Une semaine que je suis à Lyon, sans mon ordi, sans ma Xbox, outils de ma survie monopolisés par mon prépa de frangin, squatteur d’appartement en période d’examens. Aussi je m’occupe comme je peux, par exemple en allant récupérer le courrier tous les matins. Chaque jour c’est le maxi bordel, après pas loin d’un demi kilo d’enveloppes kraft bourrées à craquer, adressées à mon bro. Il s’agit des réponses des écoles d’ingénieur de la France entière. Sans déconner il faudrait que quelqu’un me sorte la liste des établissements privés et publics qui se la jouent « On est trop des oufs tellement qu’on est bien ». Car dans le salon s’accumulent les papiers le long d’une pile hallucinante de hauteur. Sur le coup j’ai bien envie d’appeler Yann-Arthus Bertrand, qu’il me filme ça en contre plongée du haut d’un hélico pour alarmer la populace sur les dérives de l’enseignement supérieur en matière de pollution.

Faut dire que, poussé par l’ennui l’envie de bien faire, j’ai rageusement déchiré les enveloppés à la recherche de leur contenu. Et là c’est un peu le gavage. On met la main, pêle-mêle sur des brochures format A4 au papier glacé, des petits carnets vintages ou, dans certains cas extrêmes, des DVD de présentation de l’école. Sans déconner. Et ça c’est pour tous ceux qui réussissent les écrits. Vu que tu passes des concours globaux, genre 10/20 établissements d’un coup, c’est la lutte au niveau des écoles pour attirer les jeunes dans leurs filets. On pourrait croire cette débauche de moyens aussi excessive qu’inutile, en plus de l’affront fait à l’environnement et aux lumbagos des facteurs. Ca c’était avant d’entendre mon frangin s’exclamer « Rha la dèche ce truc, leur doc est imprimée en noir et blanc, c’est de la merde, je lis pas ! ».

Pendant ce temps, à Neuilly, on n’envoie pas des pures brochures bling bling. Principalement parce qu’on est une école publique, donc sans thune (no wifi, no cantine), mais aussi parce qu’on est les seuls, la seule école crédible en matière de communication. Pas besoin de courriers pompeux, la réputation fait tout le boulot de prospection estudiantine. Ou la démonstration par A plus B d’une des absurdités engendrées par la concurrence des dizaines d’établissements « supérieurs » d’ingénieur. Et encore j’évite de parler du contenu, où l’on voit des groupes de geeks faire style qu’ils sont sportifs et où les trois nanas pas trop moches de la promo sont réunies pour un photoshoot en tailleur sexy. Mention spéciale aux clubs de World Of Warcraft ou de jeux de rôles. Ouais, en fait y’a grave moyen de triper au détriment de ces écoles qui luttent pour exister.

Allez, vivement demain pour une nouvelle cargaison de laules directement dans ma boîte aux lettres. Pas aussi bien que la Xbox mais c’est un bon début. Sinon dans la prochaine note on causera roman qui fait peur.
LOLILOL STAGE !!!
Allez, un de mes préférés pour se faire plaiz.



