1028 – Pierre 1 / Door 0

Pierre a un sac magique. Il a du le voler à un toon parce qu’il peut ranger absolument tout ce qu’il veut dedans : une demi porte, un marteau, des mètres, une licorne ou du C4. Et mine de rien c’est pratique lorsqu’il s’agit de forcer la porte de l’appartement de ma meilleure amie qui s’est enfermée dehors (okay, j’ai un peu aidé). Je m’étais toujours demandé si c’était vraiment possible d’ouvrir une porte avec une radiographie ou une carte bleue. Ca l’est. Comment ça pouvait fonctionner aussi. Tout connement. Après un bon quart d’heure à plier des bouts de plastique dans tous les sens, c’est finalement ma carte de fidélité Game qui sera venue à bout de la serrure. Ou comment économiser assez de thunes pour justifier un Quick offert par la maison.

Sur le chemin menant à Bastille, j’ai réalisé que j’avais des passe-temps assez nuls dans la vie de tous les jours. Je veux dire, tu peux pas sauver une demoiselle en détresser en lui racontant une histoire super structurée avec un beau style. Enfin c’est cool, mais pas autant que forcer une porte. Autre exemple, à l’heure où je rédige ces lignes mon écriture est rythmée par le goutte à goutte qui tombe de la valve d’arrivée d’eau de ma salle de bain. Celle que je suis trop petit, même monté sur une chaise, pour aller resserrer. Pathétique un peu. Je vais devoir appeler mon proprio ou renouer avec un ami grand et l’inviter à boire un Nespresso pour l’attirer jusque chez moi. Sinon je peux faire une liste chronologie de l’intégralité des costumes alternatifs de Spider-Man.

Au moins je suis pas trop mauvais pour parler avec les gens. En tout cas le diner improvisé au Quick avec ma meilleure amie et le Mc Gyver héro du soir était cool. Entre ragots de bas étages et questions plus vastes sur le sens de la vie et comme les parents c’est relous, ça valait le coup. Le Giant Max Country aussi valait le coup. Souvenez-vous, je suppliais Quick de le ramener. A ce rythme je vais finir par croire qu’ils me lisent et m’aiment d’amour. Anyway, peut-être que si je suis pas capable d’ouvrir des portes avec une carte bleue (je peux toujours m’entrainer), j’ai le super pouvoir d’être assez sympa pour avoir des potes qui savent le faire. Ca compte non ? Au moins un peu.

C’était une fin de weekend improvisée pas déplaisante, entre l’hébergement de ma meilleure amie, l’arrivée providentielle du Lieutenant Gadget et les Giant Max dans un Quick quasiment vide. Si j’avais su ouvrir une porte par moi-même, je serais sûrement passé à côté de tout ça.

Comme quoi, l’ignorance à ses petits bonheurs.

819 – Dear Quick,

J’ai beaucoup dit du mal de toi au fil du temps. Faut dire qu’on sait vraiment pas par où commencer ? La déco est quand même super kikoo lol, tout ce rose, cette disharmonie dans les couleurs, c’est la nausée oculaire. Tes équipiers ont l’air encore plus dépressifs que chez DoMac, à préparer les burgers mille ans à l’avance pour avoir le temps de s’ouvrir les veines. Burger qui sont donc froids, tout le temps, même en plein centre ville en heure de rush. Forcément en combo avec l’absence de sauce et un pain friable car assez sec pour éponger la fuite de BP, tes burgers, ils sont eux aussi en dépression. Ton giant, c’est petit joueur pour être le flagship de ta carte. Le seul qui se tient un peu, c’est le suprême cheese. Un jour, quelqu’un à fait un putch en cuisine et on a eu l’intense bacon, un des trois meilleurs burgers français de tous les temps (classement à revoir avec le temps). La rumeur à même courue qu’il passe permanent. Mais non. Le cuistot renégat a été exécuté, tête dans le four, et vous vous êtes dépêchés de ressortir les Bigoos.

Sans déconner, le concept même du Bigoo c’est du suicide ! Oh tiens, si on mettait deux goûts différents dans le même sandwich, histoire de multiplier par deux la potentialité que le client ne supporte pas un des deux goûts. Chez Quick, on aime vivre dangereusement, on fait des burgers AUDACIEUX ! D’ailleurs on est aussi AUDACIEUX dans nos campagnes marketings ! On va prendre des jeunes avec une « tête de jeune telle qu’on l’imagine au service marketing et qui fait peur aux vrais jeunes de la vraie vie » qui vont pleurer face caméra qu’ils ont fait avant de lancer la punchline la plus naze de tous les temps « Quick, tu peux faire quelque chose pour moi ? ». Bac philo, qu’est-ce que le courage. Réponse, les campagnes de pub de Quick. En vrai, la meilleure publicité TV de Quick de tous les temps, c’était celle où un mec se rappelait les meilleurs moments de sa vie, et entre deux filles y’avait… l’Intense Bacon. COINCIDENCE ?!!

En vrai Quick, je t’écris parce que pour la première fois depuis deux ans, tu m’as vendu du rêve la semaine dernière. En rentrant du cinéma avec mon meilleur ami, on est passé à Bellecour, à Lyon, dans le Quick rénové. Premier bon point la déco grise/argent au lieu du rose. J’ai demandé un Giant Max Country, parce que je teste TOUS tes putain de temporaires. Réalisé sur commande, le burger était encore fumant, parfaitement bien assemblé, le fromage qui déborde des quatre coins. Les steaks avaient un vrai goût de grillé, les oignons croquaient alors que le vrai pain achevait de rendre l’ensemble consistant. Dieu que c’était bon, dieu que le truc avait une taille décente. Tu sais quoi ? Ce Giant Max Country, je l’ai retesté dans des conditions normales (salade fatiguée, moitié chaud et mal foutu) deux jours plus tard. Je l’ai revalidé. Pour la première fois depuis deux ans, tu m’as vendu un burger au bon goût d’awesome. Et j’en ai redemandé.

Bien sûr, comme tu es Quick, tu as quand même fait une campagne de pub merdique avec Anelka et tu nous as sorti une version épicée pour faire genre y’en a deux c’est pas le même t’as vu. Le courage, l’audace, toutes ces conneries. Fuck it. Ton devoir, à toi, Quick, c’est de faire passer ce Giant Max Country en permanent. Comme le M, le 280 et le CBO sont permanent chez DoMac, parce qu’ils sont premium. Je te fais absolument confiance pour tout gâcher et faire disparaître ton bijou aussi vite qu’il est arrivé. Mais, dans le fond de mon moi-même intérieur, je me dis que tu peux faire preuve de bon sens de réelle audace pour la première fois de ta vie. Alors bordel de merde je t’interdis de faire partir de ta carte le Giant Max Country !

Ou alors pour remettre l’Intense Bacon à la place…

Bien cordialement,
Ton meilleur ennemi.

771 – Clerks III

Le premier mois de fac à Lyon, j’ai emmerdé une pauvre étudiante qui n’en demandait pas tant en étant un peu (beaucoup) narquois. Ce fut le début d’une guerre de tranchées entre ma personne et elle, dont j’ignorais assez le prénom pour l’affubler du sobriquet de « La Blonde ». On s’est tiré dans les pattes en amphi toute l’année et je pense qu’elle m’a sincèrement détesté à un moment. Une fois l’été venu, l’estomac fort dépourvu, je me suis rendu au MacDo pour un refill. Elle était là. De l’autre côté du comptoir, cheveux attachés, à prendre les commandes en bon petit soldat du capitalisme. J’ai vu son visage se décomposer, genre hamster prix dans les phares d’un semi remorque. Au lieu de me foutre d’elle j’ai essayé d’être sympa, pour changer, parce que je sais reconnaître un job chiant quand j’en vois un. On a un peu parlé et je suis repassé deux trois fois. Depuis, La Blonde a un prénom (sauf dans mon répertoire téléphonique), une adresse et on est potes.

Si je vous raconte ça, c’est la faute au grand running gag de ma vie parisienne : les caissières. Si vous suivez mon twitter ou ce blog, vous savez que j’entretiens une relation super étrange avec cette population particulière. Souvenez vous de mon top 3 des jobs de merde que j’ai pu faire dans ma vie, des tafs assez la lose pour que je respecte ceux qui souffrent dans des boulots à la con. Techniquement, une caissière, ça s’ennuie prodigieusement toute la journée, à s’écraser les fesses dans un maigre fauteuil pendant que défilent des connards (dans leur immense majorité). Alors un sourire ou une petite vanne et tout de suite c’est les étoiles dans les yeux, la peau qui reprend des couleurs et l’assurance de passer pour un type humain. Accessoirement ça permet aussi d’avoir parfois une petite frite gratuite en rab’ au Quick dans un clin d’œil (true story). Des anecdotes comme ça avec des équipières macdo, des vendeuses de fringue et compagnie, j’en ai des tonnes.

Jusqu’ici j’étais plutôt discret. Ce n’était pas un running gag comme maintenant. Tout ça c’est la faute du Shopi en face, de sa bonne (gentillette et jolie) et sa brute (dépressive et ironique). D’ailleurs à ce propos je crois que j’ai un peu trop poussé mon Mojo, puisque la petite dernière ne manque jamais de me faire un coucou depuis sa caisse quand je passe dans la rue sur le trottoir d’en face ou à me taper la discute lorsque j’achète ma bouteille de Pepsi Max. J’ai donc appris des tonnes de trucs sur sa vie (“Nan mais je vais pas faire ça toute ma vie, l’année prochaine je reprends mes études !”) et j’ai peur le soir quand elle boit des verres avec ses potes sous ma putain de porte. Du coup déjà j’ai tendance à éviter la superette, ne serait-ce que parce que je n’ai pas toujours envie de parler. Par opposition a elle du coup, qui ne demande que ça, rapport a son job étouffant. Oh yeah le fonctionnement de vieux couple alors qu’on a pas encore été jeune. Mais bon, si jamais il se passait un truc ça serait encore pire, d’habiter en face du job de la meuf qui vous en veut.

Avantage potentiel de coucher avec une caissière, jamais être en rade de bouffe/boire.

Ceci est donc à la fois un conte et un avertissement. Respectez les petits employés parce qu’ils le méritent, parce que c’est la bonne chose à faire. Mais ne flirtez pas avec les caissières en bas de chez vous ! Jamais ! On sait jamais vous risquez de les retrouver en état d’ébriété sur la voie publique à 23h quand vous tentez de renter jouer à la XBox.