Le premier jour des soldes, j’ai achetés deux pantalons, dont un jean. Et tout le monde s’en contrefout. En même temps, je vous comprends. Ca n’a aucun intérêt. Que j’aie flashé sur un modèle à Rivoli et du faire trois boutiques en un temps record pour trouver ma taille est une péripétie qui n’excite que moi. Tout comme le fait amusant que le jean soit soldé de 10% supplémentaires entre le centre ville et les Champs Elysées. True story. Alors j’ai appelé mon ex, apôtre du bon goût pour arguer que mon jean me faisait un cul d’enfer et que c’était cool. Ouais, c’est un Quiksilver, ais-je avoué, sachant pertinemment qu’elle allait me répudier comme si j’avais violé analement une colonie de koalas. A ses yeux, c’est sale. Peu importe le design des coutures, la double poche ou tous ces trucs qui font que j’en suis tombé amoureux (du jean, pas d’elle), je ne mérite que son mépris craché à mon visage.

En fait, le fond du problème, c’est que pour moi, un jean, c’est pas rien. C’est un investissement, c’est quelque chose que je vais garder et porter sur plusieurs années. Surtout, ça me coûte une blinde. Tellement que j’en achète jamais. La dernière fois c’était en décembre à New York, où j’ai topé un Levi’s à 60$, non sans avoir hésité plusieurs dizaines de minutes, lors de mes trois visites au Levi’s Store. Je mets autant d’énergie dans le choix d’un futal, parce que j’en achète jamais. Le précédent m’avait été offert il y a exactement deux ans. Celui d’avant date de l’année précédente. Je crois. Alors quand, la semaine dernière, j’ai dépensé une bonne partie de ma thune d’anniversaire pour me faire plaisir avec du jean, du pantalon, j’étais extatique. D’où le double revers de devoir subir à la fois l’indifférence générale (vous achetez des futals, détail pour vous, pour moi ça veut dire beaucoup) et le mépris face à mes goûts.

Parce qu’au fond, je cacherais le logo Quiksilver qu’on ne me bâcherait plus. Effet pervers de la haine des modasses habillées en gris sur fond gris face à tout ce qui peut être un minimum fun. Parce que mine de rien, se faire reprocher par petites piques passives agressives ses choix de marque, ça use la bonne humeur tout doucement. Ca ne m’empêche pas d’assumer mes goûts et de kiffer la couture en V à l’arrière, juste, ça entame mon plaisir perso. Du coup je n’ai pas encore enlevé les étiquettes, je n’ai pas encore porté le truc. J’ai encore envie de profiter de la vision du sac dans mon studio, de l’odeur du magasin dans le tissu propre et plié. C’est mon cadeau d’anniversaire, un jean et un autre pantalon, que j’ai lutté pour trouver à ma taille en faisant le tour de la ville. En vrai je suis on ne peut plus heureux, fier de moi, et je crève d’envie de les porter, mais pas demain. Plus tard, quand je me serais lassé de kiffer dans mon coin.

Alors oui, on s’en contrefout de mes jeans, dans l’ordre du monde, les gens qui meurent, le sida et toutes ces conneries. Quand bien même vous seriez mes supers potes de la vie, vous vous en foutriez aussi. Et je ne peux pas vous en vouloir. Mais j’ai un blog, et parfois j’ai besoin de m’en servir pour m’auto caresser dans le sens du poil et ronronner. Bordel, j’ai deux nouveaux pantalons… ils sont trop beaux. Je suis trop content.
UPDATE STAGE !!!
Bon, en vrai j’ai craqué hier j’en ai mis un. Je me suis croisé dans la glace d’une échoppe vers chez moi. Et…






