379 – The Dude Playing A Dude Disguised As Another Dude

Imaginez que vous vous réveillez un matin en réalisant que vous êtes un clone. Tous les souvenirs que vous considériez comme acquis, ils appartiennent à quelqu’un d’autre. Et comme vous êtes un gars à la cool, votre premier réflexe n’est pas d’aller planter l’original avec une machette. Non, au lieu de ça vous lui laissez sa vie et vous partez sur la route, à chercher quoi faire de votre peau de clone. Seulement il vous faut une identité. D’un coup on réalise que se trouver un nom c’est pas des plus évidents. Alors on cogite, on prend le prénom de la personne qu’on estime le plus au monde, à savoir son oncle Ben. Niveau nom de famille, pourquoi pas prendre le nom de jeune fille de la femme de la personne qu’on estime le plus au monde. May Parker est née May Reilly. Là vous avez pigé où je voulais en venir normalement.

Les lecteurs hardores hurleront à l’imposture, au fait que j’ai déjà donné l’explication de mon pseudo. Sauf que là je le fais en plus de mots. C’est comme un director’s cut d’une vieille note. Et puis c’est férié merde ! Enfin, Ben Reilly est donc le clone de Peter Parker, à l’époque créé pour revitaliser la série en introduisant un nouveau héros à la rue alors que Pete était marié a un top model et pété de thune. Deux ans plus tard Ben était empalé par le bouffon vert et jeté sur une bagnole du haut d’un immeuble de trente étages. Ouais, chez Marvel quand on veut buter un personnage pour de vrai, bah on le fait pas à moitié quoi. Techniquement, j’usurpe donc l’identité d’un héros de BD mort depuis maintenant douze ans. Si ça c’est pas de l’hommage de fou ! Depuis plus d’une demi-douzaine d’années en ce qui me concerne.

Avec le temps, cette année surtout, j’ai fait un peu bouger le pseudo, passant de BenReilly à Benjamin Le Reilly. Benjamin parce que je trouve que Ben c’est trop sec et bizarre. Le Reilly provient aussi de Spiderman. Y’a un méchant de troisième zone, The Shocker, qui passe deux numéros entier à se plaindre qu’il ne s’appelle pas Shocker, mais THE Schocker. Sauf que tout le monde s’en branle à part lui et le mec finit par péter un câble. Ca m’avait fait marrer quand j’étais mineur et hop d’où la mutation. Dans les faits on m’appelle encore BenReilly de temps en temps, Matthias quand les gens se sentent des potes « delavraievie », mais au moins on viendra pas me casser les couilles sur des histoires de copyright. Et puis comme ça c’est meugnon, j’ai un pseudo avec un prénom et un nom. Schizophrénie, quand tu nous tiens.

Ah merde trop tard pour expliquer d’où vient mon adresse MSN. Tant pis. Bon, à part ça today je dois rendre la première partie de mon mémoire, soit di pages. Guess what ? J’ai pas commencé à rédiger quoi que ce soit. Par contre la note de demain sur les dentistes, aucun problème, elle est dans la boîte. Allez comprendre…

Oh, au fait. A 18h j’aurais besoin de votre avis concernant un véritable problème métaphysique.

021 – Don’t You Know Who I Think I Am ?

C’est pas facile d’être jeune parent avec un nom de famille à la con, tiraillé entre l’envie que son fils ne se fasse pas lapider dans la cours de récré et le devoir de succession. Me voilà, Matthias Jambon-Puillet (ouais, on a mis le nom de ma mère pour atténuer le drame). Histoire d’être fiché à vie je me lie d’amitié en primaire avec un certain L. DuPain. Résultat : « Hé Sandwich vous venez jouer au foot ? ». Mais ce revers n’était rien comparé à l’embarras provoqué par mon ambition scénaristique.

Même The Question flippe sa race !

Ne sachant assumer mon héritage nominal, j’optais comme quasiment tout le monde sur le net, et en particulier dans la BD, pour un pseudo. J’étais suffisamment mégalo pour choisir Peter Parker mais suffisamment sain d’esprit pour préférer le nom de son clone comme pseudo officiel (Ben comme l’oncle Ben, Reilly comme le nom de jeune fille de tant may, et ouais !). Ce que je ne savais pas, c’est que j’allais me retrouver complètement piégé. Parce que mine de rien avec les années, sur le net, quelques personnes connaissent un certain BenReilly. Mais personne ne connaît Matthias Jambon-Puillet. Je suis devenu une marque. Or, le problème c’est que BenReilly c’est copyrighté par Marvel, et donc non-apposable sur une couverture de BD ou de roman. Je pourrais opter pour « BR » ou alors « UBR » (ultimate ben reilly et accessoirement über en allemand/anglais). La vérité c’est qu’après 22 ans, mon nom de famille, j’ai appris à vivre avec. Et finalement je le trouve pas si mal.
D’ailleurs j’ai du mal à saisir le pourquoi de la passion du pseudo dans le milieu de la BD française. Aux Etats-Unis (à de rares exceptions) AUCUN auteur de BD ne signe sous pseudo. Au japon c’est moins systématique. En France, c’est du 50/50 (voire plus). Dans ces moments là j’aimerais être psy. Est-ce que c’est parce que les auteurs de BD sont tous des gosses ? Y a-t-il un complot éditorial ? Est-ce une manière de se démarquer. Je pose souvent la question, je n’obtiens jamais deux fois la même réponse. Je suis perturbé.

Tel Marty Mc Fly je dois changer mon destin !

Pour répondre à l’excellente question de Kim dans les commentaires d’il y a deux jours, je veux signer mes publication « Matthias Jambon-Puillet ». Sur le net, je reste prisonnier de mon pseudo. Me voilà schizophrène, incapable de sauter le pas et de me débarrasser de ce BenReilly qui me suit partout.

J’aimerais rester encore un peu dans le listing de mes pathologies mentales, aussi demain je raconterais comment j’ai failli coucher avec mon clone (oui dit comme ça c’est impressionnant, et oui j’alterne des articles écritures et des articles cul ces jours-ci).

BONUS STAGE !!!

Magie des pseudos, quand tu nous tiens.