1155 – Book Review 186

La science ! Les clones ! Deux passions personnelles. Les plus attentifs se souviendront par exemple que Le Reilly, c’est un pseudonyme de clone d’araignée. Sinon on peut parler de la vague de films de clones qu’on a eu pendant quelques années, du Sixième Jour jusqu’à The Island (notez qu’on a progressé en qualité avec le temps). Le sujet est riche, pouvant servir tant à des questionnements existentialistes que pour produire des thriller à base d’échange d’identité. Ou pour faire un Star Wars aussi pourri que son titre. Toujours est-il que ça fait un moment qu’on a pas parlé de clones. La vraie vie s’est contentée d’un mouton tandis que l’industrie culturelle est passée à autre chose. Jusqu’à la sortie d’un livre l’année dernière au titre aussi improbable que fabuleux : How To Defeat Your Own Clone. Je l’ai acheté sans même chercher à savoir de quoi ça parle. LE POUVOIR DES MOTS.

Si vous lisez Variety (vous devriez, c’est pas super sexy mais c’est intéressant), vous penseriez que How To Defeat Your Own Clone est un thriller cynique. Parce qu’il a été optionné par Hollywood qui veut en faire un film. C’est que ça doit prendre aux tripes, que le concept est aussi cool que l’exécution. C’est un peu ce que je me suis dit. Et là, gros frein dans la gueule. En fait, HTDYOC est un bouquin de vulgarisation scientifique écrit par des professeurs d’université. Le truc qui se rapproche le plus d’une histoire c’est l’historique de la découverte de l’ADN, de son séquençage et de ce qu’on peut faire avec. Non mais vous barrez pas, parce que le livre est malgré tout super intéressant. Principalement à cause de son traité complètement débile et science-fictionnesque de vraies questions. D’autant plus que le titre ne ment pas. Une fois au bout de HTDYOC, vous aurez eu tous les conseils et astuces possibles pour vaincre votre propre clone.

Par exemple, on vous martèlera que, jumeau ou clone, personne ne peut avoir les mêmes empreintes digitales. C’est IMPOSSIBLE.

Dans ta gueule Hollywood.

How To Defeat Your Own Clone va s’employer à définir avec précision la notion de clone et la faisabilité de sa création. De Dolly à l’humain, tous les cas de figure sont envisagés et tous les clichés du genre passés à la moulinette. On parle de vieillissement accéléré, de copie des souvenirs, de défauts génétiques, des traits acquis et innés. Ensuite tout un chapitre est dédié aux améliorations génétiques possibles que nous réserve le futur. Au cas où votre propre clone en soit équipé et pas vous. Enfin le dernier quart du livre s’emploie à répertorier tous les conflits possibles avec son double génétique. S’il essaie de vous voler votre vie, s’il vous fait accuser à sa place, s’il est plus jeune et veut se battre physiquement contre vous, etc… La plupart des cas de figure sont passés en revue et avec ça, vous devriez être parés à toute attaque.

Surtout, vous vous coucherez moins cons, en sachant beaucoup plus sur le corps humain, la génétique et l’état des sciences à l’heure actuelle et dans un futur proche. Je décerne à How To Defeat Your Own Clone la médaille de validation Fred & Jamie. Ca veut dire que si ça vous branche, je vous le recommande.

Sinon attendez l’adaptation ciné. Qui n’aura plus rien à voir avec le truc à priori. Sacré Hollywood.

BUY STAGE !!!

Mangez-en, ça fortiera le cerveau de votre clone.

857 – Comic Review 05

A cause de vous je suis pauvre. Comme je me suis mis en tête de vous parler de BD cools bah j’en achète. Et j’ai passé la semaine entière à me déplacer à pied et manger des pates. Je ne déconne pas. J’ai même du emprunter un euro pour me payer du lait pour mettre dans mes chocapics. Notez l’effort. Tout ça pour (entre autre) acheter le premier volum de Chew. Ca sort chez Image Comics, le plus gros éditeur indépendant des Us of A qui a l’avantage de proposer tout et n’importe quoi et le défaut de proposer… bah tout et n’importe quoi. Pas de gammes, pas de ligne éditoriale, c’est le foutoir. De temps à autre un titre vient s’élever au dessus de la masse à force de critiques spectaculaires et de bonnes ventes. C’est le cas de Chew, qui vient de gagner l’Eisner Award de la meilleure nouvelle série, en plus d’avoir été optionné pour une adaptation TV et confirmé en tee chez Threadless à la fin de l’été.

Le détective Chu est l’un des trois seuls cibopathes au monde. Cela signifie qu’il est capable de sentir l’historique de ce qu’il mange. Dans le cas d’un fruit il sait où il a poussé et à quels pesticides il a été exposé. Dans le cas d’un steak ça va jusqu’aux souvenirs de l’abattoir. Forcément Chu ne mange plus que des radis, seul aliment qui n’active pas son pouvoir. A cause de son don particulier, Chu est transféré dans un département spécial de la répression des fraudes qui s’occupe du trafic de poulets. La grippe aviaire ayant fait des millions de victimes à travers les Etats-Unis, la viande de poulet est strictement prohibée. Chu et son nouveau coéquipier doivent donc faire face aux trafiquants Yakuza et à la petite criminalité dans leur quête de justice, même si cela implique parfois d’aller mâchonner un bout de cadavre pour découvrir la vérité. Bien qu’il semble que toute cette affaire les dépasse et que la fameuse grippe aviaire n’est pas ce que les autorités veulent faire croire.

J’ai une admiration sans bornes pour les concepts barrés. Chew c’est quand même une BD sur flic qui bouffe des gens pour trouver des indices. Et ça fonctionne, car écrit sur le mode de la blague. Tout l’univers de Chew est barré et peuplé de personnages complètement fous. On a le coéquipier obèse qui se bat avec des shurikens, la critique gastronomique avec des supers pouvoirs et toute cette histoire de mafia du poulet. J’ai souvent ri à la lecture du premier volume, qui enchaine les aventures en vingt pages tout en développant tout doucement un fil rouge et une plus large conspiration. Seul le scénariste a un peu de bouteille sur des titres (plus ou moins) mineurs de chez Marvel tandis que le dessinateur signe là sa première série chez un gros éditeur. Le trait n’est pas toujours bien assuré mais le style cartoon camoufle sans peine les quelques défauts de jeunesse. J’ai dévoré (pun intended) le premier volume de Chew en une soirée et je me tâte déjà pour en reprendre (pun intended).

Le premier numéro du comic avait été réimprimé quatre fois avant de finir gratos en bonus dans un numéro de Walking Dead, ce qui en fait un vrai succès surprise de chez Image. Entre les récompenses et les producteurs de Walking Dead (la série TV) derrière, je suis certain que je (et par extension vous) n’avez pas fini d’entendre parler de Chew.

Volume 1 et Volume 2 disponibles en VO, recueil grand format pour la fin aout. Traduction française dans pas trop longtemps à priori.

133 – Tunguska

- Salut, moi c’est l’agent Johnson, et lui c’est l’agent Johnson. Aucun lien. Tu sais pourquoi on t’a fait venir dans cet ancien goulag Russe et pourquoi on te braque un halogène dans la gueule ?
- Aucune idée. Ca pique.
- Laisse-moi te rafraîchir la mémoire. Il paraîtrait que tu écrirais un roman. Depuis plus de quatre mois tu casses les couilles aux gens avec ça sur ton blog. Johnson et moi on pense que tu mens, que t’es une pourriture de sale mytho qui tente d’attirer l’attention.
- Mais… pourtant j’ai lâché le titre ! Ca s’appelle Merci pour les souvenirs !
- Sauf que ça, t’aurais pu l’inventer en deux secondes. Ce que tu sembles pas piger c’est que y’a pas de gentil flic et de méchant flic ici. On est deux bad motherfuckers ! Alors si tu nous pitch pas de suite ton supposé bouquin, on risque de finir par repeindre la pièce avec tes boyaux.
- Okay… Okay c’est bon je vais le faire, Alan Moore style : en une seule phrase. C’est l’histoire d’un cancéreux en phase terminale qui rentre dans sa ville natale dans l’espoir de conclure avec son amour de lycée qui s’est depuis mariée. [Je mets le pitch en invisiotext pour ceux qui veulent atteindre le premier chapitre dans une semaine.]

- C’est bien de coopérer. L’os de ta mâchoire t’en est reconnaissant. Maintenant tu vas nous dire quelle taille il fait.
- 30 000 mots environ, un peu plus peut être. J’ai encore une vingtaine de pages à relire.
- Un peu minable non ?
- C’est pas la taille qui compte !
- Un mythe !
- Je vous emmerde les Johnson, il est court mais intense !
- Et qu’est-ce qui te permets de dire ça petit con ? Genre tu l’as fait lire c’est ça ? Ils en pensent quoi les gens de ton caca littéraire ?
- J’avoue on m’a parfois reproché des lourdeurs de style et de pas re-inventer la roue. Mais tous ceux à qui je l’ai passé sont allés jusqu’au bout ! Et sur une bonne cinquantaine de retours j’ai surtout des réactions positives. Alors vous pouvez me défoncer la gueule, me laisser pour mort au fin fond de la Sibérie mais rien ne m’empêchera de le tenter chez des éditeurs !

- Ca tombe bien que t’en parles, parce qu’on avait fini par se demander si tu allais finir par prendre tes couilles à deux mains. On a hâte de voir les comités de lecture lâcher ton manuscrit au bout de trois lignes.
- Je vais le faire ! Mais j’attends septembre de le déposer en mains propres pour économiser cent euros de timbres. D’ici là faut que je finisse ma relecture et que je rédige une quinzaine de lettres de présentation personnalisées.
- Rien que d’y penser ça me donnerait presque envie de te libérer. Pas vrai Johnson ?
- Laissez moi partir et vous verrez, dans une semaine je mettrais le premier chapitre en téléchargement sur mon blog.
- Hum… C’est tentant. L’idée de te voir te faire basher dans tes commentaires jusqu’à ce que tu les fermes en bonne pleureuse… Ca roule. Mais sache que si tu te dégonfles, on revient te chercher et cette fois tu t’en sortiras pas.
- Vous allez voir ce que vous allez voir !!!

Voilà, il me semblait utile de faire un petit point sur mon projet en cours. Et effectivement j’annonce une petite refonte des onglets d’ici une semaine avec l’apparition d’un CV et de la liste des mes différents chantiers. Of course il y aura du download pour les fans de PDF. Même pas peur moi. Enfin si un peu mais comme je suis planqué derrière mon écran ça se voit pas trop.

J’avais pensé ralentir le rythme du blog pour diverses raisons (baisse de fréquentation, été, fatigue, bouffe temps monumental), mais finalement il y aura bel et bien un article demain. On parlera de mon rapport aux objets (Qui a dit “aux femmes” ?!? Ca suffit maintenant !).