789 – The Call Of The Wild

[Au départ j'avais une note super longue et compliquée prévue pour aujourd'hui, mais après la tartine d'hier, je préfère parler un peu de rien pour vous laisser respirer. Jeudi donc le pavé.]

La semaine dernière, Boss allait déjeuner en terrasse avec des gens. Comme j’ai un minable salaire de stagiaire, j’ai pas pu me permettre de suivre. A la place j’ai chopé deux wraps, une pomme et un coca zéro au DailyMonop avant d’aller zoner sur les quais de Levallois. Ouais, en prenant la peine de marcher un peu, il y a moyen de se trouver un coin d’herbe au bord de l’eau, entre deux péniches de grands bourgeois. Ca ventait mais le soleil de printemps était là. J’ai mangé au ralenti, à profiter de l’odeur de l’herbe, à regarder les vaguelettes à la surface de l’eau. Pas loin de moi il y avait un jeune cadre pas dynamique du tout, en train de dormir comme une loque sur sa veste. Pendant ce temps, mon dos commençait à devenir moite sous l’impulsion du soleil. J’ai finie ma pomme en me disant que si ça ne tenait qu’à moi jamais je ne bougerais mes fesses de mon banc.

Je crois que j’ai un vrai problème avec la nature en général. Et ça se voit un peu, ça déborde de partout en fait. Dans mon dernier manuscrit, je passe deux pages à expliquer que mon personnage ne voit la campagne qu’à travers les vitres du TGV, à l’abri derrière le plastique dès qu’il quitte la ville. Dans mon bouquin d’avant, le héros jalouse et méprise ses amis pétés de thunes qui vivent dans les monts du lyonnais avec des terrains immenses quand lui passe sa vie en haut d’un immeuble. Le premier chapitre de celui qu’il me reste à écrire se termine par l’héroïne qui se jette sous les vagues pour trouver un peu de calme et de silence. Un gros fantasme qui me bouffe depuis la dernière fois que j’ai vu la mer. A savoir je ne sais même plus quand.

D’ailleurs c’est un peu mon but de vie ultime. Si un jour je rate tout. Ma vie, ma carrière, mes amis, mon mariage, tout. Je me tire en Nouvelle Zélande et j’ouvre une boutique de planches de surf en bord de plage. Je passerai mes journées à affuter mon matos, conseiller le client et aller dormir dans un hamac bercé par le bruit des vagues. Ca c’est pour l’option j’ai raté ma vie je me fiche de tout je peux vivre sans le confort matériel. Y’a la variante je suis un auteur à succès blindé de thunes. Et là je fais un Sallinger, grande villa à la campagne en plein milieu d’un domaine où y’a rien, avec le village le plus proche à plusieurs bornes de chez moi. Bon j’aurais quand même une Xbox et un abonnement premium à Amazon pour choper tout ce dont j’ai besoin, et des putes aussi. Mais principalement de l’herbe sur laquelle marcher pieds nus tous les jours.

Techniquement vu que je ne suis pas encore ni un raté ni pété de thunes, je peux juste penser à aller visiter mes grands parents dans la Drôme et me rappeler que quand j’étais môme, dans la famille on avait des Terres. C’était le bon vieux temps. Laissez-moi pleurer des larmes de paysan sur mes wraps Dailymonop et revenez demain.

NOTA BENE STAGE !!!

Le jour où je ferai mon retour à la nature, j’emporterai de quoi m’assurer de pas crever comme une merde au canada. Comme ça personne ne tournera un film sur ma mort que les gens mésinterpréteront comme une fable humaniste et naturaliste alors que c’est la blague sur un autiste la plus longue du monde (la chute c’est qu’à la fin il crève comme une merde). Je dis ça je dis rien.

143 – The Hills Have Eyes

Pour aller chez mes grands parents il faut se manger 150 bornes jusqu’au fin fond de la Drôme. Perchée à flanc de montagne, dans un village d’à peine 100 habitants, voilà où se trouve la maison de mes vacances d’enfances. J’y ai passé la plupart de mes vacances jusqu’à mes quinze ans. Of couse à l’époque la simple vision d’un téléviseur m’enchantait (vu que j’en avais pas chez moi). Maintenant j’y vais à reculons, me sentant obligé de me trimballer l’ordinateur portable, mes deux téléphones et leurs câbles USB respectifs afin de rester connecté à la civilisation. A part mettre lire mes mails, mettre à jour mon blog et me tenir vaguement au courant des nouvelles du monde, ma maigre connexion ne m’a pas menée bien loin. Au bout de trois jours à attendre chaque fois cinq minutes pour charger Gmail, un truc chelou s’est passé. J’ai fini par me dire que je pouvais survivre sans le net.

En fait rien de tel que le sevrage à la dure. Rien qu’upper le blog était une plaie, l’opération me prenant un temps incalculable. Forcément j’avais plus la motive de pousser le vice pour troller sur les forums que je fréquente. Je suis sorti et j’ai profité de la campagne, mais réellement profité genre ça me faisait plaisir et tout. Etre la plus haute maison en termes d’altitude du coin à ses avantages. De la terrasse je surplombe des centaines de kilomètres carrés de vallée et autres montagnes. L’impression d’immensité vous submerge et c’est facile de se laisser aller à choper un bouquin et ne plus bouger de là. Après y’a les plaisirs old school genre jouer au chat et à la souris avec la voisine pour dévorer ses mûres, ou juste partir à l’aventure sur les chemins rocailleux. Okay je sais que tout ça c’est super carte postale à la con sortie d’un vieux truc poussiéreux de Pagnol mais c’est la vie. Après je dis pas que je pourrais vivre à la campagne loin de là, mais que débrancher (de manière relative, faut pas déconner), c’était super plaisant. Enfin si y’avait pas tous les trucs hardcores.

En bon névrosé j’ai un tas de phobies. Tiens prenez les araignées, ces petites putes qui courent super vite et arrivent toujours à se planquer malgré mes glissades hollywoodiennes avec un journal plié dans la main. Devinez pourquoi j’ai jamais remis les pieds dans la cave ou le grenier de chez mes grands-parents ? Gagné. Dans le même ordre d’idée la nuit n’est pas plus noire que dans ce coin. S’éloigner des lumières des fenêtres le soir venu c’est faire face à ses peurs primales, gravées dans l’ADN. A votre avis quels genres de bruits j’ai pu faire la fois où je me suis fait rattraper par le crépuscule seul en pleine forêt ? Encore gagné. Puis par-dessus tout il y a le fait qu’aussi awesome que soient mes grands-parents, ils accusent tout de même plus de quatre-vingt balais. Je sais pertinemment que je peux compter sur mes doigts le nombre de fois où je reviendrais ici et où ils seront toujours là. Ouais, perdu.

Fuck, ça m’aura fait du bien ces quelques jours. Plus que deux semaines avant de me rentrer sur Paname la maudite. Plus que trois semaines avant la rentrée. Plus que cinq semaines avant que je décrète que cette nouvelle année scolaire me casse les couilles. Allez on y croit, on est parti ! De toute façon a pas le choix demain faut que je mette un new article dans la blog-machine. Ca parlera de tacles.

PHOTO STAGE !!!

Hop un petit bonus, courtesy of my awesome N95 8Go.

119 – Time Out

J’ai jamais aimé partir en vacances. Déjà gosse c’était l’enfer, mes parents luttant pour tirer un peu de plaisir de leur voyage malgré mes vociférations et ma mauvaise tête. Sûrement qu’à l’époque je voyais ça comme une espèce de punition, la continuité estivale d’une école où l’on m’imposait des activités. Ou peut être que j’étais seulement un connard de sale gosse. La première fois que je suis allé à Paris, pour une semaine en été, j’ai passé la majeure partie de mon temps dans la chambre d’hôtel à faire semblant de dormir, ou a défaut à faire la gueule. Au final j’aurais plus découvert la capitale en 24h lors de ma seconde visite pour le concert du meilleur groupe du monde qu’en une semaine avec la famille. Tout ça pour dire qu’il était une époque où j’étais incapable de profiter des joies simples d’être au bord d’une plage où dans une montagne loin de tout. Ouais, avec le recul j’étais un bon gros crétin. Est-ce à dire que maintenant j’aime décoller pour des destinations lointaines ? (comprendre « plus loin que la banlieue Lyonnaise »)

Non, même pas. Si effectivement ma perception des vacances à changé, ce n’est pas encore l’idéal. Avec le temps j’ai intégré pourquoi glander sur une plage pendant des heures avec un bouquin c’était le bien. Sauf qu’en vacances, j’y vais toujours autant à reculons. La perspective d’organiser un départ, de claquer des sommes monstrueuses en si peu de temps, tout ça m’angoisse au plus haut point. Pendant les semaines voire les mois de réflexions et de préparatifs je pète un câble, je deviens dingue. Ce n’est qu’une fois arrivé à destination, enfin posé que mon stress s’envole et que j’arrive un tant sois peu à me laisser aller. Non mais dans le fond effectivement, je kiffe la vibe d’être ailleurs que chez moi, surtout depuis que mon téléphone 3G me permet de rester en contact avec le reste du monde. J’ai donc passé une semaine à la cool au cap d’Agde à tenter de faire la nique à mon teint blafard, à me refroidir les idées dans le creux d’une vague de tafiole (méditerranée oblige) et à mater les jolies filles (j’en reparlerais). Le seul souci c’est que pendant ce temps là, la Terre continue de tourner…

Pas besoin de lire entre les lignes pour savoir que je suis un éternel insatisfait, et aussi et surtout un éternel frustré. Si je check mes mails toutes les cinq minutes c’est que j’espère toujours recevoir le message qui va changer ma vie ou m’offrir la chance de la changer. Pendant que je rôtis sous le soleil, qui va achever la relecture du roman qui aurait dû être bouclé et envoyé il y a des mois ? Et pendant les heures que je passe sans le net qui me dit qu’un truc de ouf n’est pas en train de se passer et que je ne suis pas en train de louper le coche à… à… Ouais. Je sais que c’est une sacrée névrose. Pourtant tout ce que je veux c’est des vraies vacances. Dans ma tête je me vois si possible dans un coin plus exotique que la France d’où je ne suis jamais vraiment sorti. Là bas je me ferais plus à bouffer, j’irais au restau me faire servir des trucs qui déchirent. Surtout je profiterais comme jamais, parce que j’aurais du temps libre à attendre qu’un roman passe de l’imprimeur aux étals, parce qu’un de mes projets sera suffisamment avancé pour qu’il ne dépende plus de moi. Contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, mes premiers avoirs je ne les claquerais pas en TV HD ou en un nouvel ordinateur de brutasse. Mon premier chèque partira en fumée dans des vacances, mes véritables premières vacances de ma vie. Ce sera bien, j’en suis sûr.

En attendant me revoilà aux manettes de Word 07 (what else ?) et WordPress, prêt à y re-injecter mon sang et ma sueur. Here we go ! Demain je parlerais de mes vacances de la semaine dernière précisement, le keskisséppasé en somme.