1133 – Y U NO RELIABLE ?

[SPOILERS Fight Club]

Dimanche dernier j’ai entamé le jeu Dragon Age II. L’histoire est racontée par un nain que l’on questionne sur les agissements du héros. Celui-ci commence son récit par la fois où le héros à décimé à lui seul une armée de démons et un troll géant. Donc tu joues la séquence, pépère, tu butes tout le monde. Sauf qu’à la fin, tu es interrompu par le questionneur qui hurle sur le nain. Tu me prends pour un imbécile ?! Ca n’a pas pu se passer comme ça ! Alors le nain se ravise et raconte de nouveau. Toi tu rejoues la même scène avec le même personnage, sauf que tu n’es pas seul et que vous prenez tellement une branlée qu’un membre de ton équipe meurt. Nettement moins héroïque, mais vrai. Car ce fourbe de nain est un narrateur pas fiable. Ce qui se trouve être une figure narrative très intéressante.

On appelle « Unreliable Narrator » celui qui raconte une histoire mais ne dit pas la vérité. Soit parce qu’il ment en tout connaissance de cause, soit parce qu’il est fou, soit encore autre chose. Par exemple dans Fight Club, Narrateur nous montre que Tyler Durden se tape Marla toute la nuit pendant que lui dort à la cave. Or c’est faux. Il n’est pas dans la cave. C’est son point de vue et pourtant il n’est pas fiable, parce qu’il n’est pas mentalement stable. Un autre exemple beaucoup plus courant est celui du point de vue multiple. Vous savez ces épisodes de série ou ces films dans lesquels plusieurs personnages donnent leur version d’un évènement. Et que c’est uniquement en faisant le tri que l’on découvre la vérité. Aucun des narrateurs n’est fiable, c’est à la structure et au spectateur de faire le boulot.

Un unreliable narrator à plusieurs intérêts. Le principal reste de surprendre le lecteur/spectateur/joueur. En ce sens il remplit la même fonction qu’un twist, sauf qu’il est beaucoup plus complexe à mettre en place. C’est beaucoup plus difficile de mentir ouvertement au public tout en étant crédible plutôt que de simplement lui dissimuler un morceau d’information. Mais la récompense est bien meilleure, car l’effet beaucoup plus rare. Par exemple là j’avance dans Dragon Age II tout en gardant à l’esprit que ce que je fais n’est peut-être pas la vérité. Le jeu m’a menti une fois, il est sûrement en train de continuer à le faire. Alors que je joue, que j’agis. Délicieux paradoxe. On trouve une autre utilisation vidéoludique de cette technique dans Prince Of Persia, quand le héros raconte son histoire (et qu’on la joue). Dès qu’on meurt dans le jeu, la voix off du Prince dit « Non, attends, ça ne s’est pas passé comme ça… ». Et hop, on y retourne.

Cette fois ci c’est le joueur qui n’est pas fiable puisqu’il a tenté de tuer le héros alors que celui-ci est en train de raconter l’histoire. D’un coup, celui qui tient la manette devient le narrateur pas fiable. Le joueur tente de mentir, le jeu ne le laisse pas faire. Ou comment enrober les mécaniques d’un défi (ne pas mourir) avec du storytelling. Applause. Même tarif pour Assassin’s Creed où l’on revit les souvenirs de son ancêtre et où il nous est interdit par exemple de tuer un civil ou d’aller dans certaines zones. Pas parce que le jeu l’ordonne, mais parce que « Ca n’est jamais arrivé ».

L’unreliable narrator est une figure complexe à utiliser, puisqu’il faut rester cohérent jusqu’à la révélation du mensonge. Mais la récompense n’en est que plus grande et je reste fasciné par les différentes utilisations possibles de l’exercice. En attendant d’avoir l’idée qui me permettra de m’y essayer.

En attendant j’espère que vous avez pris des notes, parce qu’on en reparle avec le bouquin de la semaine prochaine.

425 – Nice Try, But Still Gay

Mon lundi soir avait pas trop mal commencé. J’étais parti au DoMac me pécho un 280 original tout chaud. Une fois à la maison j’éventrai la bête pour y ajouter de la moutarde de Dijon, du poivre et du fromage rapé. Inutile de dire que c’était le feu d’artifice dans ma bouche de gros porc. J’allais digérer au ciné à ma traditionnelle séance de 22h, cette fois un peu honteuse vu que j’étais parti pour Confessions d’une accro du shopping. Pour ma défense Isla Fisher est très bien foutue et j’avais lu/critiqué le bouquin il n’y a pas si longtemps. Une fois arrivé en nage, rollers obligé, à mon QG du MK2 Biblio je m’avançais vers les bornes automatiques pour y faire glisser ma carte illimitée. Panne du système, me répond l’engin, qui m’intime l’ordre d’aller retirer ma place à la caisse, et donc de devoir assumer mon choix cinéphilique face à un autre être humain.

Comble de mal aux fesses, c’est une jolie jeune brune qui me demande « quel film ? » tout en se saisissant de mon pass. Tentative désespérée de botte en touche.

- Une place pour la salle 9 s’il vous plait.
- Pour Confessions d’une accro du shopping ?
- …
- …
- Ouais.
- Vous vouliez pas le dire, c’est ça.

Connasse, connasse, conasse. En plus ça te fait marrer, tu crois que je le vois pas ton petit sourire narquois de guichetière ? Rattrapage aux branches.

- Nan mais c’est parce qu’il est long, je suis essoufflé et je risquais de bafouiller. Ca aurait été gênant, donc, heu, salle 9 quoi.
- Je comprends.

Ou comment me traumatiser pendant la moitié de la séance. En fait durant les deux heures de film je n’ai fait qu’à penser à ce que j’aurais pu lui envoyer à la tronche. D’où un top 5 improvisé.
5 - Je suis étudiant, en vacances et chômeur de surcroit. Oh et célibataire ! Alors je m’emmerde je fais ce que je peux, ne me jugez pas !
4 - Ma copine hyper canon, sosie de Megan Fox sans les tatouages infâmes m’attend déjà dans la salle, en jupe plissée et sans culotte pour qu’on s’occupe pendant la séance.
3 - En fait je suis critique littéraire et cinéma pour un célèbre blog underground (non, ce n’est pas antinomique). Après avoir lu le bouquin je viens étudier le travail d’adaptation.
2 - Si je vais voir le film c’est juste pour apercevoir en avant-première l’affiche teaser de Prince Of Persia à 1h08 de film quand Rebecca passe sur Time Square.
1 - Je suis gay.
En ressortant elle était là, la fourbe. Pour le bien de sa dentition parfaite j’ai préféré ne pas lui jeter mes rollers au visage et rentrer, digne, sous la pluie.

A part ça le film servait absolument à rien. Mais genre vraiment à rien du tout. Encore deux heures perdues dans une salle obscure à accomplir mon devoir d’éclectisme culturel. Etre ouvert, c’est pas une sinécure.

Demain, encore une critique de bouquin, mais d’un livre qui parle quasiment que de cul, du coup, vous me pardonnerez j’en suis certain.

263 – The Douche Within

- Matthias ! Tu peux me rendre un service ?
- Faut voir, c’est quoi ?
- Faudrait que tu laisses un message un peu hot sur mon message Facebook pour faire chier mon mec qui me les brise en ce moment.

Bon. Je sais pas pourquoi mais je sens que ça va encore me retomber sur le coin de la gueule si je fais ça. En plus, j’aimerais pas que ma nana me plante des couteaux dans le dos comme ça. Sans parler du fait que ce mec là, objectivement, je le connais pas. Il m’a rien fait. En même temps c’est un coup à bien se marrer. Sans parler du fait que ça fera jaser sur Facebook et que bon, elle est quand même bien cute elle. Je suis faible face au côté obscur. Ce qui devait arriver arriva, et deux jours plus tard :

- Tain il me casse les couilles il me parle plus à cause de ce que t’as marqué sur mon mur. Quel con ce type. Ah et il te déteste maintenant aussi.

C’est un de mes petits défauts de fabrication. Les mecs de mes amies ont une fâcheuse tendance a pas pouvoir me blairer. Mais attention ça peut aller très loin, comme cette copine dont les deux derniers mecs ont juré de la quitter si elle me voyait, mais genre juste moi, pas le reste de ses potes. D’un côté c’est cool, je me sens badass hardcore, dangereux, un véritable prédateur sexuel ! Quelques minutes avec leur copine et c’est la vertu de ses damoiselles que je déchirerais en même temps que leur chemisier (oui, je suis en Master, je traîne qu’avec des filles en chemisier). Si seulement. Parce que en vrai pas tant que ça en fait. Bon okay, des fois un peu. Y’a rarement de fumée sans feu. Mais je suis en majeure partie un chic type. J’ai juste quelques fragments de douchebag dans mon ADN, reliquats d’une évolution depuis l’homme de cromagnon encore inachevée.

On pourrait croire que j’ai qu’à prendre sur moi, à l’aide de ma surpuissante force morale. Mais en même temps c’est tellement fun de faire chier des crétins. Encore une fois, un mec me fait ça je lui brise les genoux. Paradoxe maléfique, égocentrisme injuste, quand tu nous tiens. Non, la vraie solution pour me rendre doux comme un agneau : il faut avoir un mec inattaquable. Prenez cette fille de ma classe, qui a des goûts vestimentaires totalement hallucinant de qualité. Pourtant je me tiens à carreaux. Parce que son gars est un super beau gosse complètement sympa, et qu’il avait un casque autour du cou la dernière fois que je l’ai croisé (imparable). Tu discutes cinq minutes avec lui et tu dis que s’il avait pas une Playstation 3 ça pourrait être un type en or. Voilà où je voulais en venir. Si vous êtes une nana à qui je casse les couilles, trouvez-vous un mec bien, ça me calmera direct.

Pas de long épilogue aujourd’hui. C’est le début des vacances. Faut que je m’organise pour rentrer sur mes terres. Demain Top 3 ! Enfin Top 9 vu que y’aura trois tops. C’est ça l’esprit de nowel !