456 – Cine Club 58

Bon, on arrive début juillet, c’est l’été, c’est le moment où les célibatants peuvent espérer câliner une jeune fille en fleur toute moite qui sent bon dans leurs bras puissants. Pour ça rien ne vaut une bonne vielle RomCom des familles. Mais à une époque où il y aura toujours un ex pour avoir joué la carte Love Actually, le beau gosse qui n’en veut lutte face à BitTorrent distributeur du vidéo club. Reuzment le Reilly pense à vous et vous dégotte une petite comédie romantique sortie en douce l’année dernière de derrière les fagots avec un pitch un tant sois peu original et surtout, qui s’offre le luxe d’être très peu connue. Même que ça s’appelle Definitely, Maybe en VO et Un Jour, Peut-être en VF, et que tout de suite on comprend comment le film a pu se planter chez nous.

Will est un père en pleine instance de divorce qui ne voit sa jeune fille de 10 ans que deux fois par semaine. Déterminée a comprendre comment les choses ont pu en arriver là, elle décide d’entendre l’histoire de la rencontre entre ses parents. Will accepte à reculons, à la condition qu’il change les noms et que sa fille doive se démerder pour déterminer qui, des trois grands amours de sa vie, sera devenu sa mère. S’ensuit une série de flashbacks intercroisés, qui racontent trois véritables histoires touchantes souvent triste, qui dressent le portrait de trois femmes imparfaites qui auraient toutes pus devenir la bonne. Alors que le mystère sentimental s’épaissit, Will va peut-être découvrir ce qui lui aura manqué à l’époque, quels autres choix il aurait pu faire.

Certes le dispositif narratif est complètement artificiel, mais le pitch a le mérite de brouiller un peu les codes de la comédie romantique. Le casting est plus que golden, à commencer par Ryan Reynolds, qui mériterait de tourner nettement plus (Deadpool, croisage de doigts). Engagé politique à gauche, il nous offre un héros militant et un (rapide) aperçu des coulisses de la campagne de Clinton. Une intrusion rare de politique dans un film à l’apparence toute bête. Et comment ne pas fondre face à Elizabeth Banks, Isla Fischer et Rachel Weisz ? Chacun de leurs personnages possède un défaut bien merdique, mais comme pas mal de monde en définitive. Qu’elles arrivent à se rendre attachantes malgré leurs défauts constitue le charme principal du film.

Chassé croisé amoureux à travers le temps et les amours, Definitely, Maybe est le genre de bonbon qui fond dans la bouche le temps d’une après midi en galante compagnie. Demain on parlera du sort réservé à mon nouveau nouveau bouquin.

TRAILER STAGE !!!

452 – Book Review 68

Dans la grande liste des trucs que j’adore au MK2 Biblio, je me dois de mentionner leur librairie ouverte jusqu’à 22h et des poussières. Idéale pour attendre le début de sa séance ou errer un peu entre les nouveautés papier avant de rentrer chez soi. L’autre jour, où j’avais vu un de ces films français de merde où un tas de vrais gens se rencontrent par hasard et vivent des trucs trop forts pour leur petit cœur, j’errais. Rayon poche, je suis tombé sur une récente réédition de L’Ecume des jours, avec couverture satinée, flip book entre les pages, carnet d’illustrations inédites et petit coffret en carton. Je me souviens que beaucoup me l’avaient conseillé y’a quelques semaines. Pas de résumé derrière, un texte merdique à la place. J’ai payé mon exemplaire en fin de soirée sans même savoir de quoi ça parlait, parce que les achats impulsifs ont toujours un petit goût délicieux.

Colin est rentier, ou tout du moins il possède suffisamment d’argent pour ne point travailler et disposer des services d’un cuisinier, Nicolas. A sa façon il entretient son meilleur ami, Chick, travailleur pauvre car dilapidant jusqu’au dernier sou dans les livres de Jean-Sol Partre dont il est fan absolu. Chacun des trois garçons va finir par trouver une petite amie et en tomber éperdument amoureux. Mais Chloé, la fiancée de Colin, tombe malade. Le jeune homme va tout faire pour sauver sa dulcinée, quitte à accepter les pires travails pour éponger les dettes creusées par les soins coûteux. Pendant ce temps son meilleur ami perd de plus en plus la raison, délaissant sa belle pour sa collectionnite, risquant de sombrer pour de bon dans sa lubie.

A la lecture de L’Ecume des jours, je me suis senti trahi. C’est comme si l’on m’avait caché qu’il existait un putain de roman trop bien, sous mon nez depuis des décennies. Faut dire que l’on me l’avait mal vendu. Ce n’est pas un livre fondateur bla bla bla mon cul. Non, c’est juste une histoire d’amour tragique dans un univers à la croisée de Tex Avery et Lewis Carrol. Les souris y font le ménage, les tables se débarrassent à coup d’aspirateur et les plus beaux des nénuphars peuvent être mortels. La poésie, l’imaginaire, se cachent entre chaque lignes, proposant des visions magiques, parfois absurdes. Vian se joue du langage, mélange les mots, abuse de jeux de mots sans honte, sans jamais céder ne serais-ce qu’un pouce à la compréhension. D’une facilité de lecture déconcertante, j’ai dévoré l’Ecume des jours, qui pourrait presque me réconcilier avec la littérature française.

Le livre aura été boudé lors de sa sortie, progressant que lentement dans l’inconscient collectif avant d’atteindre le statut culte dont il jouit de nos jours. Pourtant comment ne pas être séduit par la beauté des sentiments, la critique de la religion, du travail ainsi que tous les autres thèmes qui émaillent le roman ? Romantique et politique, ce conte moderne n’a pas pris une ride. Putain de mensonge, m’avoir caché que ça tuait à ce point. J’en reste sur les fesses, et pense me le relire.
The show must go on. Demain on parlera de mon frangin et de mon ordi.

271 – Da BenReilly’s Cine Club # 26

Donc en fait y’a un père veuf qui essaie de régler les histoires de cœur de son gosse. Pendant ce temps là un témoin de mariage flashe sur la mariée. Pi t’as ce teen persuadé qu’il choperait carrément mieux aux US of A. Y’a aussi le patron coincé dans son couple qui se fait chauffer par une bonasse au bureau et qui doute. Le premier ministre, de son côté, aimerait bien se faire sa nouvelle secrétaire Clinton Style. Sans parler des doubleurs d’acteurs pornos trop timides pour se rencarder. Pendant ce temps là, à la campagne, un écrivain bougon comment à remarquer son aide ménagère. Tout ça sous l’œil dépressif d’un chanteur ringard en pleine tentative de come back avec un tube minable.
Je me doute que vous n’aviez pas besoin de l’inventaire des histoires contenues dans les 140 minutes de Love Actually (d’ailleurs j’en ai oubliée une exprès, un ChocoBN à gagner). Mais moi ça me fait toujours halluciner de compter tout ce que les fous furieux de scénaristes ont pondu.

Oui, y’a écrit ULTIMATE sur l’affiche. Trop de win moi je dis…

Enfin quand j’ai fini de virer sur le scénario plus chorale tu meurs, je vire aussi devant le cast de malade mental. Tout le gratin du cinéma Anglais à décidé de faire coucou. Y’a même une Keira Knightley pas encore tout à fait anorexique, c’est dire ! Enfin le souci quand je vois Bill Nighty, c’est que je peux pas m’empêcher de le voir se prendre un coup de batte de criquet en pleine poire avec Shaun qui débite son culte « Désolé Philippe ». Les spécialistes comprendront. Je vais pas non plus refaire la filmo de chacun, il faudrait dix posts. Encore j’oublie les guest stars qui font leur kikoo moi aussi je suis là hey ho ! Si Love Actually était une boîte de chocolat, on serait pas loin de la nausée. La faute à Richard Curtis, déjà réalisateur de Quatre Mariages Et Un Enterrement, alias le film qui lui aura donné carte blanche à Londres, et de Coup De Foudre A Notting Hill, alias le film qui lui aura donné carte blanche à Hollywood. Pas loin de cinquante millions de dollars de budget plus tard et tadaaa !!!

A sa sortie le film a plutôt bien été accueilli par la critique. Plutôt bien foutu dans le genre comédie romantique, qui se la pète épique de part sa durée et son cast. Puis vint le contrecoup ! Genre à trop mettre d’histoires, de stars, on perd en subtilité, en substance et en émotion qu’elle est vraie pour la ressentir. Voilà comment Love Actually a fini malgré lui traîné dans la boue. Ouisaufquemaisnon ! Ces raisons sont justement ce pourquoi ce film est déjà culte ! Un long-métrage jusqu’au boutiste à ce point, ça ne court pas les rues. Je doute qu’une comédie romantique ose la surenchère à ce point durant un paquet d’années. Si les mecs qui avaient fait Love Actually avaient été chasseurs, ils auraient flingué le gibier à coup de lance-roquette. C’est tout à fait inutile mais ça sonne pendant un bon moment. Tant de débauche de budget, d’acteurs, de storylines, de tout, c’est l’uber plaisir coupable, le film romantique qui enterre tous les films romantiques. C’est bien simple, chez moi le DVD est sous verre avec une hache brise glace sur laquelle il y a inscrit « dernier recours pré-suicide en cas de détresse affective ». (bon, si on retourne la hache, de l’autre côté y’a marqué « Pur film pour pécho »)

Je me disais qu’un film un peu kawaï avec de la neige et des bizoox, c’était peut être le meilleur moyen de boucler le ciné club en 2008. Les rares qui ne l’ont pas vu, découvrez-le, et les autres redécouvrez-le. Oh et pas de trailer, parce qu’il est merdique. Pas d’extrait avec les pancartes non plus, c’est pas l’armée du salut ici !!!
See you lundi on parlera de la crisé économique (bah ouais faut bien compenser).