J’ai pas mal de débats en ce moment avec plein de gens quand à l’image que je renvoie à travers mon blog. Les réactions sont diverses : « Bwah ah ah mais ce blog, c’est carrément trop toi ! », « En lisant entre les lignes j’ai l’impression qu’on te retrouve bien » ou encore « Bon courage à ceux qui croient te connaître en lisant ton blog ». Fuck ! Voilà qui ne m’aide absolument pas du tout. On a coutume de dire qu’il y a qui on est, qui on croit être et qui on aimerait être. A partir de là c’est forcément le bordel et je me pose la question de qui je mets en avant à travers mes textes tel un forcené depuis plus d’un an. Même si, j’ai quand même déjà une toute petite idée sur le sujet.

La magie du net, du texte seul face à son clavier, c’est qu’on peut raconter tout et n’importe quoi. Je peux être plus brave et hardcore que dans la vraie vie, m’inventer des réparties que j’aurais été incapable de pondre dans le feu de l’action. A l’inverse je peux aussi occulter quelques détails, des petits riens qui infléchissent tout doucement le sens que l’on peut donner à mes actes. J’invente rien là, je fais pas style je découvre la lune. Avoir ma seule version romancée en permanence, c’est forcément un coup à déformer le réel. Paradoxalement le fait que je me lâche plus pousse à se poser la question de si je ne suis pas plus moi-même sur le net. Bah ué, pas con là d’un coup, le net comme révélateur de vrai moi en plus du moi fantasmé.

Si je vous parle de ça, c’est parce que quand je rencontre des lecteurs, des personnes qui ne me connaissent principalement que par le blog, je me demande comment ils peuvent me voir. C’est aussi et toujours super weird de commencer à raconter une anecdote perso et se faire couper par un « ouais je sais, tu l’as dit sur ton blog ». Putain de traumatisme 2.0 dans ma face ! De quoi m’encourager à garder mes meilleures histoires pour la vraie vie. Sans parler de la famille ou des vieux amis qui viennent squatter jusqu’ici. Quand le blog vient se caler entre le fromage et le dessert durant les réunions de famille, ça fait un poil réfléchir à ce que je peux balancer. Peut être que finalement le blog est complémentaire de ma personnalité, insuffisant pour tout comprendre mais contenant pas mal de pièces du puzzle.

Hum, tant de psycho dans un seul post, ça fait rêver ! Faut que j’arrête de me prendre pour un type super profond. Heureusement que demain on parlera sport, enfin rollers je veux dire.