Hier, c’était mon premier et unique pour encore un moment billet sponso. Si j’ai accepté, c’est moins pour la thune que pour aller me faire The Hangover en avant première. Sans parler du fait que c’était au siège de la Warner, dans une petite salle privée de cinquante sièges cuir tendance la vie c’est cool quand on a du pognon. Mention spéciale à la statue grandeur nature de Batman dans le hall. Batman ! Le film était très classieux et j’estime avoir accompli une bonne action en vous en parlant, ce que j’aurais de toute façon fait, payé ou pas. Mais après coup il a fallu que j’écrive un article suivant plein de règles plus ou moins alambiquées et le faire valider avant publication. Et mine de rien, ça m’a un peu hérissé les poils du dos. Parce que de mon point de vue, un blog ça doit surtout servir à raconter ce qu’on veut.

Faut dire que j’ai l’habitude du publi-rédactionnel, ces pubs qui se déguisent en article. J’en ai déjà rédigé un tas, mais il s’agissait de boulots de commande, de publications extérieures à ma petite personne. L’avantage d’un blog c’est d’être son propre rédacteur en chef, de pouvoir vous parler d’une jolie fille extirpée de mon passé tout comme faire la promotion du dernier bouquin que j’ai adoré. A ce propos par exemple, vu mes modestes mais correctes stats, je pourrais gratter des exemplaires gratuits de la part des éditeurs, mais dans la plupart des cas je préfère faire mon client lambda, réduire au maximum les intermédiaires et l’inféodation. Certains camarades s’étaient parfois retrouvés avec des mails d’insultes de la part de Relation Presse dans leur boîte après une critique au vitriol. Je suis critique indépendant dans mon coin, sûrement que je ne verrais pas les mêmes choses si j’étais simplement employé d’une structure.

Tout ça pour dire, que les articles sponso, c’est pas tellement ma came. Il y a eu cette fois, où j’étais en terrasse avec une demi-douzaine de blogueurs et autres marketeux du blog. J’ai balancé que je trouvais les billets sponsorisés quand même très sale. Ou comment être à deux doigts de se faire étriper par l’assemblée. Sur le coup précis d’hier, j’ai préféré réécrire le synopsis avec mon style et feinter pour limiter au max l’envahissement (« Ah nan la bannière en flash, s’pas possible, wordpress.com le supporte pas »). Mais j’ai accompli ma part du deal, tout ça sur l’autel de ma cinéphilie. Normalement je devrais recevoir un peu de pognon. Par chance, je ne suis pas à la rue en ce moment, du coup je n’exclue pas fortement que cette somme soit investie en goodies de concours ou autres trucs très fun pour mes lecteurs. Parce que l’article sponso, si c’est moi qui l’écrit, c’est vous qui le lisez. Mode démago ON : pourquoi je serais le seul à toucher ?

A ce stade vous devez avoir compris mon ambivalence. J’adore toucher et tester des trucs nouveaux, participer à des évènements intéressants et stimulants. Mais à partir du moment où il y a de thune et des consignes rédactionnelles en jeu, ça me met toujours mal à l’aise. Si j’ai refusé des dizaines de propositions pour en n’accepter qu’une au bout de plusieurs mois, ce n’est pas pour rien. Par contre si Nokia veut m’offrir un N97, on peut en parler. Nokia appelle moi !!!
Demain on causera d’une demeurée de mon école et de la connerie cosmique qu’elle a faite.





