A la base, j’aime bien Nicolas Rey. Attention, je le connais pas personnellement. Mais son côté funky à la TV, son phrasé et ses envolées culturelles, moi j’aime bien. Enfin ça c’était avant que je sache qu’il avait, dans le Figaro (OMG), dit du premier roman de Zeller que c’était « Un beau livre désarmant » (OMG²). Mais j’y reviendrai plus tard. Autant dire que du coup j’étais un peu ambivalent à me choper ses deux premiers opus. Je crois même que la bienséance voudrait que je dise que c’est de la merde. Mon principal problème, c’est que d’instinct, en écoutant le bonhomme parler depuis quelques années, j’ai le début du doute, l’impression qu’on écrit grosso modo la même chose. Après tout, Treize Minutes n’est-elle pas l’histoire d’un type qui dépasse les bornes pour une femme interdite ? Okay, résumé comme ainsi, ça ressemble à tout. Autant se pencher sur la question.

Or donc, un roman court (yeah !) sur un mec incapable d’exister convenablement et qui ne se réalise que par les femmes, si possible en foutant sa vie en l’air en même temps. Pour un bouquin made in St Germain, j’ai béni le ciel de ne pas avoir à subir des citations d’auteurs classiques ou des monologues internes pseudo-philosophiques. Amen ! Dans mes bras Nicolas Rey ! Diantre mais en plus t’as une intrigue, avec un début et une fin ?! Mais tu es un génie ! Okay j’en rajoute des tonnes mais faut dire que j’étais soulagé. Y’a bien quelques fulgurances de style un peu malvenues, tendance mate ma pure phrase bling qui casse le rythme, mais on pardonne. J’ai juste quelques problèmes avec la vulgarité ambiante, des scènes de cul sublimées de manière un peu trashouille pour moi. C’est mon côté vieille nonne ça. Mais au final un bon petit premier roman, qui se lis vite, sans déplaisir et qui raconte un truc. Next !

Hop ! Vas-y que je t’enchaîne directement sur Mémoire courte, second roman, prix de Flore 2000 mais j’en reparlerai plus bas. Maximum respect pour avoir ouvert ce livre sur les dernières lignes de Martin Eden, elles se secouent encore (ceci dit j’ai pas vu le rapport donc si tu pouvais m’expiquer Nico ?). Mémoire courte raconte les quelques semaines précédent l’emménagement d’un lâche de trente ans avec la femme de sa vie. Forcément il va tout faire pour torpiller le truc. On nage en terrain un peu plus convenu, cette fois personne ne meurt par exemple (sorry pour le spoil). Le style est plus maîtrisé, malgré les quelques phrases encore un poil too much et le retour vulgarité qui transpire. Genre une page (grand) minimum d’extase sur la sodomie par bouquin, voilà quoi… J’ai bien aimé les autocitation ceci dit, parce que c’est bien mon kif le crossover inter-bibliographie (si vous avez pas compris, c’est pas grave). Un livre moins percutant que le premier, mais agréable tout de même. Mine de rien c’est sympa du Nicolas Rey !
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Plutôt de pousser mon analyse des bouquins, faut pas déconner on est pas dans Lire Magazine ici, je vais loler sur le dos du Prix de Flore. Créé en 1994 par Frédo (Beigbeder, what else ?), il récompense un jeune auteur jugé prometteur par un jury de journaliste. Donc, made in la branlette de St Germain, on retrouve au palmarès, Despentes, Houellebecq, Nothomb, Bergmann et Angot. Okay, c’est donc le zéro absolu de la crédibilité comme prix ça et le max copinage qui va bien. Après tout, pourquoi pas, ça a le mérite d’être moins hypocrite que la plupart des autres prix qui se négocie sous une table.
Au final je me retrouve pas mal dans le taf’ de Rey, la passion pour la sodomie en moins. Ce qui confirme ma bonne impression du bonhomme. Comme quoi je suis gentil aussi des fois. Je veux des amis et boire des cocas au café de Flore comme les autres je… mes yeux se mouillent… Autant annoncer que demain on parlera prédation et partir me coucher.