Je suis un mouton. Enfin non, je suis un mec plein de personnalité qui s’est retrouvé face à une absence totale d’idées pour commander ma dernière cargaison de bouquins. Du coup j’ai érré dans les Amazons du monde entier. Partout je tombais sur ce bouquin : Les Imperfectionnistes. Meilleur roman d’avril 2010 d’après Amazon.com (qui s’est pour l’occasion fendu d’un podcast avec l’auteur sur la page produit), une tuerie, plus de cent commentaires en un mois pour une moyenne de 4/5. C’était court, et même si ça sentait le recueil de nouvelles j’aime bien faire partie du troupeau. Histoire d’avoir un avis au cas où on me le demande. Puis le roman est déjà vendu dans dix pays alors qu’il sort à peine. Beau tour de force pour son auteur, Tom Rachman, à peine trentenaire et des cacahuètes. The Imperfectionists est son premier livre.

Couverture US
Les imperfectionistes sont la galerie de personnages qui peuplent la rédaction et l’entourage d’un quotidien international en langue anglaise basé à Rome. Le livre est composé d’une dizaine de nouvelles qui adoptent chacune le point de vue d’un unique protagoniste : le correspondant parisien qui pour la première fois invente un article, la rédactrice en chef névrosée qui découvre la liaison de son mari, la lectrice psychorigide qui tient à lire chaque nouvelle édition de A à Z quitte à avoir des années de retard sur l’actualité etc… Il est à la fois question de l’état de la presse dans le monde, du devenir du quotidien mais aussi des petits tracas de l’existence puisqu’on y parle sexe, mortalité, adultère, névroses ou par exemple encore solitude. Entre chaque nouvelle quelques pages racontent l’histoire du journal, de sa création jusqu’au présent. Le tout s’acheminant vers une conclusion relativement logique qui lie le tout.

Couverture UK (ma mienne à mouah)
Ce qui me vient à l’esprit ce soir où je viens de boucler in extremis le roman pour vous en parler, c’est l’impression d’avoir lu un truc super populaire, mais écrit avec intelligence. Le style est propre et soigné, sans fioritures, et le livre parle de banalités de la vie. Un peu comme du Gavalda, sauf que ça ne serait pas nivelé vers le bas. Les sentiments sont justes et par ci par là Rachman s’amuse à disserter en sous texte sur le métier de journaliste ou bien resitue des détails de l’histoire de la seconde moitié du siècle. Le bonhomme étant, forcément, journaliste et correspondant à l’étranger dans la vraie vie. On sent la véracité des anecdotes et une passion pour le métier au travers de chaque nouvelles. A ce propos, les personnages se croisent tellement d’une nouvelle à l’autre et l’ensemble étant lié par le fil rouge de l’histoire du journal, il est presque plus logique de parler de roman. Un roman chorale quoi.

Couverture Australienne
The Imperfectionists est comme un film français chiant avec plein de personnages, mais sur papier, qui se passerait dans un quotidien à rome au lieu d’une cuisine parisienne, et en intéressant. Tout ça pour dire que ouais, c’était vraiment bien. Bonne surprise. Le troupeau avait raison. Je lui colle (pour cette fois) le « Le Reilly’s Seal Of Trop La Classe ».
Demain, une lettre ouverte.