1146 – Book Review 183

Petit plaisir bonus de l’eReader : commander un livre en avance et se réveiller le jour de sa sortie avec le bouquin téléchargé automatiquement sur l’appareil. Ou comment prendre le métro avec le sourire. Il faut dire que je l’attendais, le troisième roman de Chad Kultgen. Le type avait écrit les deux livres les plus misogynes que j’avais pu lire de toute ma vie. The Average American Male et The Lie, au-delà d’être odieux envers les femmes, étaient très très bons. Et drôles. D’où mon attente fébrile du troisième livre, Men, Women And Children, sorti mardi dernier. Même si légère déception vis-à-vis du titre. A l’origine le roman devait s’appeler Children of Adults, ce qui est un plus complexe mais surtout plus évocateur. Tant pis. Ca ne m’a pas empêché de le lire en trois jours chrono.

Tim a quitté l’équipe de foot du collègue suite au divorce de ses parents et passe son temps à jouer à World Of Warcraft. Jusqu’à ce qu’il découvre que son ancien crush de l’année dernière, Brandy, anime un mypsace gothique et SM. Pendant ce temps Danny reste le seul espoir de l’équipe de gagner le championnat inter-école, mais le fait que sa petite copine le presse pour aller sexuellement plus loin l’angoisse. Car pour […], il en va de son honneur d’être aussi expérimentée que Hannah, la salope de l’école. Sauf que Hannah ment sur ses prouesses au lit, étant donné que Chris, son copain, n’est capable d’avoir une érection que dans des scénarios de domination féminine extrême. Autant de relations chaotiques qu’ignorent chacun de leurs parents. Car entre la tentation de l’infidélité, le rebond post rupture et autres, les adultes ont leur lot de problème sentimentaux-sexuels.

Tellement de personnages, si peu de pages. Voilà ce qui se passe quand on s’essaie au roman choral sans avoir de thème clair. Le seul qui se dégage est le pathétisme. L’intégralité de la grosse douzaine de personnages qui composent Men, Women And Children sont pathétiques. Kultgen s’est arrangé pour que tous les personnages soient bouffés par leurs névroses au point de ne plus avoir l’air vivants. Quand tu as dix ados et qu’aucun d’eux ne ressent la moindre pulsion sexuelle basique, c’est de la mauvaise foi. Toute cette bande veut baiser, mais aucun d’entre eux ne le veut pour simplement baiser. Surtout les filles. L’anorexique ex-grosse veut qu’on la trouve belle. La pétasse de service veut pouvoir s’en vanter. La pompom girl veut être la première. Autant le machisme primaire était drôle dans les précédents livres de l’auteur, autant là le sous-texte est un peu glauque.

Passons sur le fait que les personnages sont censés avoir 13 ans et que je connais peu de mômes de treize piges qui fonctionnent de la sorte. Au niveau des adultes ça ne casse pas trois pattes à un canard mutant non plus. Toutes les trames sont vues, revues et redondantes. Sachant que l’auteur se paie le luxe de ne pas boucler toutes ses pistes narratives. Il doit être persuadé d’avoir dressé un panorama de la misère sentimentale et sexuelle de l’Amérique, avec des vrais morceaux de sexting, world of warcraft, gode ceinture et site de rencontre extraconjugales pour faire MODERNE.

Le problème quand on veut tout dire c’est qu’on se retrouve à ne rien dire du tout. L’humour a disparu au profit d’une psychologie bon marché et toutes les phases perverses et extrêmes qui étaient si drôles deviennent à présent gênantes. A quelques bonnes répliques près, le livre est vide.

Je m’étais demandé comment Kultgen allait rebondir après deux excellents bouquins immatures. Men, Women And Children a les yeux plus gros que le ventre et se plante de bout en bout. Sadface.

SAD FUCKING FACE.

(pitié faites que le prochain soit trop bien, de nouveau)

563 – And The Award For Being A Retard Goes To

J’aime bien les Césars, la cérémonie de remise de prix à la con française. Okay, au début je pouvais pas blairer le truc, les blagues de merde, les films inconnus au bataillon, les trois heures d’ennui mortel. Puis les années passent, je m’intéresse de plus en plus au ciné, à ce que se passe, je vais voir plus de films, ma passion pour le marketing et la politique interne me poussent à rester planté chaque année devant le poste. J’en arriverai presque à tolérer la pauvreté des interviews de notre Laurent Weil national (dude, tes cheveux me manquent). Sauf que la semaine dernière, l’académie des Césars a annoncé la création d’une nouvelle catégorie. En 2010 sera remis le premier césar du Box Office. Même qu’on sait déjà qui le remettra, vu que Danny Boon est dors et déjà désigné pour le job. Pitié, que quelqu’un m’achève.

Bon, déjà je sais que je ne suis pas le mieux placé pour hurler face aux anglicismes. Mais dans académie des césars il y a académie (oui, scoop, je sais). Et coller les mots « Box Office » dans un intitulé de récompense de cinéma français, ça me chiffonne mon petit côté chauvin. Ensuite ça veut dire quoi ? Sachant qu’il y aura sept films nominés, ça nous donne à l’heure de tout de suite la liste suivante : LOL, Coco, Oss 117 Rio ne répond plus, Neuilly sa mère, Safari, De l’autre côté du lit, La première étoile. Là vous me dites directement que ça fait rêver. Soit OSS 117 gagne et la récompense est seulement inutile (bah oui, récompenser un film qui a déjà cartonné, je ne vois pas vraiment l’intérêt). Soit n’importe lequel des autres gagne et dans ce cas la récompense est démago (vu qu’aucun des autres ne mérite d’être salué dans son ensemble). C’est donc un choix entre le ridicule et l’encore plus ridicule.

Tout ça c’est la faute de Danny Boon de toute façon. Trop deg’ de ne pas avoir été récompensé pour son succès galactique, il boude. Sa proposition de créer un César de la comédie était quand même nettement moins conne que celle finalement retenue (bah oui, quel est le rapport entre le box office et la qualité d’un divertissement ?). Etrangement je suis le premier à défendre Bienvenue chez mes Chtis. Non, sérieux, je suis certain que le film est sincère et y’a des bons moments pas dégueux. Mais de là a se hisser au dessus du peloton, non. C’est le boulot des Césars d’être élitistes, de ne pas contribuer à faire basculer la civilisation occidentale dans l’idiocratie. Si un film comme Coco repart avec un César, il sera légitimé. Et il est dangereux que des médiocres responsables d’une bouse pareilles puissent être confortés dans l’idée que leur travail est bon. Le mépris de la critique est le dernier rempart entre la France d’en dessous et une certaine idée de la culture, du talent et du mérite.

Etrangement aux Etats-Unis personne ne se plaint du manque d’un Oscar de la comédie ou du Blockbuster. Les producteurs qui enchaînent les divertissements ne prétendent pas à plus que ça, divertir. Les prouesses techniques (effets spéciaux, sons, maquillages) des films a gros budget sont récompensées tandis que ce sont les œuvres qui tendent à mieux qui repartent avec le gros des trophées. Certes, la sélection est moins élitiste et drastique que pour les Césars (peut-être grâce aux festivals de films indés comme Sundance qui mettent en valeur les films les plus étranges), mais au moins l’académie des Oscars ne s’abaisse pas à sucer le peuple pour lui faire plaisir. Une attaque de plus des partisans d’un populisme crasseux envers l’exception culturelle française. Quand les élites du pays qui a vu naître le cinéma baissent leur froc pour récompenser le manque d’audace, le mauvais goût des masses en manque d’éducation, quand ce pays prend des leçons d’intégrités des américains, ça me file simplement un début de gerbe. Pathétique.

Les acteurs de la production de divertissements formatés pour un passage télé sont contents. L’académie est contente de ne plus être en froid avec les gros financiers du cinéma et espère même gratter de nouveaux téléspectateurs chez la ménagère de moins de cinquante ans. Tout le monde finit par gagner, à part le public qu’on prend pour un con et les vrais artistes qui se battent pour être légitimés à qui on dit que Neuilly sa mère a autant le droit qu’eux à une compression plaquée or. Je frémis d’avance a ce qu’ils vont nous inventer la prochaine fois. D’ici là, faites comme moi, allez voir des bons films. Vous verrez que c’est pas si mal.

Source info : Allociné (entre autre)

Demain, double critique bouquin.

148 – Eat Shit And Die

Vous devez l’avoir compris, j’aime le cinéma. Aussi laissez moi vous raconter l’histoire d’un film que j’avais vu à l’époque où mon sens critique était encore jeune et innocent. C’est l’histoire d’un type joué par Jim Carrey. Il a réussi dans la vie en étant un gros con qui méprise ses semblables. Seulement un jour son fils souhaite que plus jamais son dad ne puisse mentir. Forcément Carrey se retrouve dans la merde assez rapidement. Mais en étant honnête il découvre que la vie à beaucoup à lui offrir maintenant qu’il sait où regarder, et trouve enfin le bonheur qui lui avait toujours manqué.
J’imagine que la plupart d’entre vous ont reconnu le scénario de Menteur Menteur, sorti il y a maintenant onze ans (shit j’avais que onze ans quand je suis allé le voir aux Huit Nefs de Lyon !!!). Pourquoi je vous parle de ça me demandez vous ? Vous z’aller voir !

En décembre sort la nouvelle comédie de Jim Carrey. Ca s’appelle Yes Man et je vais vous le pitcher. C’est l’histoire d’un type qui a réussi dans la vie en étant un gros con qui méprise ses semblables. Seulement un jour on le met au défi de dire oui à tout. Forcément Carrey se retrouve dans la merde assez rapidement. Mais en s’ouvrant aux autres il découvre que la vie à beaucoup à lui offrir maintenant qu’il sait où regarder, et trouve enfin le bonheur qui lui avait toujours manqué.
Je sais pas vous, mais moi j’ai légèrement l’impression qu’on se fout un tout petit peu légèrement de notre gueule… Encore c’était sans avoir vu la bande annonce durant laquelle Jim Carrez découvre le Red Bull et trouve ça tellement énorme qu’il faut qu’il aille en parler avec un autre perso. Rien que dans la bande annonce, on entend au moins dix fois le nom de la marque. Sans déconner putain !

Au niveau de la prod’ on se défend d’être en train de remaker un film avec le même acteur principal, ce à quoi j’aurais envie de dire lawl si ça ne me faisait pas autant de peine pour Carrey. La caution c’est que l’histoire est adaptée d’un bouquin autobiographique. C’est clair que y’avait grave besoin de payer des milliers de dollars de droits pour un pitch aussi puissant. Je préfère rien dire sur le placement de produit éhonté. Au moins dans Seul Au Monde ça avait un tout petit, petit rapport avec l’histoire. Cast Away, alias la pub la plus longue et au plus gros budget de tous les temps. En fait, ce qui me casse le plus les couilles, c’est que Yes Man va couter un tas de milions de dollars qui auraient pu servir à faire des trucs inédits et osés. Pour moi ce genres de prods c’est encore pire que les suites ou adaptations à répétitions. Le côté positif, c’est que ça rassure quand au fait que le talent à rien à voir avec la signature de contrats.

Voilà, j’avais juste envie de faire ressortir l’artiste sous la carapace du marketeux. Maintenant je respire à nouveau. Le pire c’est qu’avec ma carte illimitée j’irais surement voir ce truc. Je suis maudit.
Reuzment demain je remonte le niveau je chronique le meilleur bouquin (à priori) de l’année dernière (et non c’est pas un truc français avec des Harkis ou des survivants de 39-45).

BONUS STAGE !!!

Prêts à saigner des yeux ? Here is da trailer !