524 – The Last Day Of Summer

Sur le coup, j’ai trouvé ça un peu bizarre de me sentir blue tout en mangeant un BiGoo Beef Burger. Mais vendredi soir, planté à attendre mon tram, c’était peut-être de réaliser que nous étions le dernier vendredi d’aout. Forcément, sur le trajet retour, il aura fallu que je tombe sur un fragment du passé. Logique. A Hotel de Ville, elle attendait le métro avec son mec. Lui je l’ai reconnu grâce aux photos Facebook qu’elle arborait avec fierté. Elle n’avait pas super changé. Les traits peut-être peu plus marqués qu’à l’époque de la terminale. Sur le coup je lui suis passé devant avec juste un sourire. Trop tard pour engager la conversation. En même temps, il faudrait que j’arrête de passer pour un anti social. Quatre ans et demi après, c’est si long ? Puis j’avais un beau tee Superman noir, un bouquin Gallimard à la main et un jean neuf. J’étais certes seul, mais pas dégueu sur le coup. Alors j’ai débouchoné mes oreilles, fais taire Sugarcult, tourné les talons et lui ai dit bonjour.

Au lycée on se tournait timidement autour. Faut dire qu’elle était pas le genre à se faire trop remarquer. La discrétion était à son avantage. Il fallait prendre le temps de la remarquer pour prendre la pleine mesure de la profondeur de ses yeux bleus, son sourire à faire fondre quiconque. Il m’avait aussi semblé que sous les vêtements simples se cachait un corps à rendre jalouses la plupart des filles de la classe. C’était étrange, cette pointe de sensualité sous la carapace de douceur, d’anodin. Sur le moment, j’avais pensé que ça pouvait être le genre de filles avec qui l’on se case pour de bon. Celle qui ne va pas vous contrarier outre mesure, dont mêmes les colères seraient douces et mesurées. On discutait un peu en cours, on se racompagnait parfois sur le chemin du retour. Je sentais bien que ça la démangeait de se lancer, ses copines m’assaillaient de sous-entendus. Ce qu’elle ignorait, c’est que j’avais déjà quelqu’un.

C’est pas évident de renoncer à l’attention, de dire non aux sollicitations, même si l’on a pas prévu d’y succomber. Comme j’étais entré dans son jeu, je ne pouvais pas la repousser en faisant intervenir ma copine de nulle part. Alors j’ai eu une autre excuse, une tout aussi honnête. Je ne me voyais pas avec elle sur le long terme. Trop gentille, trop douce, trop le genre à éviter d’avoir trop tôt. Sous peine de la tromper à la recherche du frisson ou pire, se retrouver bloqué dans une vie bien rangée intégrée, de vingt ans jusqu’à la tombe. Je n’ai pas exposé la situation en ces termes, mais l’idée était là. Il s’avéra dès le lendemain que je ne l’intéressais qu’en tant que petit ami potentiel. Mon refus mis fin à toute forme de communication entre nous. Sur ce coup là, l’amitié fille-garçon, ça m’aura bien fait rigoler, non sans un pincement au cœur.

Parce qu’au fond, je n’ai jamais pu m’empêcher de penser, régulièrement depuis le temps, que ça aurait été pas mal. Enfin, disons que je pensais à elle après chaque cataclysme amoureux, chaque apocalypse sentimentale. Ca aurait si simple. Je ne m’étais d’ailleurs pas loupé. Quelques mois après, elle s’était trouvé un type convenable, mignon, bien foutu et depuis des années ils vivent heureux et ont beaucoup de déjeuner chez la belle famille (source, Facebook 2007-2009). Nous n’avions pas grand-chose à nous raconter sur les deux pauvres arrêts de métro qui nous auront liés ce soir là. Son mec avait l’air sympa, peut-être même cool. C’était un vrai homme, il avait son permis. Puis, aussi subrepticement qu’elle avait réapparu, elle se leva pour aller s’évanouir en haut d’un escalier mécanique. Je repris la lecture de mon livre, non sans reconnaître, une fois de plus, que ouais, elle était quand même vraiment bien foutue.

Ces quelques minutes de conversation m’avaient confirmé ce que j’avais décelé quatre ans plus tôt, ce qui m’aurait poussé à sortir avec elle, avant de tout foutre en l’air, si j’avais été disponible. Mais je sais qu’à la faveur d’une errance sur Facebook post-engueulade épique avec une future Mlle Reilly, en tombant sur une de ses tofs’, je ne pourrais m’empêcher de me dire que putain, ça aurait pu être si simple.

Demain, z’avez intérêt a vous ramener y’aura un top 3 sexy !

468 – Leveling Up

La semaine dernière j’étais donc coincé sur ce bon vieil ordi familial. Enfin, au départ sur celui de mon frère, que j’aurais réussi à flinguer en moins de 24 heures, prouvant ma théorie comme quoi un ordi, ça ne se prête pas. La bécane familiale a presque six ans, ce qui en fait un truc assez infâme dans l’idée. Mais au-delà du processeur qui crache ses tripes, de l’écran cathodique qui nique les yeux et du disque dur qui hurle a la saturation, on y trouve des tonnes de trésors. Pour une raison que j’ignore, mes fichiers reçus MSN ont disparus depuis longtemps, fuck. Mais les conversations, enfin les archives de conversation, sont toujours bien présentes. J’ai conscience de leur future disparition. Pas hyper grave, je ne suis pas taré au point de relire mes archives au quotidien. Sauf donc cette semaine dernière, où j’ai malencontreusement cliqué sur un fichier consacré aux débats échangés avec un de mes premiers amours.

A l’époque j’étais en pleine détresse affective, heurtée à un mur à lunettes, bien décidé à refuser d’admettre que je puisse nourrir des sentiments à l’encontre de son corps de brique. Mais bordel, qui était le gros blaireau qui répondait à ma place sur MSN ? Que ce soit le vocabulaire, la syntaxe ou juste le fond, tout simplement, y’a carrément rien à sauver. J’avais postulé que la fille était quand même à la ramasse, mais quand je me vois avec mes yeux de vingt ans et des poussières, je dois bien avouer que j’étais presque autant en cause (bon peut être pas à ce point là, faut pas déconner non plus). Mais plus mon regard défilait le long des dizaines de pages, et plus j’avais envie d’emprunter la DeLorean pour aller botter le cul de mon moi du passé. Avec un minimum de connerie en moins, il aurait trop pu réussir à inverser le cours des choses. Quel abruti de première ce Reilly du passé !

Bordel, ce qu’on peut changer en cinq ans et demi. Encore cette semaine je me suis dit que j’étais trop con, a être passé à côté de signaux pourtant évidents à postériori, ou bien à ne pas savoir trouver les mots au bon moment. Je me suis demandé si j’avais vraiment progressé en termes d’interactions avec le sexe opposé. Avec le recul que m’offre mon historique MSN, je crois pouvoir dire que j’ai tout de même bien levelé. Tel un organisme unicellulaire j’ai évolué, m’extirpant de la boue originelle jusqu’aux lèvres de parfois très jolies filles. A l’instar du Reilly du passé je continue à être particulièrement stupide, foirer des occasions, passer à côté d’autres et bien d’autres conneries encore. Pourtant, que de chemin parcouru. Quelque part, c’est pas mal de savoir que ma marge de progression reste énorme.

La seule question qui reste, est de savoir si je devrais arrêter d’enregistrer mes conversations MSN à partir de maintenant (piège, je discute presque autant sur Gtalk et FB…).
Demain, un gros top 3 un peu émotif mais coloré.

283 – Those Left Behind

L’autre jour j’étais chez une copine bien connue comme “allumeuse mais que de la gueule”. Comme prévu, les deux heures où l’on s’est vu n’avaient rien en commun avec « pile le temps qu’il nous faut pour faire des bébés ». Du coup, j’étais allongé sur son lit à zieuter un peu autour de moi. Non parce que j’adore les chambres de filles. Pas les chambres de nanas dans leurs apparts actuels, mais les chambres dans lesquelles elles ont réellement grandi. Je kiffe les photos anciennes sur les murs, les tags compromettants aux feutres, les traces de pate à fix. Bref tous ces petits trucs véritablement golden pour la vieille midinette que je suis. Ce jour là, parmi toutes les photos placardées dans tous les sens, un visage a retenu mon attention. Il s’agissait d’une blonde, le visage plutôt fin, vraiment jolie. Et j’étais là, sans pouvoir m’empêcher de me dire que, décidément, elle me disait clairement quelque chose.

Guess what ? C’était le cas. Après m’être enquit de son identité, ma camarade me fit remarquer que j’avais été dans la même classe de latin qu’elle, en seconde. Même qu’on était parti faire un voyage de plusieurs jours dans le sud visiter des ruines et tout. Holy shit ! Faut dire qu’à l’époque j’étais quand même bien accro d’Evelyne, incapable de détacher mes yeux à peine pubères de son décolleté indécent. Et me voilà des années plus tard devant la photo d’une fille vraiment craquante, avec qui j’ai jamais parlé, qui n’aura été que figurante pendant une courte partie du petit théâtre de mon existence. Okay, vous me direz que je peux pas non plus sympathiser avec toutes les jolies filles que je croise. Mais c’est pas ça dont il est question. Non, cet article parle d’aveuglement.

Depuis mon retour sur le marché de la viande fraîche et de la greffe de cœur, j’ai l’impression d’avoir décuvé (enfin, façon de parler vu que je sais pas ce que ça fait). Au fur et à mesure que je revois des visages du passé, que ce soit dans une chambre de fille ou sur Facebook, je réalise toutes les filles super cutes qui n’auront pas pénétré ma conscience, parce que j’étais casé, et heureux. Bien sûr, je remarquais toujours les filles super canons, celles qu’on rêverait de violer sur une table de classe à l’occasion. Mais les véritables jolies nanas, celles dont tu sais que tu pourrais tomber amoureux pour peu que le mental suive leur visage, je ne les voyais plus. Elles sont maintenant casées jusqu’à la moelle, ou juste tout simplement trop loin à tous les niveaux. Malgré tout, ça reste positif, vu que ça me démontrer que des filles comme ça, j’en ai finalement croisés pas mal. Y’a pas de raisons que j’en recroise pas à l’occasion. Il suffit peut être d’ouvrir les yeux.

Oh my god l’article mad in kikoo lol ! J’aurais mieux fait d’écrire un truc genre les filles c’est toutes des abruties sans cervelle et les mecs des raclures monomaniaques. Je reviens demain avec un Top 3, là faut que j’aille cogner un mur avec mes poings pour prouver ma virilité.