres clefs, à suivre Sharkboy dans les soirées, c’était plutôt la vie étudiante que des vraies vacances. Là je n’ai pas parlé de meufs, pas passé de soirée en groupe, je suis allé m’enfoncer dans la mer, faire des photos des arbres et des toits des maisons. En gros j’ai pris le temps de rien foutre. Mon blog était en service minimum, tout comme Twitter, tout comme le reste en fait. Avec le mémoire imprimé et envoyé, pour la première fois depuis deux ans je n’avais aucune autre obligation en tête autre que de prendre du temps pour moi. L’été dernier je n’étais pas parti. Et cette année, si j’ai pas particulièrement kiffé Barcelone, j’étais loin. Et ça suffisait.

Au final, n’importe où aurait fait l’affaire. N’importe où hors de France en fait. J’ai une fois de plus senti que ma détente venait en partie de l’éloignement du brouhaha. La politique, les médias, l’internet, l’art, les éditeurs, tous ces trucs qui ici me filent des boutons. C’est peut-être le moment où j’accepte de réaliser tout ce qui est fucked up. Tout ce qui n’est pas réglé et qui ne le sera pas avec la bande de connards et d’incapables qui ont les cartes en main. Ne plus être exposé à cet néant qui me hurle au visage, c’est peut-être ça qui m’a le plus détendu. Les pieds dans l’eau, à minuit, je me suis demandé ce qui ça doit être que de vivre ailleurs, dans un pays qui n’est pas le sien, à ne sentir ni impliqué par ce qui se passe en France, ni par ce qui se passe là où j’habite. Bien sûr, ce n’est pas tenable sur le long terme. Mais pour quelques jours à Barcelone, ça faisait l’affaire.

La semaine dernière j’ai réalisé deux trucs. Déjà à quel point j’avais besoin de vacances, mentalement, physiquement. Je ne suis pas si invincible que ce que je pensais. Repousser les vacances après un mémoire, après une publication, ce n’est pas tenable à l’infini. Ensuite j’ai compris que j’ai surtout besoin de vacances du reste du monde, enfin prendre des vacances de moi-même, de ce que je projette quand je suis sur Paris.
En rentrant je comptais mes sous. Pas pour repartir à Barcelone, mais pour repartir ailleurs. N’importe où.

605 – The Last Monday

Et fuck. Comme prévu, j’ai rien eu le temps de faire ces dernieres semaines. Prenez le manuscrit, il a beau être fini il est toujours truffé de fautes d’orthographes. L’épave de ma Xbox jonche toujours le sol en attendant que je trouve un carton pour la filer au mec d’UPS. Quant au mémoire, et malgré les hurlements de la haute autorité parentale, c’est toujours le point mort. D’ailleurs la dernière fois que je suis passé à l’école j’ai failli attendre la fin du cours de ma directrice de master pour lui dire que j’étais encore vivant. La bonne blague. Tain. Le pire dans tout ça c’est que j’ai même pas l’impression de bosser tant que ça. Vous me direz, tout ça est parfaitement normal. Puis là, ce week-end, j’ai réalisé un truc. Aujourd’hui, c’est le dernier lundi que je passe sur Paris d’ici l’année prochaine.

Ouais bon dit comme ça, ça n’a l’air de rien. Mais du coup je suis incapable de me projeter avant janvier. Vendredi matin je rentre sur Lyon et à partir de là, que ce soit boulot, scolairement, artistiquement, socialement, tout est repoussé. Le pire c’est de lutter pour courir après la bande de gens qui vont atrocement me manquer pendant mes espèces de grandes vacances d’hiver. Sans parler des raclures de fourbes qui ne seront même plus là au printemps, entre les stages à l’étranger et whatever. Cinq semaines en vadrouille et je panique déjà. Je suis tellement traumatisé à l’idée de louper quoi que ce soit que c’est à se demander comment je peux faire pour dormir. Toutes ces heures où la planète tourne sans moi. Rien que d’y penser j’ai des débuts de vertige. Un jour je finirai bien par parler de tous ces soucis d’égocentrisme à un psy, mais bon, en attendant, j’ai encore mon blog.

Ah oui d’ailleurs, bonjour l’organisation pour continuer à raconter n’importe quoi pendant que je serai à New-York. Contre toute attente j’envisage plus que sincèrement de m’offrir un petit netbook des familles, que ce soit pour commencer mon nouveau manuscrit dans l’avion, twitter n’importe quoi en taxant les wifis des Starbucks ou surtout mettre à jour la machine bloguesque. J’ai hâte de faire du Photoshop sur un douze pouces. A mon niveau de geek, ça reste vivre dangereusement. Enfin c’était ça ou pleurer ma misère à mon hôte pour checker mes mails. J’ai pas d’argent mais j’ai un minimum de dignité. Puis je pourrai surtout cocher une case sur la longue listes des trucs à faire avant de mourir, entre le plan à trois avec les sœurs Olsen et la figuration dans Bad Boys III, à savoir écrire quelques pages de roman sur un banc à Central Park.

Tout ça pour dire que 2009 sur Paris, c’est fini pour moi. Y’aura des regrets, des embrassades et ptête un œil humide ou deux. Dans tous les cas je devrais repartir avec une deg’ attitude. Ville de merde tiens, quand j’y vais je fais la gueule, quand j’en pars je fais la gueule.

A demain, où on parlera presque de politique.