1093 – Leaderboard

Il m’a demandé si je faisais du tennis.

Avant de répondre non, j’ai préféré m’enquérir de pourquoi. Ca me semblait plus logique. Collègue stagiaire a pointé du doigt mes baskets. C’est bien des chaussures de tennis ? Effectivement, bien vu. Mais à titre personnel, je ne l’ai su qu’en me renseignant à mort avant l’achat. J’aurais pas été capable de reconnaitre des chaussures de tennis comme ça, à partir de rien. Non, je fais pas de tennis, j’aime juste acheter des pompes qui coûtent une blinde. C’est ma passion okay !

Puis j’ai réalisé qu’il n’avait pas commencé par me demander si je faisais du sport.

La question était inutile. Tout le monde dans mon service fait du sport. Les stagiaires lèvent des poids entre midi et deux, le plus assidu cumule même avec des tournois d’escrime le weekend. Un consultant pratique le tennis. Un intérimaire est surfeur et volleyeur au point de faire le tour de France pour son équipe. Puis mes boss font du vélo ou de la course le dimanche. Ici, on a moins la grosse tête que des gros biceps visiblement. Assez vite, j’ai remercié Matthias du passé d’avoir repris la piscine. Comme ça je peux moi aussi, une à deux fois par semaine, venir avec un sac de sport sous le bras. Et du coup pas passer pour la feignasse du service.

Je crois que c’est corrélé au fait qu’ils viennent tous d’écoles de commerce.

Moi pas. Mais je peux néanmoins participer à tous les petits rituels de la bande, genre se plaindre des courbatures ou frimer en déclamant ses faits d’armes du jour. Ouais je suis en retard sur le traitement de mes mails, c’est parce que j’ai un voile de chlore devant les yeux, tu comprends, j’ai trop éclaté mon score à midi. Si je ne suis pas moralement flexible au point d’arriver à jouer à FIFA, je peux au moins m’user les muscles à intervalles réguliers, même si c’est pas pour du tennis.

En ça, je fais partie de l’équipe. Dans tous les sens du terme du coup.

473 – Book Review 71 & 72

Il parait que la littérature jeunesse et ado produit de jolies petites perles. J’avais déjà beaucoup aimé Nick & Norah’s Infinite Playlist, du coup, cela me semblait fortement logique de prendre le nouveau bouquin des mêmes auteurs. Adepte des titres à rallonge, j’ai donc jeté mon dévolu sur Naomi and Ely’s No Kiss List. Des fois qu’il finisse adapté au ciné, je vais encore pouvoir frimer un peu.
Nick McDonnel est un petit con. Et je ne dis pas ça seulement parce que ses parents sont des rédac’chefs puissants à New-York et lui ont pistonné la gueule dès ces 17 ans (népotisme, quand tu nous tiens). Non, c’est un petit con parce que Twelve, son premier roman, s’est vendu à plein d’exemplaires. Sûrement un effet marketing du a son jeune âge, vu que ses deux autres livres sont gentiment allés se morfondre en bas des classements des ventes.

Naomi est hétéro, meilleure amie d’Ely, gay, depuis leur plus tendre enfance. Afin de ne pas se créer d’emmerdes question garçons, ils ont mis au point la No-Kiss List, qui bannit les mecs à problème. Seulement quand Ely embrasse Bruce, petit ami de Naomi, la guerre est déclarée. Pour Naomi, amoureuse folle de son meilleur ami gay, la déception est d’autant plus grande qu’elle ne sait plus que faire de ses sentiments.
White Mike est dealer et son meilleur ami vient d’entrer en garde-à-vue pour un meurtre qu’il n’a pas commit. Sauf que dans quelques jours, le soir de Noël, tous les gosses de riches de New-York vont s’envoyer gramme sur gramme de Twelve, la nouvelle coke à la mode. Chacun des lycéens qui s’incruste à LA grosse fête cherche quelque chose de différent, espère trouver de quoi survivre à l’existence. White Mike risque d’être occupé un moment.

Et merde, j’ai nettement moins accroché que prévu à Naomi & Ely. Peut-être mon célibat, la maturité ou la connerie qui me travaillent, mais je n’ai pas pu m’empêcher de trouver l’héroïne trop conne, égoïste et injuste. Le style est sympa, jeune mais avec des « fuck » et on se laisse flotter dans une histoire qui n’est, je pense, pas faite pour moi. Un peu étrange cette sensation de trouver un texte bon, tout en passant à côté.
Mon avis sur Twelve est en revanche beaucoup plus tranché. Si les gosses de 17 ans ont besoin de leurs parents pour se faire pistonner, c’est pas pour rien. Encore un môme qui a trop lu de Bret Easton Ellis et qui veut faire pareil. Sauf qu’il n’a ni l’expérience de vie ni le style nécessaires à un bon bouquin sur la jeunesse dorée qui se drogue. Ca ne baise pas assez, seul le personnage de White Mike sort du lot et on finit par s’emmerder assez sec malgré un rythme rapide.

On me reproche en ce moment de lire que des bouquins qui ne me plaisent pas. Sachez que je ne fais pas exprès. Promis, la semaine prochaine j’essaierai de trouver bon ce que je vous décortiquerai.
Demain, téléphonie mobile (laule).

009 – Get Rich, Or Write Trying

ATTENTION ! AUJOURD’HUI DEUX NOTES ! PROCHAINE UP A 14H !

Bon sang ! Moi qui croyais que pour devenir riche en écrivant il fallait écrire sans relâche, encore et encore. On publie un premier roman, qui avait un peu de bol est remarqué par une certaine critique littéraire. Vos potes vous regardent avec respect, voire admiration. Puis un second roman vient confirmer le talent. C’est l’heure des soirées cocktails, de la haute société qui attend avec impatience le troisième opus. Un troisième bouquin donc, l’âge de maturité. Un studio de cinéma achète les droits, les ventes explosent. Ca y est la thune, les putes, le champomy, tout est là !

Encore une qui a lu le premier roman de BenReilly…

Et bien figurez-vous que tout ceci est un mensonge ! Pour devenir riche, il suffit d’écrire un article de journal.
Mais qu’est-ce que tu me racontes là ? Crie avec indignation le lecteur incrédule. Sauf que voilà, Lorie Gottlieb a écrit un article dans un obscur magazine US et on lui en a acheté les droits cinématographiques avant même qu’elle n’en tire un bouquin ! (bon okay pour sa décharge elle a déjà deux pavés derrière elle, ce qui conforte ma théorie du troisième livre). Toujours est-il que voilà , Hollywood c’est n’importe quoi (attention BenReilly une porte ouverte !). Bientôt à ce rythme là on achètera des articles de blog et…
o_O
Bon sang mais c’est bien sûr !!!

Solennellement je lance un appel ! Hollywood vieille trainée prends moi tout nu contre la blogosphère ! Je t’attends ! Je suis là, la chemise arrachée virilement, un pied sur mon bureau de stagiaire (dont je reparlerais).

Bon en attendant que le tout Hollywood ne me passe sur le corps, j’ai quelques annonces à faire :
- Il y aura pas de bonus stage aujourd’hui (désolé timmy, ne pleure pas voyons).
- Il y aura une seconde note cette après midi à 14h (et oui je veux faire péter les stats, tous ensemble nous pouvons y arriver).
- Il y a depuis hier une page contact pour m’envoyer des petits mails (ce dont tout le monde se branle vu que les gens qui viennent me connaissent déjà, à moins que…).

Sur ce, à tout à l’heure mes fidèles amis sans qui je ne serais rien et à qui je devrais sûrement un jour le fait de recevoir masse de thune de la part de mes futurs amis de Los Angeles.