539 – Top 3 Saturdays 42

Retour à la vie normale, celle où je mets la TV en fond sonore quand je me fais à bouffer tout seul tel le célibatant en studio que je suis. Pourquoi pas donc se fendre d’un petit Top 3 des pubs que je trouve vraiment bizarres en ce moment.

Three – Orange

Orange ils ont la classe quand même, à souvent produire des pépites visuelles, qui vous portent dans un monde magique. Prenez leur dernière campagne à base de polysémie, où on te donne plein d’exemples classieux avec des vrais morceaux d’émotion dedans des différents sens d’un même mot. Tout ça pour dire que ouais, Internet avec Orange c’est clairement pas pareil, c’est différent, c’est mieux. Seulement ce qui pourrait être valable pour une bagnole, un chewing gum, une console ou même une police d’assurance ne s’applique pas à Internet. Orange est un fournisseur d’accès, et qu’on soit chez eux ou ailleurs, on aura le même Internet, le même navigateur et (à priori) le même débit. Peut être que le service, l’équipement sont mieux, mais ce n’est pas Internet. La pub est belle, je vois ce que les créas ont tenté de faire, mais mon cerveau rationnel, obsédé par la sémio, ne peut s’empêcher de penser qu’il s’agit d’un gros ratage des familles.

Two – Evian/Renault

La première fois que j’ai vu la dernière pub Evian sur ma TV haute def’, mes yeux ont saigné. Déjà que les bébés qui font du roller, sur le papier c’est assez con comme idée, le minimum serait d’avoir le budget qui suit. Entre la modélisation approximative, l’animation glauque (déboitements articulaires inside) et le détourage/incrustation à la truelle des tronches des gosses, au secours ! Quelqu’un n’a pas eu le mémo disant que les bébés, c’est plus mignon, c’est devenu has been et flippant. Je ne compte plus mes amis qui ont hurlé à la mort à leur première vision du truc. Même tarif pour les pubs Renault vantant je sais pas trop quoi, on l’on associe des photos 4×3 de visages rieurs de mômes à des noms de bagnoles. J’ai beaucoup entendu les usagers RATP se questionner au détour d’un quai, rester dubitatif. Pareil. L’idée créative me dépasse et pourtant les affiches sont partout, à me hanter quotidiennement avec leur peau rose et potelée.

One – Carrefour

Carrefour à un gros déficit d’image depuis dix ans, qu’il tente de combler comme ils peuvent. Remember leur campagne d’affiche VIP légèrement risible. Il semblerait qu’ils n’aient pas changé d’agence pour leur nouveau spot. Créativement il faut chercher le suicide intellectuel pour pomper le concept de la campagne la plus laide, putassière, insultante, méprisante et indigente de ces dix dernières années, j’ai nommée la saga LCL. Avoir des « vrais gens » face caméra qui sont content parce qu’une voix off leur énumère l’offre commerciale de la marque, c’est à se jeter par la fenêtre. Au moins Carrefour tente l’image léchée, avec un vrai gros plan. Sauf que, double problème. La personne sourit lentement, au fur et à mesure du speech. Comme la voix off parle à vitesse normale, impossible de filmer un vrai sourire et de le ralentir sur 30 secondes pour l’avoir naturel, ça paraîtrait étrange. Alors l’acteur se crispe lentement, et là c’est tout aussi bizarre visuellement. Une idée créative dont la réalisation concrète se fait en mode perdant-perdant. En plus de faire peur des yeux, le choix musical fait peur des oreilles. Je sais pas vous, mais moi la BO de Brokeback Mountain, ça m’évoque l’homosexualité (oui, bah pardon hein, l’insconscient toussa). Je ne peux pas donc pas m’ôter du crâne que la nana sourit de plus en plus au fur et à mesure qu’elle découvre la sodomie (puisque je vous dis que je fais pas exprès !).
En me forçant à zapper à chacune de ses diffusions, la campagne Carrefour a bien mérité la première place du podium.

Un jour je ferai le contraire, le Top 3 des campagnes que je kiffe en ce moment. Peut-être même que celle d’orange serait dedans.
Demain, ciné !

467 – Little Nothings

Y’a des jours où ça veut vraiment pas. A commencer par mardi, mon retour sur Paris. Ou comment se retrouver face à une porte fermée. Car un digicode, typique des appartements parisiens, bah ça fonctionne pas quand il pleut… Etre enfermé dehors avec sa valise sous la pluie, c’est quelque chose qu’il faut vivre. Enfin, une fois rentré, le courant ne m’était pas d’une utilité renversante, vu que mon modem Numéricable refuse encore de se synchroniser. Va falloir que j’appelle le SAV, que je leur explique que non, je ne paierai pas leur pénalité à la con de la dernière fois, pour la simple et bonne raison que ça ne fonctionne toujours pas. Joie et félicité. Moi je dis, faudra pas s’étonner si un jour on retrouve un vendeur Numéricable égorgé dans un ravin, le sphincter élargi par un modem. Comme je suis poète, je préfère vous épargner un montage douteux et introduire le prochain paragraphe par une photo.

Non, je ne vais pas vous parler de JC Decaux et d’à quel point ce sont des chacaux d’avoir augmenté les tarifs des Velo’v à Lyon. Je vais plutôt être soulagé de ne pas faire un mémoire sur la publicité du livre. Si tel était le cas, je ne serai pas en train de vous expliquer par A+B à quel point cette pub est un échec, vu que je me serais ouvert les veines. Par exemple je suis hyper content de savoir que je peux acheter un livre dans une librairie, information cruciale qui aide le passage à l’achat. J’aimerais bien voir ce niveau de création étendu au reste des publicités. Genre t’aurais un BN, en gros plan, géant, avec juste marqué « En supermarché ». Niveau argumentaire, c’est profond. Sachant que la couverture ne donne que peu (euphémisme de aucun) d’indications quant au contenu du dit bouquin. Nous voilà revenus à la publicité d’il y a 200 ans, à base de “mon produit existe”. Si vous connaissez déjà L’élégance du hérisson, la seule information contenue sur 2m² est “Il est sorti moins cher”. Si vous ne le connaissez pas, cette affiche ne vous donne aucune raison de vous y intéresser, aucune piste ni accroche. Quitte à sortir un poche, autant réutiliser en guise de couv’ l’affiche du film, qui elle au moins fait son boulot. On y apprend que ça va parler d’une vieille moche et d’une gamine, sur fond d’intellectualisme littéraire.

Mais vous comprenez les livres c’est sacré, surtout ceux qui ont des prétentions artistiques. Plutôt crever que de capitaliser sur l’affiche du film, pondre une accroche, extraire une citation ou de se prostituer sur un abribus. Faire de la pub tout en refusant de faire de la pub, l’impuissance communicationnelle et le ridicule public dans toute leur splendeur.

Allez, j’arrête de tirer sur l’ambulance. De toute façon j’ai autre chose à foutre de mes cartouches de chevrotine. Par exemple je pourrais plomber mon frangin, qui croit que c’est la fête du slip en débarquant une ou deux fois par jour à l’appart’. Parce que l hôtel, c’est cher. A l’heure où je mets cette note en ligne, il dort comme un bâtard dans mon lit derrière moi, pendant que j’hésite a me payer une nuit blanche et faire la sieste quand il se sera tiré. Finalement, Paris, c’est encore plus l’épreuve que d’habitude. Sûrement que m’être fait chouchouter pendant deux semaines, avec une vraie machine a laver, une maman qui prépare des légumes et une connexion qui heu… bah connecte, ça a du m’habituer auconfort. Heureusement je peux dire au revoir aux gens, même si ça me fend un peu le cœur, d’attendre plein de semaines pour les revoir.

Retour bitterweet à la capitale donc. Peut être qu’elle ne me manquera pas tant que ça une fois sur Lyon pour le reste de l’été.
Demain, il sera question des monstres féminins qui se terrent dans les entrailles de nos vieux disques durs.

443 – You Cheap Little Whore

Hier, c’était mon premier et unique pour encore un moment billet sponso. Si j’ai accepté, c’est moins pour la thune que pour aller me faire The Hangover en avant première. Sans parler du fait que c’était au siège de la Warner, dans une petite salle privée de cinquante sièges cuir tendance la vie c’est cool quand on a du pognon. Mention spéciale à la statue grandeur nature de Batman dans le hall. Batman ! Le film était très classieux et j’estime avoir accompli une bonne action en vous en parlant, ce que j’aurais de toute façon fait, payé ou pas. Mais après coup il a fallu que j’écrive un article suivant plein de règles plus ou moins alambiquées et le faire valider avant publication. Et mine de rien, ça m’a un peu hérissé les poils du dos. Parce que de mon point de vue, un blog ça doit surtout servir à raconter ce qu’on veut.

Faut dire que j’ai l’habitude du publi-rédactionnel, ces pubs qui se déguisent en article. J’en ai déjà rédigé un tas, mais il s’agissait de boulots de commande, de publications extérieures à ma petite personne. L’avantage d’un blog c’est d’être son propre rédacteur en chef, de pouvoir vous parler d’une jolie fille extirpée de mon passé tout comme faire la promotion du dernier bouquin que j’ai adoré. A ce propos par exemple, vu mes modestes mais correctes stats, je pourrais gratter des exemplaires gratuits de la part des éditeurs, mais dans la plupart des cas je préfère faire mon client lambda, réduire au maximum les intermédiaires et l’inféodation. Certains camarades s’étaient parfois retrouvés avec des mails d’insultes de la part de Relation Presse dans leur boîte après une critique au vitriol. Je suis critique indépendant dans mon coin, sûrement que je ne verrais pas les mêmes choses si j’étais simplement employé d’une structure.

Tout ça pour dire, que les articles sponso, c’est pas tellement ma came. Il y a eu cette fois, où j’étais en terrasse avec une demi-douzaine de blogueurs et autres marketeux du blog. J’ai balancé que je trouvais les billets sponsorisés quand même très sale. Ou comment être à deux doigts de se faire étriper par l’assemblée. Sur le coup précis d’hier, j’ai préféré réécrire le synopsis avec mon style et feinter pour limiter au max l’envahissement (« Ah nan la bannière en flash, s’pas possible, wordpress.com le supporte pas »). Mais j’ai accompli ma part du deal, tout ça sur l’autel de ma cinéphilie. Normalement je devrais recevoir un peu de pognon. Par chance, je ne suis pas à la rue en ce moment, du coup je n’exclue pas fortement que cette somme soit investie en goodies de concours ou autres trucs très fun pour mes lecteurs. Parce que l’article sponso, si c’est moi qui l’écrit, c’est vous qui le lisez. Mode démago ON : pourquoi je serais le seul à toucher ?

A ce stade vous devez avoir compris mon ambivalence. J’adore toucher et tester des trucs nouveaux, participer à des évènements intéressants et stimulants. Mais à partir du moment où il y a de thune et des consignes rédactionnelles en jeu, ça me met toujours mal à l’aise. Si j’ai refusé des dizaines de propositions pour en n’accepter qu’une au bout de plusieurs mois, ce n’est pas pour rien. Par contre si Nokia veut m’offrir un N97, on peut en parler. Nokia appelle moi !!!
Demain on causera d’une demeurée de mon école et de la connerie cosmique qu’elle a faite.