Si ma vie était un film, j’aurais un montage de costume de super-héros. Enfin, vous savez, quand Batman ou Daredevil s’équipe, et que tout ça est monté super vite en une série de gros plans sur les accessoires que le mec enfile au fur et à mesure ? Bah le matin de ma rentrée scolaire, idéalement, ça ressemblerait un peu à ça. On me verrait choisir mes fringues, m’auto donner une tape sur les fesses, enfiler un tee neuf qui sent bon le propre et tout et tout. Même topo pour mon sac à dos, que je stufferais de stylos BIC jamais utilisés, d’un paquet de feuilles doubles et d’un trieur premier prix (en plus d’un bouquin). Je jetterais le tout sur mon épaule dans un mouvement ample mais maîtrisé avant d’avancer vers la caméra d’un air décidé. Si je vous raconte ça, c’est parce que dans mon esprit malade, ma première rentrée scolaire en deux ans se DOIT d’être épique.

De toute façon, j’y vais surtout un peu dans le brouillard. Déjà je vais faire face à 25 inconnu(e)s qui viennent remplacer ceux partis en alternance, à l’étranger ou dans une autre école (pour un tas de raisons, j’expliciterai). Ca va faire drôle. Le seul reliquat de ma promo précédente est une fille qui m’a fait taffer comme une bête toute un weekend en freelance dans l’année pour au final jamais me payer. Elle le sait. Elle sait que je le sais. Et la dernière fois qu’on s’est croisé, elle a pas osé dire grand-chose ni me faire la bise. Et on dit que je suis le gangster de l’école. Anyway. J’ai quand même quelques autres coupains, que je connais un peu. J’aurai à côté de qui m’asseoir aujourd’hui pendant la réunion de présentation. Histoire de me sentir un peu moins seul et paumé. Sinon je peux toujours prendre le truc en note sur mon Netbook, me tatouer « geek associable » sur le front et attendre que ça passe.

Je flippe pour un tas de raisons. Au-delà des trucs logiques genre « OMG DANS SIX MOIS JE SUIS SUR LE MARCHE DU TRAVAIL SANS AUCUNE AIDE FINANCIERE !!! ». Par exemple Karine, experte es powerpoint en première année de Master, ne sera pas là pour combler mes lacunes. Ma prof, qui me déteste d’amour ne sera pas non plus là pour prendre (une faible partie) des balles à ma place. Va falloir que je boucle un nouveau mémoire tout en assurant de quoi valider le reste de l’année. En plus des conneries autour, mes bouquins, mes espoirs, la quête aquatique d’un corps d’éphèbe. Puis, en vrai, j’aimerais bien faire ami ami avec les bizuts. Trainer avec des gens qui n’ont pas de Twitter, pas de blog, des ambitions terre à terre de Porsche et villa sur la plage. Jusqu’à ce que je les déteste, forcément. Après on verra, mais ça me réoxygènerais le cerveau dans une certaine mesure.

Enfin, si ça se trouve vous lisez ça je dors, ou alors je me lève, je mange mes Chocapics, j’angoisse sur le chemin de Neuilly, je découvre les nouvelles têtes, j’écoute le prof, je discute avec les noobs, je rentre chez moi, je m’effondre sur le lit, j’allume la Xbox. Là, j’écris et j’ai pas encore fait mes courses de fournitures scolaires (PS: je publie cette note j’ai toujours rien acheté). On est décalés vous et moi.
Demain, je vais hater comme un bâtard sur les premiers romans.




