611 – Cine Club 78

Par deux fois j’ai perdu une (petite) amie devant un film. Comme de par hasards, deux très bons films. On verra le premier à l’occasion, aujourd’hui on parle du second. Enfin, second, c’est le premier long-métrage de Rémi Bezançon, qui a ensuite réalisé l’extraordinaire Premier Jour Du Reste De Ta Vie, son second film. Ca va, vous suivez ? Ma vie en l’air donc, petite vanne pour un grand film de 2005. La comédie romantique semble faire parti de ces genres maudits en France, de ceux qu’on est pas capable de faire aussi bien que les ricains. Beaucoup s’y sont cassés les dents. Mais pas Bezançon, parce qu’il sait tenir une caméra, parce qu’il a un grand sens du script et peut compter sur des acteurs qui en se donnent plus que d’habitude. Avant « l’incident » j’avais vu et revu Ma vie en l’air, film parfait pour s’offrir la surprise d’un bon moment.

La mère de Yann est morte en le mettant au monde dans un avion. La compagnie aura offert à l’enfant un ticket gratuit, à vie. Mais Yann n’en aura jamais profité, traumatisé depuis la naissance et phobique de l’avion. Alors que la femme de sa vie doit partir plusieurs mois à l’étranger, le maintenant vingtenaire est incapable d’aller la rejoindre, mettant un terme à leur relation. Quelques années plus tard, Yann vit avec Ludo, son aussi pénible qu’attachant meilleur ami. Les deux hommes s’étaient juré de ne plus flirter avec les voisines. C’était avant l’emménagement d’Alice, qui ne semble pas non plus indifférente aux charmes de Yann. Le happy end serait trop simple, le passé ressurgit et Yann va devoir choisir et surtout se poser la question. Peut-il laisser sa phobie faire ses choix à sa place et le faire passer à côté de sa vie.

Bon, en fait, ce qui tue dans Ma vie en l’air, c’est la structure. L’histoire ne cesse de faire des bonds dans le temps, insère des flashbacks plus ou moins utiles et se permet quelques petits délires de réalisation. Le film devient ultra efficace et cloue au fauteuil tout en laissant l’ennui au loin. Dans un second temps les dialogues font leur petit effet. J’ose affirmer qu’on y trouve quelques pépites (l’économiseur de mots, les amis d’enfance) qui restent en tête. Niveau casting c’est une des rares fois où j’ai trouvé Marion Cotillard et Gilles Lelouche supportables, ce qui à mon niveau est un bel exploit. Elbaz trouve ici un de ses meilleurs rôles alors que tous les seconds couteaux ont l’opportunité de briller (rhaaa, les autres filles !). Reste à saluer la musique, composée par Sinclair comme sur le Premier jour du reste de ta vie. Super boulot, thèmes qui reviennent et score original. Tous les ingrédients pour un film qui vous reste en tête.

Ma vie est l’air est le Divx DVD que je ressortais à la moindre occasion, pour montrer aux potes comme pour passer une bonne soirée dans les bras d’une fille qui sent bon. Depuis « l’incident » j’ai regardé des bouts, mais jamais plus en entier. Ca reviendra. D’ici là, faites moi plaisir en vous faisant plaisir. C’est de la bombe et il fait froid dehors. Aucune excuse.
Oh. Et, heu… Si votre ex appelle pendant le film, décrochez pas. Okay ?

Demain, vous saurez ce qui m’a poussé à me relever à cinq heure du mat’.

TRAILER STAGE !!!

594 – Around The World

Y’a un tas de trucs bien pathétiques dans ma vie. Par exemple ma propension à acheter n’importe quoi sur internet. Ou bien l’historique de mes aventures à l’étranger. Ah, le grand frisson de faire du Zodiac sur le lac Léman, s’approcher à quelques mètres des côtes suisses. Ou ce fameux été, lorsque mon père à dit « Fuck it ! » à la frontière italienne et qu’on s’est retrouvée plusieurs dizaines de kilomètres en pays inconnu. C’était le bon vieux temps, le frisson de l’extrême, l’éxotisme. La putain de sa mère comment que je suis une baltringue des voyages. Tout ça c’est la faute de l’école, où j’étais jamais dans les bonnes classes pendant que mon mofo’ de frangin s’est déjà payé l’Irlande et la Russie. Perso j’ai fait deux fois la visite du pont du guard (classe de latin et classe de grec). Alors, forcément, quand la semaine dernière j’ai eu entre mes mains moites mon premier passeport, j’ai presque versé une larme.

594---Bourne-Passport-Lettré

Nan, je déconne, en vrai j’ai pensé au générique de MacGyver. Les vrais savent pourquoi. Les deux premières semaines de décembre j’irai squatter à New-York, comme la moitié de mes potes qui du coup me font me sentir d’une banalité affligeante. Sauf que non, parce que j’y vais pas en touriste, j’y vais pas en amoureux, j’y vais en bad motherfucker chez un pote ! Je tiens d’ailleurs à dédier ce voyage au Celsa. Merci de m’avoir permis trouver un stage puis de m’occasionner une semi dépression afin que je ne dépense pas mes sous. Merci pour le redoublement qui me permet d’aller squatter hors vacances à des tarifs abordables. Et enfin merci d’avoir envoyé le Requin Dandy à New-York pour son année de césure, puisque c’est sur son glorieux canapé que je vais pioncer. Au moins on ne pourra plus dire que je n’aime pas mon école ! N’empêche, j’ai l’air hyper content là mais en vrai je meurs de trouille.

594---Plane-Lettré

Fun fact, je n’ai jamais pris l’avion de ma vie (logique, confère premier paragraphe). Heureusement pour ma tranquillité d’esprit j’ai Pollux, spécialiste mondial en trucs qui s’envolent et qui aura été jusqu’à me conseiller sur quel modèle de Boeing choisir pour kiffer le plus mieux. En vrai la trouille vient du fait que tout dans cette entreprise va à l’encontre de mes principes. Je ne prends pas mes billets en avance, je ne voyage jamais seul, je ne vais pas dans des endroits d’où je ne peux pas repartir quand je veux, je ne pars pas quand j’ai un manuscrit à vendre ou que j’ai peur de passer à côté d’une opportunité ici même. Toutes ces névroses et bien d’autres sont ancrées dans mon ADN au point que certains de mes potes et exs étaient persuadés que je n’irai pas, que je craquerai avant le départ (note pour plus tard, parler de Ma vie en l’air).

594---Ma-vie-en-l'air-Lettré

J’ai fermé les yeux et serré les dents, refusé de me renseigner sur les ambassades, les restrictions, les taxes, tous ces trucs. Comme un putain de saut dans le vide j’ai réservé et payé mes billets mardi. Le compte est débité, impossible de faire marche arrière. Et le plus ridicule, c’est que j’en suis d’autant mort de trouille, avec tout de même cette petite voix, au fond, qui me souffle que je vais kiffer comme jamais.

Demain on parlera de l’incident du MacDo. Une fois de plus, les vrais savent (et les autres ne suivent pas mon Twitter/FB).

380 – Smile Time

En bon gros winneur, je n’ai pas peur des piqures. Jamais. Je fixe la seringue de toutes mes forces lors qu’elle se plante dans la veine, et même pas mal. La seule fois où j’ai bien cru que j’allais crever sur place, c’était dans on a tenté de me faire des piqures à l’intérieur de moi. Bon, c’était dans la bouche, ça compte ! Avant de passer à la case orthodontie, on devait me faire sauter deux dents. D’où injection d’anesthésique local. Ouvre grand la bouche petit Reilly, qu’on vienne te vriller la mâchoire ! Putain de panique, kick dans le matos de la dentiste, hurlements à travers tout l’immeuble, torrent de larme. Ma mère consternée, à deux doigts de m’étrangler pour me faire taire. La dentiste qui finit par crier que si on fait pas ça là, ce sera hôpital et anesthésie totale, et que c’était pas ce que je voulais. Une de mes plus grosses crises médicales ever.

Forcément, maintenant, j’ai une dette infinie envers ma dentiste d’avoir supporté un tel moment d’enfer. Voilà pourquoi quand je suis persuadé que mes dents se déchaussent et que je vais crever sous un pont (si si, il y a un rapport de cause à effet quelque part), bah j’attends de redescendre sur Lyon pour venir me faire checker. La loyauté du client sur vingt ans, ça a quelque chose de beau. Après lui avoir raconté ma life je m’assois et m’apprête a recevoir le verdict. Je tablais sur une greffe de gencive de dernière minute, ou bien sur une nouvelle piqure, d’euthanasie cette fois. Ses doigts me tripotent le dedans de la bouche, ça pue le latex des gents. Au bout de trente secondes elle décrète que mes dents sont nickels, au point qu’on pourrait se demander si je suis bien le fils de mes parents (vu leur dentition à chier).

Bon y’a aussi cette histoire de tartre. Deux ans que je suis pas venu. C’est limite si elle a pas dû s’y prendre au piolet. Ca expliquerait mes crachats sanguins post op. Vu que je la lourde à demander 100 fois si je vais échapper au dentier cette année, elle me refile une brosse à dent électrique. Subjugué par l’appareil gratuit qui fait vroom, je rentre chez moi sans faire de caprice. Au final j’arrive pas a piger pourquoi le dentiste fait tant flipper les gens, le bruit de la roulette c’est toujours moins pire que le dernier single de U2. J’en suis même tellement content que je me suis dit que je devrais pas attendre encore deux ans pour revenir. Ou moins. Non parce que je suis sûr que j’ai un problème, j’ai forcément un problème, j’ai juste pas encore trouvé lequel.

J’aime l’odeur de la névrose au petit matin. Demain on causera bouquin, quoi qu’à l’heure où j’écris ces lignes je n’en ai encore fini aucun, d’où suspense d’ordre personnel. Oh et à 18h y’aura une note Bis avec des brosses à dents et des super héros.

AD STAGE !!!

Tout ça c’est la faute de la dernière campagne qu’on a lancé à l’agence, pour la prévention dentaire. Quand tu vis là dedans au taf’, comment tu veux ne pas psychoter ta race face au miroir ?