520 – There’s No I In Team

Je crois en moi. Bon, ça n’étonnera absolument personne ici. Après tout, l’autre jour, où j’étais assis dans un bar avec une vieille copine. Elle m’a balancé à la gueule que des amis communs qui lisent mon blog le trouvent hyper prétentieux. Joie. Bastars ! Et bitch par commérage collatéral aussi ! Le truc c’est que dans mon boulot, à savoir la poursuite du papier imprimé, si on croit pas en soi, c’est foutu d’avance. Sans un minimum d’égo on se retrouve à s’étouffer en mangeant les lettres de refus, lavage d’estomac à l’hosto et thérapie psychiatrique à l’hosto du coin. Ou pire, un CDI chez Dunder Mifflin avec plein de perspectives d’avancement sur quarante ans. Kro bieng ! Tout ça pour dire que si vous me voyez me faire un clin d’œil quand je passe devant un miroir, c’est avant tout une question de survie.

520---Narcisse-Lettré

Bien sûr, de temps en temps je trébuche. Ca arrive. Que ce soit à cause d’un Deluxe trop froid une fois rentré à la maison ou de l’ultime lettre de refus de la part d’un robot stagiaire qui n’a pas lu mon bouquin. Dans ces moments là, je peux compter sur une espèce étrange d’individus qui m’entourent : ceux qui croient encore plus que moi que, heu… bah moi. Ils ne sont pas beaucoup, je vous rassure. Il y a celle qui au bout du monde est prête à vous mettre des coups de pied au cul pour avancer, la même qui m’a très largement aidé à rédiger les deux tiers de mes exposés scolaires de l’année. L’ex femme de ma vie continue à psychoter, persuadée qu’un jour je serai une sorte de superstar qui aura oublié jusqu’à son existence. Puis y’a mon Marabou/Pimp qui me promet putes et compte en suisse entre deux bouchées de brownie maison fait par sa douce chère et tendre.

J’en oublie, mais l’avantage avec ce genre d’étranges individus, c’est qu’ils sont capables de m’injecter de la force quand je suis à court. Ils font plus que me soutenir et s’intéresser, ils sont persuadés que je peux. Pas de chance, ce genre d’attention est à double tranchant. Si j’échoue, si je fais une connerie, si je m’enfonce dans une mauvaise phase, je ne fais pas que décevoir mon petit égo froissé, je les froisse eux aussi. J’ai l’étrange impression de leur devoir d’accomplir quelque chose, de réussir. J’ai besoin de valider ce qu’ils voient en moi et que parfois j’en arrive à oublier. J’ai surtout besoin de prouver qu’ils avaient raison, que le temps et l’énergie qu’ils passent à me booster n’étaient pas inutiles. Etre entourés de personnes qui font plus que leur boulot de pote, qui se rapprochent le plus de ce qui pourrait être qualifié d’amis, ça n’a pas de prix.

Si j’en parle aujourd’hui, c’est qu’il y a des périodes comme ça, on l’on réalise pleinement l’influence positive de son entourage. Septembre, la rentrée, les résolutions, le démarchage d’un nouveau roman, la hargne. Back in business.
Demain ce serra un article métaphysique de qualité sur le bubblegum.

422 – I Tried To Be Perfect But Nothing Was Worth It

Aujourd’hui j’ai envie de kicker du cliché. C’est ce que ma grand-mère disait, tordre les testicules à un cliché chaque matin, pour la santé, y’a pas mieux. Au menu de ce lundi, le fait qu’un artiste n’est jamais content de lui, jusqu’à la dépression. Vous savez, on entend toujours des gens se plaindre de leurs vieux écrits, ou mieux, tous ceux qui commencent des œuvres qu’ils ne finiront jamais vu qu’ils la détesteront avant d’arriver au bout. Déjà ça permet de se la péter en interview : « oui, vous comprenez, le travail de l’artiste, on vite tousser pour caresser la perfection, sachant que trop bien que l’on n’y arrivera jamais ». Même que ce serait une des causes d’échec artistique les plus répandues tout ça (confère les dizaines de tes potes qui te disent qu’ils ont commencé plein de trucs pour jamais les finir). Permettez-moi de vous dire que niveau cliché, bah c’est complètement vrai, et en même temps carrément faux.

Maintenant je commence à avoir un peu de recul sur mes écrits. Ne vous méprenez pas, cela n’a rien à avoir avec l’expérience, il est ici seulement question de temporalité. L’œuvre achevée est fixée, n’avance pas toute seule, alors que nous on continue notre footing jusqu’à la tombe, tout en vivant un tas de trucs plus ou moins bandants d’ici là. A ce moment intervient l’édition. On pourrait croire qu’une jeune qui n’en veut ne souhaite publier qu’afin d’accéder à la gloire, aux valises de thune et aux filles faciles. Que nenni les amis ! Le véritable avantage d’une impression papier en direction des bacs de la RNAC, c’est qu’on ne peut plus toucher au texte. Le malléable fichier word s’est solidifié à jamais. Enfin, jusqu’à ce que tout le monde se soit payé un ebook reader et que les auteurs se sentent obligés de produire des mises à jour régulières par wifi. Ne rigolez pas, il y en a qui y songent déjà.

En ce qui me concerne, j’ai déjà un tas de techniques pour éviter les méchantes névroses quand à la qualité de mon texte. La première c’est justement d’éviter de se poser de question tant que je n’ai pas fini une étape. Je rédige un premier draft, je le fais sans réécrire les anciens paragraphes. Non, j’avance, point barre. Parce qu’au moins j’ai un truc à la fin, potentiellement bancal voire foireux, mais c’est là, ça existe. C’est toujours plus simple de rectifier des passages plutôt que d’être incapable d’avance à trop vouloir obtenir un truc bien du premier coup. De toute façon on se fait toujours baiser la gueule au final. Quand on a un truc fini, il suffit d’attendre suffisamment longtemps et on le détestera. C’est juste invariable. Confère mon bouquin que je réécris depuis deux mois parce que l’ancienne version ne me va plus, et que je ne supporte pas de n’avoir qu’un objet gangrené à montrer.

La seule solution, c’est d’être content de soi sur le moment précis, l’instant T où l’on vient de cracher quelques nouvelles lignes, et espérer qu’un type voudra bien le mettre entre deux pages de couverture, histoire d’en être débarrassée. Dans le cas contraire, c’est foutu, on va rebosser, parce que le temps fait son œuvre et vrille le cerveau.

Demain on causera de la puissance nostaligique de la musique.

WHERE’S WALDO STAGE !!!

Sinon un de mes secret message est passé y’a quelques jours sur le site de mon bon ami Lâm (cheateur à street soit dit en passant). A 18h j’avouerai lequel est-ce dans une note bis.

415 – Show Off

Un des trucs qui m’a fasciné chez Ubi, c’est le rapport d’experts sur le fonctionnement de ma génération. J’appartiens à la race des Gen Y, à savoir les gens nés entre 1977 et 1990, les gosses de la génération du baby-boom, ceux qui n’ont jamais connu le monde sans le SIDA ou des trucs genre la guerre froide. Les sociologues et les économistes ça les fait kiffer de profiler une tranche entière de la population mondiale. Le pire c’est qu’ils s’en tirent pas trop mal, le rapport était vraiment bien foutu, je m’y retrouvais à fond dedans. Mais le détail qui m’a le plus interpellé, c’est le concept de gratification instantanée. Alors que la génération X était prête à bosser dur pour une juste récompense, le Gen Y est un putain d’âne qu’il faut flatter à chaque début de succès. La gratouille derrière la nuque perpétuelle, sinon ça n’avance pas.

Et merde, c’est exactement ça pour moi. Prenez ce foutu blog, le simple fait de poster mes notes au milieu de la nuit, pour m’assurer d’avoir quelques commentaires pour épicer mes chocapics. Chaque fois que je ponds un article, pour peu qu’il ne soit pas trop pourrave, je sais que je vais avoir droit à ma carotte d’égo. Voilà un comportement qui s’étend à toutes mes activités. Si je fais la vaisselle chez mes parents et qu’on ne s’extasie pas, j’aurais pas envie de la refaire. Si je ponds trois lignes pour un travail de groupe, j’attends au minimum un orgasme collectif face à tant de labeur accompli. Vous l’avez compris, c’est pareil pour mes bouquins. Systématiquement quand j’écris ne serais-ce que trois paragraphes qui se courent après, je les forward à toute la liste d’amis. La question n’est pas tant d’avoir des critiques constructives que d’obtenir un retour, la validation d’autrui que ouais, j’ai taffé et que c’est cool.

Cette fois, je tente un truc nouveau. Le texte sur lequel je travaille depuis la semaine dernière, je le montre le moins possible, pas tant qu’il n’est pas complet. Pour m’empêcher de craquer j’ai la technique : je rédige les chapitres dans le désordre. Vu que la structure, l’ossature est bouclée, je peux me permettre de picorer du texte où je veux. Quand un passage me gonfle, je me ballade dans le document et en avance un autre. Je pourrais faire tourner le fichier que les gens ne pigeraient rien à cette douzaine de morceaux pas finis. Bon sang ! Parfois je m’étonne de mon propre génie ! Vous l’avez deviné, quand personne n’est là pour flatter la croupe du Gen Y, il s’en occupe lui-même ! D’ailleurs maintenant que je recouvert de pommade je vais retourner bosser là-dessus.

Tout ça pour dire que si je suis un connard égoïste avide de compliments, c’est la faute à ma génération, c’est les rapports d’experts qui le disent. J’y peux rien, c’est comme ça.
Demain, dissertation sur les clips musicaux.

BONUS STAGE !!!

Rien à voir ou pas, mais c’est hyper angoissant de fliquer les téléchargements des premiers chapitres de la précédente version de mon premier bouquin. Une dizaine de clics par semaine, donc j’ai absolument aucune idée d’où ils vont. Big brother is clicking you !