589 – Well Played 01

Autant j’ai fan de Final Fantasy 7, autant j’ai de plus en plus de mal avec les RPG japonais au fur et à mesure des années. Le design et le scénario s’adaptant au public féminin, je peine a prendre mon pied quand des blondinets torse nus se morfondent tout en se demandant avec qui sortir. Y’a une époque où on avait des putains de grosses épées et où on allait défoncer le méchant, qui était le seul androgyne de l’histoire, pour sauver la planète. Alors je joue à Mass Erect Effect, où on a des maouss flingues, on peut baiser qui on veut et où on doit sauver l’univers bordel de merde ! L’année dernière je me demandais si Square-Enix, les papes du RPG Japonais pouvaient encore me surprendre, me balancer un grand titre sur le coin de ma face, un jeu qui me marquerait à nouveau. C’est à ce moment qu’est sorti sur DS The World Ends With You.

Le jeu se déroule dans le quartier commercial de Shibuya, à Tokyo, reproduit dans un style très street tout en conservant des immeubles et lieux reconnaissables. Neku et Shiki sont des adolescents enfermés entre deux mondes, incapables de communiquer avec les passants et sans cesse poursuivis par d’étranges créatures hostiles. Il s’avère que tous deux sont morts, et qu’ils participent à un jeu qui pourrait leur permettre de rejoindre le monde des vivants, ou d’être définitivement effacé. Voilà, pour le pitch, qui va rapidement s’épaissir jusqu’à frôler l’incompréhensible. Mais TWEWY est le genre de jeu qui pousse à aller lire des interviews, éplucher wikipédia, de par ses twists et surtout ses thèmatiques très sombres sur la mort, l’amitié, la jalousie, le sacrifice. Certaines idées soulevées vers la fin sont très dark et m’auront hanté plusieurs jours. Bon, mais à part ça, en tant que jeu, faut aussi que ce soit bien.

En fait TWEWY est surtout méga bordélique, dans le bon sens. Lors des combats on contrôle Neku au stylet sur l’écran du bas et Shiki avec les boutons sur l’écran du haut, en simultané ! Deux gameplays différents à gérer en même temps. Un bordel monstre qui aura beaucoup rebuté. Heureusement on peut laisser l’ordi en mode auto au prix d’un malus d’XP. Le truc cool, c’est l’intégration de l’univers street dans le gameplay. Les pouvoirs s’obtiennent en récupérant des badges, il est possible d’obtenir des bonus de vie en digérant de la fast bouffe et suivant le coin de Shibuya, certaines marques de fringues procurent des bonus et des malus en fonction de la mode du quartier (sachant que plus tu combats dans la même zone, plus tu peux changer la mode du coin). Les possibilités de customisation sont infinies, au point que je finisse par lâcher l’affaire, laissant un tel étalage de profondeur et de subtilité à d’autres, plus patients que moi. J’étais bien trop occupé à kiffer la réalisation.

A l’heure où l’on se doit de faire de la 3D sur la DS pour paraître chic, TWEWY est entièrement en 2D, dessinée à l’ancienne, que ce soit dans les séquences vidéos, les décors ou les adorables sprites des persos. On note bien quelques androgynes par ci par là mais ils sont accompagnés de dudes tatoués et de biatches en mini jupe vinyle. L’univers ne m’avait pas autant parlé que depuis Jet Set Radio Future, dont je reparlerai sûrement à l’occase. Enfin la bande originale est juste une tuerie sans nom, mélangeant japonais et anglais sur des rythmes rock, techno et dance. C’est bien simple, l’album tourne encore dans mon téléphone plus d’un an après. Un excellent boulot.

Malgré des ventes honnêtes et d’excellents critiques, TWEWY se sera avéré trop complexe, différent et mature sous l’emballage street éloigné des standards pour justifier une suite. Quelque part, c’est tant mieux. Petite perle qui m’aura réconcilié à la fois avec Square et ma DS, malheureusement indisponible en VF, The World Ends With You restera sur ma shortlist des jeux réellement marquants de cette génération.

Demain, retour au ciné.

TRAILER STAGE !!!

405 – Spotless Mind

La première fois que c’est arrivé, j’ai pas compris. Des mois de relations, fuck, mes premiers vrais mois de relation avec quelqu’un du sexe opposé, piétinés par un cœur lui même piétiné. Comment tu veux que je me souvienne des bons moments maintenant que tout ça c’est mort ?! Voilà ce qu’elle me balançait au visage alors que j’essayais de lui faire avouer que, bordel, tout ça avait quand même valu le coup, qu’il y avait eu un tas d’épisodes à la limite du magique, du genre post sexe au milieu de la nuit, à se triturer les doigts en regardant le plafond, tout en sachant que l’autre avait un grand sourire tatoué sur le visage. Pour elle c’était plus simple d’avancer par la négation du passé. Ce jour est le premier jour du reste de ta vie. Mon cul. Comme si le psyché, l’âme ou tout ce que tu veux n’était pas la somme de ses expériences passées.

Je suis rapide, émotionnellement. Pas physiquement, je sais apprécier la suspension d’un moment, je prends plaisir à booster mes attentes. Intellectuellement, dans mes relations, je suis rapide. J’aime vite. Le monde, la vision qu’on en a, filtrée par nos cinq sens et des poussières, c’est qu’une série de données. Quand on quitte, on a déjà intégré la prochaine configuration de l’univers, le paradigme de la vie sans elle. Mais quand on se fait larguer, éjecter de son confort et trainer dans la boue, c’est moins évident. Forcément on souffre, on se morfond et on apprend à accepter ou pas le nouveau monde dans lequel on vient de se faire exiler. Ce qui me choquait chez des copines au lycée, à savoir leur capacité à retomber très vite sur leurs pattes, j’ai fini par l’attraper.

Ce qui se passe c’est que la philo stoïcienne de base nous apprend de pas garder prise sur les choses que l’on ne peut pas contrôler (merci les cours de grec). C’est des conneries de croire qu’on peut se convaincre qu’une relation était une erreur totale, qu’il n’y a pas eu du bonheur, et malgré tout arriver à avancer. C’est pour ça que je m’accroche à mes exs de manière excessive. Un acte de rupture, de trahison, ne peut pas définir entièrement une personne. Les gens sont des composites. Un échec, une erreur peut se greffer à quelqu’un sans nier ses autres qualités. Ce n’est qu’une donnée, une information de plus au dossier, un paramètre de la réalité. On peut se voiler la face, arriver à se convaincre que jeter des semaines/mois/années de sa vie aux chiottes des souvenirs soit la bonne solution. Ou alors on peut essayer d’intégrer tout ça, vivre avec ses cicatrices pour continuer de profiter des bons moments passés et des futurs à venir.

Tout ce discours est bien beau, mais il arrive parfois que la souffrance soit telle que l’on ressente le besoin de tout bloquer, de toute évacuer. Ca ne m’arrive pas souvent. En fait je peux compter le nombre de fois sur une seule main. Mais quatre cent notes et des poussières, on est pas assez intime pour en causer.
Demain, top 3 ET critique littéraire en même temps.