519 – Cine Club 66

L’été s’achève et pendant que la France attend péniblement les retardataires par rapport au planning US (District 9/Funny People), il est temps de compter les pertes. En avril sortait Observe And Report, une comédie interdite aux moins de 18 ans (Ciné Club 66 oblige…). Aux commandes, Jody Hill, jeune cinéaste qui s’est fait connaître avec un autre film qui n’aura pas débarqué chez nous. Fondamentalement, j’aime bien Seth Rogen, qui est un type cool avec un rire communicatif. J’aime bien Anna Faris, parce que sa carrière a survécu à Scary Movie et qu’elle a squatté dans Entourage et dans Lost In Translation. Le fait que le film soit vendu comme hardcore m’avait bien boosté, tout comme les moults critiques positives, m’annonçant une comédie grinçante différente de ce que l’on bouffe depuis quelques années. Une sortie en Blu-Ray Zone 1 plus tard, et nous voilà prêt pour un ciné club.

Ronnie est le gardien en chef du centre commercial d’un bled un peu paumé. Son job, c’est sa vie, sa mission. Aussi quand un pervers se met à traumatiser les clients en exhibant son flasque pénis, Ronnie décide de l’arrêter. L’affaire devient personnelle lorsque la dernière victime de l’exhibitionniste se trouve être Brandi, la vendeuse du magasin de maquillage. Persuadé qu’il tient là sa chance de briller et conquérir la fille de ses rêves, Ronnie passe à la vitesse supérieure et embarquer ses collègues dans son délire mégalomaniaque. Le détective Harrisson de la police tente lui aussi de boucler l’affaire et la condition mentale de Ronnie ne lui à pas échappé. Pour lui, neutraliser le gardien du centre commercial avant qu’il ne disjoncte complètement est tout aussi important que de démasquer le pervers. Forcément, tout ce beau monde court droit à la collision catastrophique.

Surprise, Seth Rogen ne joue pas Seth Rogen. Enfin, disons que l’on tient là un vrai rôle de composition, éloigné du type sympa un peu camé que l’on a l’habitude de voir. Ronnie est un désaxé, quelqu’un qui menace a tout moment de devenir dangeureux. Rogen parvient pour la première fois à vraiment nous filer la trouille. Anna Farris quant à elle joue encore un rôle de pouffiasse, mais ça lui va si bien. On se demande ce que Ray Liotta fout ici mais ça nous fait quand même plaisir. Observe And Report est certes une comédie, mais du genre qui vous file un peu honte quand vous vous marrez. Le film est dérangeant, bien hardcore comme il faut et flirte sans cesse avec l’horreur de la folie humaine. Ce n’est ni léger ni sympa, il s’agit d’une forme d’humour propre à Jody Hill, le réalisateur. Clairement tout le monde ne sera pas sensible à une expérience ciné de ce type. Mais putain quelle bouffée d’air frais !

Il est des films tellement à part que l’on comprend qu’aucun distributeur ne se risque à tenter de marketer un truc pareil chez nous. C’est pourtant son côté unique qui fait d’Observe And Report quelque chose qui mérite d’être vu.

Demain on parlera de toutes mes mamans.

TRAILER RATED-R STAGE !!!

378 – Hollywoodland

L’autre jour je vous parlais de Watchmen, et je vous disais pourquoi c’était important d’aller le voir, qu’il soit bien ou pas. Guess what ? J’avais raison. Explication. Watchmen est produit et distribué par la Warner, qui sort fin mai Terminator Salvation (qui devrait à priori être très bon). Le film a été filmé avec une classification R, violence hardcore, images perturbantes et sexe. On a beaucoup entendu parler d’une scène où Moon Bloodgood se retrouvait seins nus à hurler sous la pluie (ou un truc du style). Pas de bol, ça ne passera pas au cinéma, le film a été rétrogradé d’une catégorie en PG-13. Adieu le sexe et les seins. Tout ça parce que Watchmen, classé R, s’est planté au box office, et que les éxés de la Warner en ont déduit que c’était plus la bonne époque pour sortir des films hardcores qui rapportent. Oui, c’est con Hollywood.

Sinon en début de semaine, la Paramount organisait une projection de Star Trek II : Wrath Of Khan (considéré comme le meilleur) pour un public de geeks surexcités au Texas. Tout ça pour fêter la sortie du nouveau Star Trek. Au bout de 10min de film la bobine crame, les lumières se rallument. L’acteur qui jouais Spock débarque, la salle est en délire. Le mec explique que la bobine est morte, et que du coup ils allaient mettre le nouveau film à la place. Larmes de joie. Pendant ce temps là, la presse attendait encore la première officielle. Le lendemain tous les sites de geek postent des critiques dithyrambiques, l’info de la projection surprise remonte jusqu’au New-York Times, et la hype du film vient de monter d’un gros cran. Si jamais vous vous demandiez à quel point un bon marketing, ça peut faire bander, maintenant vous savez.

Plus près de chez nous, je voulais aller voir Monstres Contre Aliens. Principalement parce qu’il n’y a pas d’animaux qui parlent. Oh ouais et parce qu’il y a des monstres et des aliens. En plus le premier film d’animation réellement pensé pour la 3D. Y’a bon le kiff. Et là c’est le drame, pas de projection 3D sur Paris dans le réseau carte Illimitée. La faute au distributeur qui refuse de partager les coûts supplémentaires de gestion des lunettes. Soit les cinés niquent leur marge, soit ils demandent un prix exorbitant, toujours classe en temps de crise. Ou comment tirer une balle dans le pied de la technologie qui pourrait faire se bouger le cul aux jeunes piratins. De toute façon il n’y a aucune séance en 3D et VO (faudrait voir si ça pose des problèmes de sous-titrage). Or se manger Louise Bourgoin et Julien Doré (comme de par hasard) au doublage, alors qu’en VO t’as Jack Bauer et Dr House… Exception culturelle fail.

Ceci expliquant que j’attende de pirater le Blu-Ray VO pour voir le film. Je peux pas cautionner une sortie merdique en payant ma place pour engraisser le connard de distributeur. Je sais pas pourquoi mais je sens que je vais devoir prendre l’Eurostar pour aller voir Avatar en IMAX 3D VO pour Noel moi…