949 – Tron 1.5

Disney s’est pris pour la Fox ce jeudi. Vous vous souvenez quand, cet été, toutes les salles IMAX du monde diffusaient une vingtaine de minutes d’Avatar gratuitement ? J’y étais, et ça restera de mon point de vue comme le meilleur outil à bouche à oreille de l’année. Gratos, à l’avance et démocratique (pas de traitement de faveur pour les journalistes), c’est super effective comme on dit ! Donc, Disney, qui lance la suite de leur film cheapos/culte Tron cet hiver, a décidé de faire pareil. Rendez-vous donc au Pathé Ivry, en début de zone industrielle, pour voir 23 minutes de Tron : Olivia Wilde En Combinaison Moulante Maquillée Comme Une Pute Pendant Deux Heures En 3D. Ca serait moi je mettrais ça comme titre sur l’affiche, au lieu de Tron : L’Héritage. Anyway. C’est sans parvenir à motiver qui que ce soit d’autre que j’ai posé mes fesses dans la salle FIMAX d’Ivry.

Une salle FIMAX, c’est une salle Faux-Imax. Cherchez pas, c’est de moi. En gros c’est quand tu prends une salle normale, que tu vires les trois premiers rangs pour rapprocher l’écran et créer l’illusion d’immensité, que tu colles un projo IMAX et que tu fais payer ça avec un surcout IMAX. C’est un demi-disneyland. C’est un plan cul avec un petit pénis. C’est le FIMAX. Donc un mec de Disney, genre vieux beau, débarque et nous vend le film. Vous êtes les premiers au monde à voir ce montage, exclu, ça sort en février, c’est les daft punks à la bande son, ça va être culte, kiffez bien. Il nous prévient que la première partie du montage est en « 2D relief ». Heu… okay. En vrai il voulait dire que les dix premières minutes se passaient dans le monde réel avec des vrais décors, mais que ça sera en 3D. Ou pas, en l’occurrence, parce que problème technique. Le mec avouera à la fin de la projection qu’il avait eue la bobine que quatre jours plus tôt et qu’il l’avait pas testée. Heu… okay ?

Le problème du montage de 23min, en plus de l’absence totale de 3D, c’était qu’il était super mauvais. Personne dans la salle n’était venu voir 10min d’exposition avec des personnages qui discutent en champ/contre-champ. Gâchis. Le doublage français était catastrophique, car sûrement rushé à la dernière minute pour l’évènement. Entre ça et le jeu d’acteur qui ne vend pas du rêve, je n’ai rien ressenti. Quand les lumières se sont rallumées, personne n’a applaudi. L’ambiance était morose. J’ai croisé un ami dans la salle, il était prêt à mettre le feu à une peluche de Mickey tellement il était dégouté. Comme je n’ai pas d’attachement particulier au premier Tron, et qu’Olivia Wilde en émo-pute sur grand écran me satisfait amplement, ça allait. Mais d’un point de vue marketing, en tout cas à cette séance d’Ivry, c’était un bel échec. Une suite de mauvais choix allant d’une absence totale de communication sur l’évènement (la salle à peine pleine) jusqu’à l’erreur technique grossière par manque de répétition.

Peut-être que monté correctement, en 3D et en VO, Tron Legacy ça enverra du bois. J’espère. Parce que si j’étais venu enthousiaste à la projection, j’en suis reparti beaucoup moins optimiste. L’effet contraire escompté par le marketing de Disney. Ooch. Quand on sait qu’en plus je suis le cœur de cible, c’est mal barré.

MUSIC VIDEO STAGE !!!

856 – Abre Los Oros

Okay, je vous le dit à vous mais vous êtes pas des baltringues alors vous répétez pas. Mais si y’a un bien un truc qui l’exaspère prodigieusement chez ma meilleure amie, c’est sa capacité incroyable à s’endormir devant un film, que ce soit au cinéma ou à la TV. Je déconne pas, c’est le genre de personne qui sombre au meilleur moment de Toy Story 3 et à qui il faut raconter des bouts à la fin de la séance. Même tarif quand je tente de l’initier à The Last Airbender, le dessin animé. Parfois incapable de tenir vingt minutes d’affilée, elle était obligée de regarder les épisodes en kit. Tout ça c’est la faute de son stage, qui l’épuise, et de son petit corps fragile de meuf persuadée d’être obèse alors qu’elle est mince. A moins que ce ne soit à cause de sa manie de regarder des séries depuis le fond de son lit pour se coucher.

En vrai j’ai failli m’endormir deux fois au cinéma. La première c’était pour Les triplettes de Belleville. Le dessin animé le plus chiant à en crever du monde. Je suis désolé mais le style m’accrochait pas, le truc en silencieux en combo avec une journée marathon et la clim à fond, c’était l’enfer. Vous savez, ces moments où on se mord l’intérieur de la joue pour ne pas sombrer. Puis pour ne pas niquer mon record : ne JAMAIS s’endormir dans une salle de cinéma. La seconde fois c’était pour Kirikou II, aka la fausse bonne idée. Hé les mecs si on faisait une suite à base de petits courts métrages sans prétention réalisés sans budget et donc tout saccadé. Fuck. Quand je pense que j’étais seul dans la salle avec Martha, une fille avec des gros seins mais des cheveux frisés. Et les cheveux frisés, c’est plus fort que l’envie de coucher dans une salle de ciné vide. Baillements.

Dernièrement je me rappelle cette pure soirée à regarder Les deux tours en version longue au rétroprojecteur en fin de soirée jusqu’à l’aube. J’étais le seul à rester réveillé. En fait je ne crois pas être capable de m’endormir devant un film, un série. Si je suis trop crevée, je ne lance rien. Je fais autre chose. Je ne suis pas comme ma meilleure amie à me dire que si, je vais genre trop arriver à rester éveillé ! Si je vous raconte tout ça c’est parce qu’en vrai je crois que c’est à la limite du rédhibitoire pour moi une fille qui s’endort devant un DVD. Je pourrais trouver ça mignon et lui caresser les cheveux pendant qu’elle ronronfle la tête sur mes cuisses. Mais non. Quand je regarde un truc à plusieurs, c’est que j’ai envie, c’est que j’ai besoin de le partager. De guetter du coin de l’œil les réactions de l’autre, de pouvoir en parler après.

Le cinéma, les séries, les dessins animés sont une grande partie de ma vie. Une copine qui ne survit pas à une scène d’action de plus de trois minutes sans piquer du nez, ou qui préfère me mentir sur sa capacité à rester debout ce soir au lieu d’aller se pieuter, je suis pas certain que ça m’aille. Puis, soyons réalistes, ça me fait penser à mes grands parents qui piquent du nez tous les soirs devant le poste. Eux je les aime par contre. Rien à voir.

Au départ je voulais aussi bifurquer sur le sexe et la drague en combo avec le ciné et la TV mais ce sera pour une autre fois. Le sujet est VASTE.

N’empêche. Ma meilleure amie, dans un film de Freddy, elle crèverait en premier.

817 – An Injury To All

Quand j’étais en cinquième, dans la cour du collège, j’ai été pris à parti par Raphaël. Plus grand. Plus con aussi. Il s’esclaffait sur ma classe, à cracher qu’on était débiles, moches et autres joyeusetés. C’était bas de plafond, en mode « nananananère vous êtes tous des nuls ». Je lui ai dit de se taire. Plusieurs fois. Il continuait, je bouillonnais de rage face au grand con. De nulle part je lui ai collé mon poing dans la gueule. De zéro à sa face en moins d’une seconde. Il a chuté en arrière, s’écrasant sur son cul. Le temps qu’il comprenne ce qui s’était passé, j’avais disparu (LIKE A MOTHERFUCKING NINJA !). Pendant deux semaines, dès qu’il me croisait dans un couloir, il mimait une carotide tranchée. Chaque soir il m’attendait à la sortie des cours. Mais il ne m’a jamais eu. Parce que jusqu’à ce qu’il lâche l’affaire, je n’étais jamais seul. Mon crew est resté à mes côtés.

J’ai l’impression qu’à mesure que j’avance dans la vie, parmis la horde de trucs qui disparaissent et les désillusions qui leur sont associées, on perd beaucoup en loyauté. Pas juste la loyauté « okay je dirai pas à ta meuf que tu la trompes ». Non, la loyauté où tu te jettes dans un combat qui n’est pas le tiens, où tu es près à prendre pour ton pote. Je veux dire, dans Final Fantasy VII, y’a une materia (pouvoir magique, sale noob) rien que pour ça : Couvrir. Si c’est une materia de Final Fantasy, c’est que c’est IMPORTANT ! Avec la montée de l’individualisme, c’est un autre dicton qui prend de l’importance : « ça ne me regarde pas ». J’ai l’impression que les gens ont beaucoup plus facilement tendance à dire qu’un conflit ne les regarde pas plutôt que de prendre parti. En même temps, c’est pratique, tu te mouilles pas, mais tu comprends, c’est noble.

Y’a pas longtemps on voyait les gros animateurs de la matinale se désolidariser de Didier Porte et aller se vanter de leur lâcheté individuelle au grand journal. Bel élan. C’est ça le monde du travail. Tout le monde crève de trouille. Le pire c’est qu’on a le même mécanisme sur Internet. La e-réputation est une pseudo ressource qui vaut de l’or. Trop risqué d’aller prendre parti sur Twitter pour défendre un/e autre. Imaginez la perte de followers si le conflit s’éternise ! Imaginez les lecteurs degs d’un blog qui s’en iront parce qu’ils sont dans l’autre camp. Voilà comment je me suis parfois retrouvé acculé, avec des potes qui refusaient de tendre la main. Ça ne me regarde pas, l’autre ne m’a rien fait. Tu peux mourir on comptera les points après. Seulement, parfois, entre real niggas, on se serre les coudes, et un pote peut envoyer un mail de menaces de représailles physiques à un mec dont tu n’entendras plus jamais parler.

Du coup, ça m’est arrivé dernièrement de me mêler de ce qui ne me regardait pas pour défendre ce que j’estime être mon crew. Parce que l’union fait la force, ou simplement parce que parfois, avoir quelqu’un d’autre pour dire « Tu es un connard », « Tu as tort » ou « Ferme ta gueule », ça suffit à vous faire tenir. Au pire, il reste le tag team battle au fond d’une ruelle sombre.

Parce que l’ennemi de mon ami peut facilement devenir mon ennemi, j’emmerde ceux qui se lavent un peu trop facilement les mains. On dit qu’il faut savoir choisir ses combats, ça signifie que parfois, oui, il faut choisir un combat.

A demain le crew.