Cette semaine est tombée la meilleure mauvaise nouvelle de 2010. Spider-Man 4 est au point mort. Les problèmes sont multiples. Le réalisateur Sam Raimi voudrait Anne Hathaway, mais Sony (encore eux !) trouve qu’elle est trop chère. Et puis de toute façon le studio est contre utiliser le Vautour ou le Lézard comme méchant. Pas assez vendeur chez la ménagère, trop freak, ça va pas écouler assez de menus Happy Meal. Sans parler de la 3D. Avec le bonus des lunettes y’a moyen de faire un max de fric tout en attirant encore plus de monde ! Sauf que Raimi, la 3D, bof, c’est pas trop son truc. Du coup, tout est au point mort en interne. L’annonce est faite, le script est confié à un quatrième scénariste de luxe, pour tenter une fois de plus d’arriver à un compromis entre un réalisateur fatigué et le studio. Pendant ce temps, la petite rumeur court, s’immisce dans l’industrie. Et si ? Et si on arrêtait tout ? Et si on reprenait la licence à zéro ? En ce qui me concerne, ce serait la meilleure mauvaise nouvelle de la décennie. Parce que les films Spider-Man, c’est de la merde.

Bon, je dois être honnête. La première fois que j’ai vu Spidey au ciné, c’était le plus beau jour de ma vie. Je me fichais du costume brillant, des altérations à l’histoire, du costume du bouffon ou de l’absence du véritable premier amour de Peter Parker. C’était Spider-motherfucking-Man en vrai de vrai sur écran géant ! Puis au fil des visions, j’ai petit à petit déchanté. Pourquoi Tante May est grosse ? Où est passée Gwen ? Pourquoi Mary Jane n’a pas un physique de top model ? Pourquoi Peter est si niais/moche ? Pourquoi Spidey ne fait pas de blagues quand il se bat ? Pourquoi Peter est un loser ? Plus ça allait, plus tout me sautait au visage. La version cinéma de Spiderman ne correspondait pas du tout à ce que je voulais. Passé l’émerveillement, tout doucement c’est la haine qui emplissait mon petit cœur tendre. Le troisième opus, catastrophique de bout en bout achèvera de me convaincre de la cause de tous mes problèmes en tant que spectateur. Sam Raimi n’aurait jamais du réaliser Spider-Man.

Tout est là. Tous les problèmes de dix ans de films résumés en une seule et unique raison. Sam Raimi a fait l’exacte même erreur que Bryan Singer à commise sur Superman Returns, ils ont fait le film qu’ils auraient adoré voir môme, y’a vingt ou trente ans. Problème, entre leur enfance et aujourd’hui, des dizaines d’année d’évolution, que ce soit au niveau du personnage ou de son public. Peter Parker était un adolescent mal dans sa peau, nerd et gaffeur dans les années 70. Aujourd’hui Parker était mignon adolescent, maltraité pour son côté gentil et geek, mais qui sait se comporter socialement, pour qui être cool ne signifie pas aller danser avec une mèche sur le côté. Et surtout Spidey, c’est l’exutoire du garçon trop timide, d’où les blagues à répétition, qui me font marrer en BD depuis dix ans. Zaper Gwen Stacy pour aller directement à Mary Jane, c’est priver le personnage de la moitié de son traumatisme sur le thème de la culpabilité.

Et s’il fallait une dernière preuve de ma grande théorie, j’appelle Venom à la barre. A l’époque on se souvient tous que Raimi a déclaré publiquement qu’il détestait le personnage, qu’il avait été forcé par Sony de l’inclure parce qu’il était populaire chez les fans. Venom date des années 90, pas des 70’s, époque où Sam lisait le comics. Preuve ultime du rejet viscéral d’un réalisateur pour ce qui ne vient pas de SON enfance. D’où un méchant hyper mal géré, à qui le script et la direction artistique manque de respect. Les films de Raimi étaient sortis il y a trente ans, ils auraient été parfaits. Mais à l’heure actuelle, pour un fan comme moi qui a grandi et est habité par la version actuelle du personnage, c’est une torture de subir sa version, jusqu’aux gueules des acteurs (James Franco excepté, le seul qui ressemble physiquement à la version Ultimate de son personnage). Alors que l’histoire se répète en coulisse au niveau du script, de la direction artistique, du casting, peut-être qu’il est temps. La génération de mon père a eu son Spider-Man. Donnez-moi le mien.

Je n’espère pas grand-chose de Sony, tout comme je n’espère plus rien de Warner concernant Superman (c’est con, le meilleur reboot ciné tout public de Superman est déjà écrit, ça s’appelle Birthright et c’est un excellent comic). J’aurais toujours mes comics pour me consoler. Même si le fait que mes amis découvrent le personnage que j’affectionne le plus au monde dans une version bâtarde, tronquée, datée, malvenue, malhonnête, me déprime au plus haut point. Un jour peut-être.
Demain, retour à la programmation normale, avec moins de haine donc.
BONUS STAGE !!!
Oh, au fait. Quand le scénariste superstar de marvel, l’homme qui a inventé/popularisé un style narratif à lui seul (la décompression) et qui possède le record de longévité sur la même série de l’histoire de Marvel (qui se trouve être Ultimate Spiderman depuis presque dix ans), quand ce mec là twitte qu’il écrirait le script de Spiderman 4 sans sourciller s’il en avait l’occasion. Virez tout le monde. Prenez-le lui. Devenez riches.