953 – Snooze

Et volà, encore une journée foutue en l’air par ma nouvelle névrose. Depuis le début de l’année je ne peux pas me lever à l’heure où j’ai décrété avant de me coucher que j’allais me lever. En gros, chaque fois que j’émerge au son infâme de mon réveil (que j’aurais du changer y’a des mois), je retarde l’échéance d’un bon quart d’heure minimum et je pionce de nouveau. Techniquement y’a un bouton pour ça, le bouton snooze. Quand on appuie dessus on récupère 9min de sommeil. Pourquoi neuf ? Figurez-vous qu’il existe des tonnes de théories, allant de recommandations de scientifiques du sommeil jusqu’aux résultats de focus groups. La vérité serait plutôt due au fait qu’à l’époque des horloges mécaniques on partait du principe que vu le manque de précision du matos, cibler dix minutes et tomber sur neuf c’était pas mal. Avec le passage au numérique, les gens ont laissé neuf. J’aime bien celle là.

Sauf que j’ai même pas de bouton snooze sur mon téléphone/réveil portable. Non, je pousse le vice beaucoup plus loin : je prends la peine d’ouvrir le menu et de me mettre une nouvelle alarme un peu plus tard. C’est ce qui m’est arrivé cette aprem’, enfin, hier aprem’ où je me suis juré que j’allais dormir une heure et basta. Soixante minutes plus tard je rempilais pour une demi-heure. Que j’ai rallongé d’une autre demi-heure. Ou comment se retrouver complètement défoncé à six heures de l’après midi. Le pire c’est que si j’avais directement décidé de dormir deux putain d’heures j’aurais été moins décalqué. Sans parler du stress mental de subir cette foutue sonnerie. Je me demande si on peut pas devenir dépressif à force de subir le bruit dégueulasse de l’appli réveil d’un Nokia. Au moins le téléphone sait faire la différence avec l’heure d’hiver.

Ouais, j’ai trouvé ça très drôle que les iPhones soient incapables d’effectuer le changement d’heure sur leur application réveil. Le système d’exploitation étant sur ouvert, la panne dure tant qu’Apple ne fait pas de mise à jour. C’est rude d’être un iSheep. A peu près autant d’être débile comme votre serviteur. Parce qu’en vérité, je ne faisais pas ça avant, repousser l’horloge encore et encore. J’étais capable de me tenir à ce que je décidais. J’arrivais à sortir du lit du premier coup, motivé. Est-ce que j’ai soudainement besoin de dormir plus pour une raison qui m’échappe et ce serait la seule solution trouvée par mon subconscient ? Ou n’est-ce qu’une mauvaise habitude de merde supplémentaire acquise au fil du temps ? Tout ce que je sais c’est qu’à l’heure où j’écris cette note je devrais déjà avoir fait le plein du frigo et que je suis en tee/boxer devant l’ordinateur à rattraper mon retard de blogging.

Sur ce, on dit que demain je mets directement mon réveil le plus tard possible, timé à la minute près pour ne me laisser aucune marge de manœuvre. Il est temps de traiter cette nouvelle névrose, au lance-flamme, avant qu’elle ne s’installe pour de bon.

La prochaine fois, on parlera de mon horloge interne, celle qui me fait me réveiller automatiquement deux minutes avant mon réveil.

423 – Russian Schuffle Roulette

Y’a pas si longtemps, j’hébergeais malgré moi une jeune fille en fleur, coincée à la rue pour cause de dépassement du couvre-feu de sa résidence universitaire. J’aurais bien abusé de son corps de nymphe mais on était trop occupé a débattre de l’heure à laquelle elle avait me réveiller pour aller en cours, l’infâme harpie ! C’est alors qu’elle s’inquiéta de la sonnerie de mon réveil/téléphone, non parce que si c’est un truc relou, bah elle fera la gueule. Les filles, c’est chiant. Merci Capatin Obvious ! J’optais donc pour rétablir ma sonnerie de l’année dernière, Good Morning de Kanye West, qui passe bien par les n’oreilles. Erreur fatale le lendemain matin ! Le temps d’émerger j’étais persuadé d’être dans la mezzanine de mon ex, à Bastille. Oui mais non. J’avais précisément changé de sonnerie de réveil en changeant d’appart’, d’où la perturbation cérébrale due à ma mémoire musicale.

Il est établi depuis fort longtemps que j’ai des goûts musicaux de merde. C’est pas un scoop. Mais ce n’est pas pour autant que je n’apprécie pas la soupe que je m’inflige quotidiennement depuis des années. Mon mode d’absorption musicale est aussi complètement foiré. Quand je tombe sur un morceau ou un album qui me plaît dans mon corps, je me le colle en repeat dans le MP3 et l’ordi. Pendant peut être une semaine, plus si affinité, je n’écoute quasi que la même musique, encore et encore en boucle. Je crois qu’à ce stade on peut envisager la piste de a lobotomie. L’effet pervers de ce genre de comportement c’est que la plupart des morceaux qui comptent dans mon inculture musicale sont liés à des gens ou des évènements très particuliers. Le bouton Schuffle de mon player devient alors une bonne à retardement mémorielle (prouvant que Proust aurait moins grossi s’il avait écouté de la zique au lieu de s’empiffrer de madeleines comme l’obèse qu’il était).

Pour mieux vous rendre compte de l’ampleur des dégâts, quelques exemples. Si j’écoute Infinity On High de Fall Out Boy, tout de suite mes narines s’emplissent de l’odeur de renfermé et de sueur du Club Med Gym de République, vu qu’à la période où j’y passais cinq par semaines j’écoutais l’album en boucle. Always de Blink 182 me ramène aux nuits à attendre des textos de Sonia jusqu’à trois heures du matin. Americana d’Offspring me fait ressentir la chaleur des rayons du soleil à travers la vitre du bus scolaire qui nous trimballait dans le sud à l’époque du collège. Space Oddities de David Bowie est capable de me faire fondre en larmes sur place au milieu de la rue. Robocop de Kanye West (morceau très sous estimé) me fait grincer des dents en repensant à l’autre que je courtisais comme un lycéen à peine pubère y’a quelques mois. Bien sûr la liste est longue et je me doute bien que je suis loin d’être un cas particulier.

Tout ça pour donner un peu de poids à mes arguments comme quoi, finalement, même si j’écoute de la merde, je le fais avec la même passion que les vrais mélomanes. Non mais !
Demain bouquin !

396 – Two Months In

Ce weekend j’ai dormi comme une putain de loque. Je me suis payé des nuits de dix heures et des siestes systématiques. Au final j’aurais quasiment rien fait d’autre de mes journées. J’ai tenté de passer un aprem’ avec des potes (je vous en reparlerai), mais j’ai fini effondré sur la table du bar de Montmartre dans lequel on s’était posé (holy shit sur le chemin j’ai croisé le héros de Paris 16 /o/). Sans parler du trajet durant lequel je me suis endormi, loupant ma station de métro. Dans une tentative désespérée, j’ai fini mon dimanche au ciné devant Fast And Furious IV, au premier rang. J’ai baillé. Plusieurs fois. Putain c’est pas normal d’être crevé comme ça !!! J’arrive même plus a profiter de mes weekends, à écrire mon bouquin ou même tout bêtement à aimer. Pourtant je bossais quasiment pareil chez Ubisoft, en terme d’horaires. Donc. Quel est le putain de fuck ?!

Demain, c’est la fête du travail. Yééé ! C’est aussi la fin de mon second mois de stage, donc de la moitié de mon expédition dans le monde péreilleux des créatifs. A ce stade de l’aventure (on y croit, le travail, c’est vermeilleux et ça rend beau), je crois pouvoir tirer quelques conclusions. La première c’est putain qu’est-ce que ça me fatigue de rester comme une méchante loque face à un ordi toute la journée ! Je m’étais jamais mis au café et me voilà avec un tiroir rempli de dosettes Senseo (pas des Leader Price comme mon radin de voisin). Pourtant c’est même pas faute de pas bosser. Parce que tout le temps que je consacre pas à m’atteler à des briefs pro-actifs (facultatifs), je l’injecte dans mon blog, dans mes écrits. Je suis actif bourdel ! Ou pas, vu que je gaspille un paquet d’heures à recharger des pages web au lieu de me planter devant Word pour retravailler telle ou telle accroche.

Quand je regarde la vérité en face, force est de constater que quotidiennement je suis le stagiaire qui arrive le plus tard (10h) et qui part le plus tôt (19h). L’autre stagiaire concepteur rédacteur tient à ses fesses (et son éventuel et espéré CDD) et se mange des nocturnes pour bosser sur le facultatif. Je tiens à ma vie, je tiens à ma bribe de soirée, ce qu’il en reste après la mission Shopi/Vaisselle/Mioum. Je peux pas attendre samedi aprem’, post grasse mat’, pour continuer à vivre. Au bureau on me demandait l’autre jour comment je faisais pour suivre autant de séries. Indice de réponse : passées 19h je suis plus là ! De toute façon, à la maison je suis tout aussi stone. C’est pourquoi cette semaine je tente de me coucher correctement, de pioncer avant une heure du mat’, de faire mes 7h de sommeil, pour voir si ça arrangera les choses. Autant de temps de ma vie personnelle qui part en fumée.

Après quelques soirées plantées pour cause d’épuisement généralisé ces derniers temps, je crois que je prends un peu de recul sur l’entreprise, ce que j’attends de ce stage, de la vie. En lisant entre les lignes vous devriez avoir une idée de ce dont je vais parler dans les prochains temps vis à vis de ce taf’. D’ici là je vais profiter de mon long weekend pour récupérer, pour vivre un peu.
A demain, pour une réflexion sur les filles tarées (crazy eyes in da house !!!).