1113 – ReKindled

Si votre Kindle tombe mystérieusement en panne (shit happens), la seule solution est de contacter le service client Amazon aux Etats-Unis, par téléphone uniquement. Autant dire que si vous ne parlez pas un mot d’anglais, vous êtes mal barrés. Heureusement c’est une vraie américaine avec un accent compréhensible qui m’a répondu. Quand je lui ai raconté le décès prématuré de mon Kindle, elle m’a répondu qu’elle était « so sorry to hear that » avec tellement de professionnalisme que j’ai eu envie de la rassurer pour lui que c’était pas si grave, que ça allait aller. Dix minutes de hors forfait à l’autre bout du monde plus tard et on m’en renvoyait un. Trois jours d’UPS plus tard et je l’avais entre mes mains.

Entre temps, un nouveau modèle de Kindle est sorti.

Enfin, pas vraiment un nouveau modèle, plutôt une nouvelle offre. Le « Kindle with special offers » est physiquement le même que le troisième génération wifi que je possède. Il coûte simplement 25$ de moins. En échange de la réduction, l’usager verra apparaître sur l’écran de veille et le menu de l’appareil des publicités statiques ou des coupons de réduction. Si jamais vous avez un Kindle et que vous vous êtes toujours demandé pourquoi le logiciel interne vous empêche de mettre vos propres fonds d’écrans, maintenant vous savez. Du point de vue d’Amazon c’est très cohérent. Eux se contrefoutent royallement de vous vendre un Kindle. Tant que vous achetez leurs livres. Cette sponsorisation vers la publicité n’est qu’un premier pas vers un eReader « gratuit ». S’ils pouvaient ils vous le donneraient. Tant que vous achetez leurs livres.

La vraie question est de savoir qui est prêt à accepter des mois de pub pour économiser vingt euros.

Parce qu’à bien y réfléchir, publicité et littérature ne sont pas super potes. Les comics sont criblés de publicités, les DVD balancent des bandes annonces que l’on ne peut pas passer, mais les livres restent à peu près propres. Ce qui nous ramène au capital symbolique très fort de la littérature, à laquelle « on ne doit pas » toucher. Avoir son Kindle qui affiche une publicité au repos, c’est comme si toutes les couvertures de tous les livres que vous allez acheter étaient recouverts d’une jaquette publicitaire inamovible. La perspective d’avoir chaque soir une publicité sur sa table de chevet me fout un peu les jetons. Mais je vous dis ça, je suis un mec qui paie Spotify pour ne pas avoir de pub, donc clairement je ne suis pas la cible.

Les dents grincent vis-à-vis de ce nouveau Kindle sur les internets. Ca se comprend. Mais ils vont en vendre. Après tout, 25$ c’est presque trois ebooks…

Toute la question est de savoir combien ils vont en vendre, si ce qui me/nous choque à présent va s’intégrer, si le marketing va pouvoir du coup cibler les amateurs de littérature (quasi impossible à l’heure actuelle, sauf pour leur vendre des livres). Dans le pire des cas, s’ils en vendent des brouettes, ce sera ça de terrain gagné par la pub, mais aussi ça de terrain gagné par le livre numérique.

Win win ?

819 – Dear Quick,

J’ai beaucoup dit du mal de toi au fil du temps. Faut dire qu’on sait vraiment pas par où commencer ? La déco est quand même super kikoo lol, tout ce rose, cette disharmonie dans les couleurs, c’est la nausée oculaire. Tes équipiers ont l’air encore plus dépressifs que chez DoMac, à préparer les burgers mille ans à l’avance pour avoir le temps de s’ouvrir les veines. Burger qui sont donc froids, tout le temps, même en plein centre ville en heure de rush. Forcément en combo avec l’absence de sauce et un pain friable car assez sec pour éponger la fuite de BP, tes burgers, ils sont eux aussi en dépression. Ton giant, c’est petit joueur pour être le flagship de ta carte. Le seul qui se tient un peu, c’est le suprême cheese. Un jour, quelqu’un à fait un putch en cuisine et on a eu l’intense bacon, un des trois meilleurs burgers français de tous les temps (classement à revoir avec le temps). La rumeur à même courue qu’il passe permanent. Mais non. Le cuistot renégat a été exécuté, tête dans le four, et vous vous êtes dépêchés de ressortir les Bigoos.

Sans déconner, le concept même du Bigoo c’est du suicide ! Oh tiens, si on mettait deux goûts différents dans le même sandwich, histoire de multiplier par deux la potentialité que le client ne supporte pas un des deux goûts. Chez Quick, on aime vivre dangereusement, on fait des burgers AUDACIEUX ! D’ailleurs on est aussi AUDACIEUX dans nos campagnes marketings ! On va prendre des jeunes avec une « tête de jeune telle qu’on l’imagine au service marketing et qui fait peur aux vrais jeunes de la vraie vie » qui vont pleurer face caméra qu’ils ont fait avant de lancer la punchline la plus naze de tous les temps « Quick, tu peux faire quelque chose pour moi ? ». Bac philo, qu’est-ce que le courage. Réponse, les campagnes de pub de Quick. En vrai, la meilleure publicité TV de Quick de tous les temps, c’était celle où un mec se rappelait les meilleurs moments de sa vie, et entre deux filles y’avait… l’Intense Bacon. COINCIDENCE ?!!

En vrai Quick, je t’écris parce que pour la première fois depuis deux ans, tu m’as vendu du rêve la semaine dernière. En rentrant du cinéma avec mon meilleur ami, on est passé à Bellecour, à Lyon, dans le Quick rénové. Premier bon point la déco grise/argent au lieu du rose. J’ai demandé un Giant Max Country, parce que je teste TOUS tes putain de temporaires. Réalisé sur commande, le burger était encore fumant, parfaitement bien assemblé, le fromage qui déborde des quatre coins. Les steaks avaient un vrai goût de grillé, les oignons croquaient alors que le vrai pain achevait de rendre l’ensemble consistant. Dieu que c’était bon, dieu que le truc avait une taille décente. Tu sais quoi ? Ce Giant Max Country, je l’ai retesté dans des conditions normales (salade fatiguée, moitié chaud et mal foutu) deux jours plus tard. Je l’ai revalidé. Pour la première fois depuis deux ans, tu m’as vendu un burger au bon goût d’awesome. Et j’en ai redemandé.

Bien sûr, comme tu es Quick, tu as quand même fait une campagne de pub merdique avec Anelka et tu nous as sorti une version épicée pour faire genre y’en a deux c’est pas le même t’as vu. Le courage, l’audace, toutes ces conneries. Fuck it. Ton devoir, à toi, Quick, c’est de faire passer ce Giant Max Country en permanent. Comme le M, le 280 et le CBO sont permanent chez DoMac, parce qu’ils sont premium. Je te fais absolument confiance pour tout gâcher et faire disparaître ton bijou aussi vite qu’il est arrivé. Mais, dans le fond de mon moi-même intérieur, je me dis que tu peux faire preuve de bon sens de réelle audace pour la première fois de ta vie. Alors bordel de merde je t’interdis de faire partir de ta carte le Giant Max Country !

Ou alors pour remettre l’Intense Bacon à la place…

Bien cordialement,
Ton meilleur ennemi.

634 – No Return

Un truc m’a fait sourire y’a pas longtemps dans les commentaires. On me demandait pourquoi je ne parlais pas plus de musique, ou mieux, pourquoi je ne critiquais pas des zalbums, avec des sons dedans. Trop mignon, quelque part ça m’emplit d’espoir de m’apercevoir que tout le monde ne sait pas encore que j’ai vraiment des goûts de merde. J’aime la soupe commerciale, faire des efforts d’écoute de trucs mieux construits me file la migraine, tout ça datant de bientôt vingt ans et de mon premier redoublement en cours de solfège. Franchement, un jour je ferai un article sur les gens qui donnent des avis sur des domaines qu’ils n’ont pas les compétences pour analyser (si tu as des goûts et une culture de merde en ciné et que tu twittes systématiquement ce que tu penses de ta dernière séance, je parle de toi). Si je dis ça, c’est que musicalement je ferme ma gueule.

Je ne critique pas d’albums en public (par extension sur le blog), je limite au maximum mes avis sur les réseaux sociaux (sauf quand Blink 182 se reforme ou que Fall Out Boy se sépare mais c’est différent). Epargner au reste du monde son mauvais goût est affaire de décence en ce qui me concerne. Je considère qu’il est plus facile d’assumer mes travers artistiques en ayant conscience que c’est de la merde plutôt qu’en tentant que les légitimer à la face du monde. Les plus curieux ou masochistes de mes amis savent ce qui compose mes listes de lectures et mes derniers coup de cœur inavouables. Parce qu’en vrai, je bouffe de la musique à longueur de journée. Je ne peux pas bosser sans un fond sonore, même tarif pour les trajets en transport, les salles d’attente et compagnie. Et pendant des années j’ai absolument tout piraté (j’ai du acheter quoi, cinq CD en vingt trois ans). Jusqu’à il y a deux semaines, quand je me suis abonné à Spotify premium.

Pour moi c’était impossible de passer deux semaines à l’étranger sans profiter de mes playlists, pour rédiger mon blog, surfer ou juste me détendre après des heures de marches. Alors je suis passé à la caisse, principalement pour le mode voyage et le mode offline (lire mes morceaux préférés dans l’avion, hors connexion, magique). Le plus drôle c’est la perception du service entre moi et ma mère. Pour elle c’est dix euros par mois, pour ne rien posséder au final. De l’argent par les fenêtres, un gaspillage, une contrainte financière de plus pour pas grand-chose. Sauf qu’elle dépense chaque année pour elle ou les autres plus de 120 euros de disques. Le marketeux dans le dedans de moi ne peut s’empêcher d’être émoustillé par cette cible hostile à l’offre par logique générationnelle différente, un autre usage de l’outil informatique. En ce qui me concerne, j’ai atteint le point de non retour.

C’était une chose de pouvoir écouter mes playlist dans l’avion, en mode offline, libéré de toute publicité. Mais depuis deux jours je suis passé à la version mobile, à utiliser Spotify sur mon Nokia, jetant aux chiottes toute ma logique de piratage de MP3s. Car mine de rien, être du bon côté de la légalité, c’est pas déplaisant philosophiquement (attention j’aime les artistes mais je crache sur les majors). Et puis, soyons honnêtes, objectivement dix euros par mois pour tout ça, c’est rien (sauf comparé à mon précédent budget de zéro). A partir de là, à part à l’occasion d’une BO rare ou de morceaux chelous, je ne me vois pas retourner en arrière. Fuck.

Demain, bouquin !