Allez, ça faisait un moment que ça me démangeait. Je finis par lâcher un de ces sujets de note que je regretterai de plus avoir après. Don’t judge. C’est parti pour le Top 3 des boulots d’été de merde que j’ai pu avoir !
Three – Technicien de surface

Mon premier vrai job ever, balayeur, à 16 ans. Balayeur à 6h du mat’ à Carrefour, à devoir nettoyer les caisses avant d’errer dans le magasin balais à la main toute la journée. Enfin, quand je devais pas aller frotter les toilettes du personnel, toutes les deux heures. Très vite j’ai pété un câble, ce malgré la présence de l’hotesse d’acceuil qui faisait papillonner mon coeur d’adolescent. Alors j’allais aux chiottes, sur lesquels je m’asseyais, cuvette refermée, un bon bouquin à la main. Restant parfois des heures par jour à bouloter du Terry Pratchett, j’en ai quand même retiré pas mal. Et puis, vu que c’est que le numéro 3 sur la liste, j’ai du faire pire. D’ailleurs j’ai balayé ailleurs qu’à Carrefour, mais c’est une histoire pour une autre note.
Two – Fonctionnaire

Merci à mes supers relations. Pour mes 18 ans j’ai atterri à la préfecture du Rhône, au service de l’enfance maltraitée. Prenons sept mots pour savourer cette ironie. Si j’étais là, c’était pour faire tout le taf’ de tri de l’année. Ou comment me retrouver à trier par ordre alphabétique six mille dossiers en vrac, pour finir mon mois de boulot à rentrer manuellement les 6000 fiches dans Excel. Le tout dans une ambiance bien pourrie, un type m’ayant pris en grippe car je n’estimais pas sa méthode de tri optimale et préférait m’en tenir à mon organisation. En fait, les gens n’en avaient tellement rien à foutre du saisonnier, que je rodais parfois une heure de plus entre midi et deux dans le centre commercial à côté, à lire des comics. C’était toujours mieux que la lecture de la liste des sévices subis par chaque môme dont je classais le dossier.
One – Inventoriste

On se fait tous avoir un jour par cette offre à la con. Viendez bosser la nuit dans des supermarchés endormis à compter le nombre de boîtes de canigou avec votre super douchette laser ! Say supayr ! Deux heurs de formation et de tests pour vérifier si l’on est pas autiste et c’était parti. Premier soir, les bras dans les bacs de surgelés à compter les sachets de petits poids, on commence à douter très fort. En plus, système d’enculés, la rémunération change suivant que l’on a été dans les 50% plus rapide (11€/h) ou les 50% moins rapide (9€/h). Plutôt que de payer chaque jeune pareil, autant stresser les esclaves pour que tout le monde se tue à finir plus tôt. Bien joué. Sauf qu’une fois l’inspection de mi nuit passée, je me suis mis à compter au piffomètre, à choisir mes rayons et rajouter systématiquement des unités. Résultat, j’ai fini meilleur compteur du soir, avec hausse de salaire et prime d’efficacité qui vont avec. Note pour moi-même, les connards du grand capital, je suis encore plus un connard qu’eux.
J’aimerais que la grande leçon de cet article soit que j’ai connu la merde, littéralement, en matière de jobs, et que par conséquent je ne renie pas les petites mains du monde moderne. Mais ce que l’histoire retiendra, c’est que j’étais quand même un sacré petit con. Même si on ne m’aura jamais reproché de pas avoir fait mon taf’. Si ça vous botte j’en dirai plus.
Demain, ciné.


