548 – Size Matters

En ce moment je relis pour la seconde fois mon nouveau manuscrit. Forcément le texte commence un peu à me sortir par les yeux. Mais entre sa première rédaction en mai dernier et maintenant, j’ai pris suffisamment de recul et de critiques pour rebosser. A l’heure où j’écris ces lignes j’arrive au bon tiers du roman. A l’heure où vous lirez ces lignes j’aurais allègrement dépassé la moitié. Le boulot avance bien. Voilà ce qui se passe quand on retrouve le courage de se planter chaque soir à trois heures du matin devant Word, sans exception. Le problème, c’est que pour chaque relecture, je développe un sale tic bien pourri. Systématiquement avant de fermer le document je compte le nombre de signes que comporte la version corrigée avant l’originale. Tout ça dans l’espoir de m’apercevoir que le pourcentage de matière supplémentaire est plus que correct. On appelle ça une névrose.

Tout ça c’est la faute des bouquins anglo-saxons, où même les plus modestes sont imprimés sans interligne dans une police on ne peut plus modeste en terme de taille. Question de culture, chez nous, les romans dit littéraires sont soit relativement courts (entre 200 et 300 pages, la majorité d’entre eux), soit carrément gros. C’est assez triste de voir une Levy ou Bégaudeau lutter à mort pour atteindre les 200 pages à coup de sauts de lignes ou de chapitres multiples afin de grappiller de la place. Pourtant qui suis-je pour me moquer ? Avec la police Calibri taille 11 sans interligne, la première version de mon manuscrit comporte 82 pages. Une fois imprimé taille 12, interligne 1,5, le voilà qui passe à 144. C’est en commençant à prendre en compte ce genre de considérations qu’on se retrouve à compter le nombre de mots par ligne, de lignes par pages des bouquins qui composent sa bibliothèque.

Comme ça allait m’aider. Entre un Beigbeder imprimé gros et un Zeller tout petit. Quel est le fuck ? La vérité c’est que, dans l’infime probabilité que je signe un bout de contrat, j’ai peur d’être bien loin de la barre symbolique des 200 pages. Comme une sale crevure de puceau à peur d’exhiber son pénis dans les vestiaires du club de basket, j’ai la trouille de paraître ridicule. Sauf qu’il m’est impossible de savoir à l’avance la tronche que ça aura. J’en suis au tiers et pour l’instant j’ai ajouté à peine plus de vingt pour cent de matières grasses à ce que j’ai déjà relu. Ca me semble beaucoup et peu à la fois. Je savais que j’aurais dû inclure une sub-plot sentimentale ou un chapitre entier dévolu à un rêve super complexe, analyse freudienne inside ! Fuck. Tout ce que je peux faire c’est continuer à avancer. On verra à la fin pour la crédibilité.

Et puis je n’oublie pas que qui dit signature dit ultime relecture, et donc nouvelle chance de rajouter de la viande autour de la carcasse de ce manuscrit. Les choses se précisent. D’ici une dizaine de jours mon boulot serra bouclé. Relecture orthographique par une coupine, impression et espoir d’une bonne impression.

Same player shoots again.

Demain, gros compte rendu d’une petite soirée sympa.

399 – Cine Club 51

Hier on parlait des bons films de l’été, ceux qui sont moins attendus. L’été dernier, y’avait un film que je mourrais d’envie de voir : Forgetting Sarah Marshall (ou « Sans Sarah, Rien Ne Va ! » en VF, car rien ne vaut le challenge de marketer un film avec un bon titre de merde !). Là je vais vous faire bondir, en fait j’avais plus envie de voir le film à cause de Jason Segel que de Kristen Bell. Parce que Jason, il est cool dans How I Met Your Mother et que Kristen Bell bah elle casse un peu les couilles. Avoir refusé un rôle dans Lost pour aller faire la mariole dans Heroes, y’a des agents qu’on devrait pendre par les tripes. Pour ce que j’en dis. Mais la donzelle reste un délice pour la rétine, d’autant plus que l’action de Forgetting Sarah Marshall se situe à Hawaï. Yummy !

Peter est un musicien raté, cantonné à la bande-son d’un show TV minable dans lequel joue sa petite amie, Sarah Marshall. Véritable célébrité, elle tolère de plus en plus mal la médiocrité de Peter, au point de le quitter pour une rock star excentrique et obscène. Déterminé a se changer les idées, Peter s’envole pour Hawaï, pour finalement tomber sur Sarah et son nouveau mec. Personne ne voulant céder, le trio restera dans le même hôtel.
Ouais, c’est une comédie romantique, mais plus comédie que romance. Après tout, au bout de cinq minutes de film on voit quand même la bite de Jason Segel. Un véritable argument de vente en soi ! Ou pas (confère Watchmen). Façon de voir.

Le vrai plus mégateuf de Forgetting Sarah Marshall c’est ses seconds rôles (en plus du décors, qui est juste magnifique). On retrouve Jonas Hill en serveur timide compulsif, Paul Rudd en surfeur complètement camé et Bill Hader en meilleur ami un tantinet autoritaire. Ils compensent Russel Brand, le rocker complètement insupportable que j’avais envie de kicker tout le long de la séance. Pas de bol le mec fait carrière et d’autres films avec sa gueule de crétin fini sont en cours de tournage.  Ca fait partie des trucs qui me dépassent. A part ça Segel fait ce qu’il sait faire de mieux : des pures blagounettes (il est aussi coscénariste). Kristin Bell tournicote un peu autour de ce joyeux bordel mais peine a se mettre réellement en avant si l’on excepte son ventre plat de fou. Il faut dire que Mila Kunis est dans la place, et que, bah voilà, Mila Kunis quoi.

Vu et revu depuis sa sortie, Forgetting Sarah Marshall est nickel pour se refiler un peu la pêche, seul ou accompagné. Une de ces comédies honnêtes et sans grande prétention US qui nous donne honte de produire des bouses à répétition dans notre beau pays. Alors que putain, c’est pas dur et ça coûte rien quoi !

Demain note 400 un petit point sur mon mémoire et tout ce qui tourne autour.

TRAILER STAGE !!!