497 – Top 3 Saturdays 38

Allez, ça faisait un moment que ça me démangeait. Je finis par lâcher un de ces sujets de note que je regretterai de plus avoir après. Don’t judge. C’est parti pour le Top 3 des boulots d’été de merde que j’ai pu avoir !

Three – Technicien de surface

Mon premier vrai job ever, balayeur, à 16 ans. Balayeur à 6h du mat’ à Carrefour, à devoir nettoyer les caisses avant d’errer dans le magasin balais à la main toute la journée. Enfin, quand je devais pas aller frotter les toilettes du personnel, toutes les deux heures. Très vite j’ai pété un câble, ce malgré la présence de l’hotesse d’acceuil qui faisait papillonner mon coeur d’adolescent. Alors j’allais aux chiottes, sur lesquels je m’asseyais, cuvette refermée, un bon bouquin à la main. Restant parfois des heures par jour à bouloter du Terry Pratchett, j’en ai quand même retiré pas mal. Et puis, vu que c’est que le numéro 3 sur la liste, j’ai du faire pire. D’ailleurs j’ai balayé ailleurs qu’à Carrefour, mais c’est une histoire pour une autre note.

Two – Fonctionnaire

Merci à mes supers relations. Pour mes 18 ans j’ai atterri à la préfecture du Rhône, au service de l’enfance maltraitée. Prenons sept mots pour savourer cette ironie. Si j’étais là, c’était pour faire tout le taf’ de tri de l’année. Ou comment me retrouver à trier par ordre alphabétique six mille dossiers en vrac, pour finir mon mois de boulot à rentrer manuellement les 6000 fiches dans Excel. Le tout dans une ambiance bien pourrie, un type m’ayant pris en grippe car je n’estimais pas sa méthode de tri optimale et préférait m’en tenir à mon organisation. En fait, les gens n’en avaient tellement rien à foutre du saisonnier, que je rodais parfois une heure de plus entre midi et deux dans le centre commercial à côté, à lire des comics. C’était toujours mieux que la lecture de la liste des sévices subis par chaque môme dont je classais le dossier.

One – Inventoriste

On se fait tous avoir un jour par cette offre à la con. Viendez bosser la nuit dans des supermarchés endormis à compter le nombre de boîtes de canigou avec votre super douchette laser ! Say supayr ! Deux heurs de formation et de tests pour vérifier si l’on est pas autiste et c’était parti. Premier soir, les bras dans les bacs de surgelés à compter les sachets de petits poids, on commence à douter très fort. En plus, système d’enculés, la rémunération change suivant que l’on a été dans les 50% plus rapide (11€/h) ou les 50% moins rapide (9€/h). Plutôt que de payer chaque jeune pareil, autant stresser les esclaves pour que tout le monde se tue à finir plus tôt. Bien joué. Sauf qu’une fois l’inspection de mi nuit passée, je me suis mis à compter au piffomètre, à choisir mes rayons et rajouter systématiquement des unités. Résultat, j’ai fini meilleur compteur du soir, avec hausse de salaire et prime d’efficacité qui vont avec. Note pour moi-même, les connards du grand capital, je suis encore plus un connard qu’eux.

J’aimerais que la grande leçon de cet article soit que j’ai connu la merde, littéralement, en matière de jobs, et que par conséquent je ne renie pas les petites mains du monde moderne. Mais ce que l’histoire retiendra, c’est que j’étais quand même un sacré petit con. Même si on ne m’aura jamais reproché de pas avoir fait mon taf’. Si ça vous botte j’en dirai plus.
Demain, ciné.

488 – Why Won’t You Get A Job ? 2

Mon frère est un branleur. Je préfère établir ça de suite, afin d’atténuer mes propres fautes, mais j’y reviendrai. L’été, en théorie, c’est cool. Mais l’usage veut que les jeunes qui n’en veulent en profitent pour bosser. Parce que les petits boulots saisonniers, ça vous forge un homme, ça vous apprend la vraie valeur de l’argent ! Même si ne me suis jamais défoncé la colonne à faire les vendanges, ça ne m’a pas empêché d’aller au turbin dès l’été de mes seize ans. Là je pourrais vous faire la liste des jobs ingrats et infâmes dans lesquels j’ai pu me fourvoyer. Sauf que je préfère garder ça pour un beau top 3 des familles, le genre qui me fera grimper dans votre estime en tant que martyr du capitalisme. Tout ça pour dire que cet été, bah non, je ne branle absolument rien, ou alors le strict minimum nécessaire à ma survie.

Pas de petit boulot, pas de rentrées d’argent, pas même la moindre miette d’activité rémunératrice. Rien à foutre. L’année dernière j’avais l’excuse de sortir de quatre mois de stage et donc d’être autant blindé que crevé. Cette fois, vu que je suis étudiant/chômeur depuis des semaines, je n’ai même pas cette excuse. Forcément, voilà qui déclenche les foudres de la haute autorité parentale, qui doit admettre auprès des amis de la famille que non, le fiston ne bosse pas, contrairement à leurs gosses modèles, esclaves soumis avec délectation au grand capital. Ambiance autour des côtelettes trop cuites à table. Mon presque bac+4 en communication à néanmoins développé un argument Oméga, le genre imparable. Avec un peu de chance c’est mon dernier été, mon ultime répit avant de devoir bosser pendant quarante putains d’années, si je crève pas d’un cancer ou autre d’ici là.

J’ai donc le droit inaliénable de ne rien foutre pendant deux mois ! Certes, tout ceci est plein de mauvaise foi. C’était sans compter mon frère, si radin et se satisfaisant de mes consoles/comics/jouets au point qu’il est dix fois plus thuné que moi, et par conséquent n’a jamais travaillé un seul été de sa vie. Je peux le pointer du doigt à l’infini pour justifier mes errements de jeune. De toute façon, lui ce sera toujours pire à ce niveau ! Bwah ah ah ! Enfin, si j’arrivais à me secouer pour faire ce mémoire aussi infernal que maudit, ce serait pas mal. Entre la chaleur et l’inactivité, alimenter le blog en article me demande déjà une énergie hallucinante. Ce qui n’a pas empêché la formation du Comité Pour Que LeReilly Rende Son Mémoire, étrangement concerné quant à mon avenir scolairoprofessionnel et qui me spamme quotidiennement.

Bon, je dois filer, j’ai rendez-vous avec un fantôme du passé avec qui je bois un verre à la sortie de son taf’ d’été. J’essaierai de ne pas (trop) faire remarquer que je suis en vacances. Que je suis maléfique !
Demain, on théorisera sur les toilettes de boîte de nuit, article kollektor je préviens !