1111 – +1

Bon.

Après la note 1000, je m’étais juré de ne plus poster tous les jours.

Perdu.

Malgré le nouveau job, les cours de jap, la perspective du mémoire et tous les autres trucs que je DOIS faire, j’ai tenu. Principalement parce que j’ai un problème vis-à-vis de l’auto-discipline : je n’arrive pas à en sortir. Ce quand bien même je suis épuisé et j’aurais besoin de lever le pied. Sauf que mes vieux manuscrits ne sont pas tous partis, l’écriture du suivant avance au ralenti, des jeux vidéo encore sous blister s’entassent sur mon meuble TV, je n’ai toujours pas de sujet de mémoire et je dors six heures par nuit en moyenne. C’est un problème.

A l’origine j’ai démarré ce blog (il y a presque pile trois ans tiens) parce que j’avais trop de temps libre. Là tout de suite je dois le ralentir parce que je n’ai plus assez de temps libre.

Demain, il n’y aura rien. Mercredi, un bouquin, mais demain, rien. Et je vais tenter de continuer comme ça, c’est à dire sans horde de notes en avance, sans le besoin de poster encore et encore, malgré tout le positif que cela m’apporte. Ne passez plus tous les jours, abonnez-vous au RSS, souhaitez-moi bonne chance.

On se revoit mercredi.

818 – Book Review 137

Je suis un mouton. Enfin non, je suis un mec plein de personnalité qui s’est retrouvé face à une absence totale d’idées pour commander ma dernière cargaison de bouquins. Du coup j’ai érré dans les Amazons du monde entier. Partout je tombais sur ce bouquin : Les Imperfectionnistes. Meilleur roman d’avril 2010 d’après Amazon.com (qui s’est pour l’occasion fendu d’un podcast avec l’auteur sur la page produit), une tuerie, plus de cent commentaires en un mois pour une moyenne de 4/5. C’était court, et même si ça sentait le recueil de nouvelles j’aime bien faire partie du troupeau. Histoire d’avoir un avis au cas où on me le demande. Puis le roman est déjà vendu dans dix pays alors qu’il sort à peine. Beau tour de force pour son auteur, Tom Rachman, à peine trentenaire et des cacahuètes. The Imperfectionists est son premier livre.

Couverture US

Les imperfectionistes sont la galerie de personnages qui peuplent la rédaction et l’entourage d’un quotidien international en langue anglaise basé à Rome. Le livre est composé d’une dizaine de nouvelles qui adoptent chacune le point de vue d’un unique protagoniste : le correspondant parisien qui pour la première fois invente un article, la rédactrice en chef névrosée qui découvre la liaison de son mari, la lectrice psychorigide qui tient à lire chaque nouvelle édition de A à Z quitte à avoir des années de retard sur l’actualité etc… Il est à la fois question de l’état de la presse dans le monde, du devenir du quotidien mais aussi des petits tracas de l’existence puisqu’on y parle sexe, mortalité, adultère, névroses ou par exemple encore solitude. Entre chaque nouvelle quelques pages racontent l’histoire du journal, de sa création jusqu’au présent. Le tout s’acheminant vers une conclusion relativement logique qui lie le tout.

Couverture UK (ma mienne à mouah)

Ce qui me vient à l’esprit ce soir où je viens de boucler in extremis le roman pour vous en parler, c’est l’impression d’avoir lu un truc super populaire, mais écrit avec intelligence. Le style est propre et soigné, sans fioritures, et le livre parle de banalités de la vie. Un peu comme du Gavalda, sauf que ça ne serait pas nivelé vers le bas. Les sentiments sont justes et par ci par là Rachman s’amuse à disserter en sous texte sur le métier de journaliste ou bien resitue des détails de l’histoire de la seconde moitié du siècle. Le bonhomme étant, forcément, journaliste et correspondant à l’étranger dans la vraie vie. On sent la véracité des anecdotes et une passion pour le métier au travers de chaque nouvelles. A ce propos, les personnages se croisent tellement d’une nouvelle à l’autre et l’ensemble étant lié par le fil rouge de l’histoire du journal, il est presque plus logique de parler de roman. Un roman chorale quoi.

Couverture Australienne

The Imperfectionists est comme un film français chiant avec plein de personnages, mais sur papier, qui se passerait dans un quotidien à rome au lieu d’une cuisine parisienne, et en intéressant. Tout ça pour dire que ouais, c’était vraiment bien. Bonne surprise. Le troupeau avait raison. Je lui colle (pour cette fois) le « Le Reilly’s Seal Of Trop La Classe ».

Demain, une lettre ouverte.

725 – Quality Check

Je me souviens le premier mois où j’ai commencé à bloguer. J’étais encore chez Ubisoft, good times. Un weekend je me retrouve à squatter le Citadium (magasin de fringues pour branleurs parisiens) avec un pote de fac. Le mec me dit que clairement, là, en troisième semaine de blogging, je m’essouffle. J’aurais passé une bonne partie des deux heures qui ont suivies à tenter de lui tirer les vers du nez. Comment ça j’étais moins bon ? Je racontais de la merde ? Que faire pour améliorer le bousin ? J’avais besoin de savoir ! Et je pense que lui s’est mordu la langue d’avoir osé émettre un début de critique, vu que je m’étais changé en relou-garou. Avec le temps j’ai un peu progressé question encaissement de critiques (« un peu » étant à comprendre dans le sens « presque pas ») et les avis en creux continuent à me sauter au visage de temps en temps.

Ca peut prendre la forme d’une copine à qui j’envoie les notes à venir qui me dit qu’en ce moment je suis un peu chiant, enfin que c’est moins bien que d’habitude. Ou alors un total inconnu qui bitche que je dis tellement de la merde qu’il préfère encore arrêter de passer. En combo avec ceux qui partent du principe que je dois être brillant, secouer un peu le lectorat, et qui quand je suis moins inspiré ou juste sympa sont forcément déçus. C’est ça qui est bien avec l’interweb, c’est que y’a a peu près n’importe qui dessus. Et j’ai bien vu que j’avais une forme de lectorat rotatif, avec des gens qui commentent pendant plusieurs mois avant de simplement disparaître, ou des amis de la vraie vie qui ne le lisent plus. On peut appeler ça une forme de turnover du lectorat. Pour autant je ne me prends plus la tronche.

J’ai toujours dit que pondre une note par jour permettait ponctuellement d’écrire de la merde. Parce que le billet peu inspiré ou à la logique vacillante sera remplacé quelques heures plus tard par un autre, tout neuf. Et dans un autre ordre d’idée je préfère balancer un truc moyen que rien du tout. Ne serait-ce que parce que céder une fois, c’est commencer à céder tout court et que quelques mois plus tard je serai redevenu 1.0, a espérer devenir un grand publicitaire dénué de toute autre ambition artistique (si si). Puis, plus simplement, il est fort probable que je change avec le temps, avec mes humeurs. Je sais pertinemment que je finirai vieux con has been. J’en discutais d’ailleurs la semaine avec un vieux con bien conscient d’être has been, sur ce côté inéluctable de la lose. L’important c’est de s’y préparer, et de continuer à écrire en attendant.

De toute façon même quand je raconte n’importe quoi parfois ça déclenche les passions. Après le clavier neuf, le sèche-cheveux et les cartes de magiciens je me demande quelle va être ma prochaine surprise niveau réactions enthousiastes. Ou alors je prends pas de risques et je redis que Tim Burton fait de la merde. Mais c’est trop facile.