1017 – Tiptoeing

C’est ridicule. Après avoir minaudé comme deux adolescents qui osent pas s’embrasser devant l’arrêt de métro, je l’ai raccompagnée chez elle. Rebelotte sur le pas de sa porte. Alors dans le doute, elle m’a raccompagné au métro. Lol. Pourtant j’avais adoré le début de soirée, à faire comme si c’était le fallafel que j’avais envie de manger et le coca que j’avais envie de boire. Nous avions fait danser nos pieds au dessus de la Seine, profitant de la légère brise de ce début d’été. Mais là, c’est simplement ridicule, de murmurer des demi-phrases devant une bouche de métro à minuit passé. Alors je monte sur la pointe de mes pieds, et je vais lui manger les lèvres et boire sa bouche. Elle répond bien. Je m’enhardis, je l’enserre. Elle presse ses seins contre mon torse. Joie. Une minute. Plus que ça. Et je rentre dans un nuage parfumé jusque chez moi.

Le lendemain matin elle me textota pour me dire que, avec le recul, non quand même ce n’était pas possible de sortir avec quelqu’un d’aussi petit que moi. Forcément, quinze centimètres, ça fait un peu loin pour aller voler un baiser. Ce qui ne la gênait pas à chaud posait problème à froid. D’où le froid, sur plusieurs mois, jusqu’à ce qu’elle rechange d’avis. Trop tard. Anyway. Je suis petit. Je suis une grosse douzaine de centimètres en dessous de la moyenne masculine française. Et je me suis déjà fait jeter pour ça, un matin d’été. Une conséquence moins visible est que mes petites amies rechignent d’instinct à mettre des talons si jamais cela les fait dépasser du sommet de mon crâne. Conséquence de la conséquence, je ne vois quasiment mes demoiselles toutes apprêtés, en tenue de soirée. D’une part parce que les occasions sont rares, d’autre part parce que le manque de talon n’incite pas à sortir le reste de la panoplie.

Parfois elle me montre des photos de ses soirées, parfois j’aperçois une robe pendue dans la garde robe d’une autre. Et j’ai l’impression de passer à côté de quelque chose. Comme aller à un spectacle et de se voir refuser l’accès à quelques numéros. J’ai l’impression que ses exs, ses futurs, auront accès au menu complet, à toutes les variantes, à toutes les chaussures lacées, boutonnées, surélevées. Je suis jaloux, je rumine. Quand je suis en confiance, je fais des appels du pied, j’aimerais bien voir. Elles acquiescent d’un air qui veut dire « c’est ça bien sûr », et je repense aux quelques pas si grandes qui ont pu se parer et m’enlacer sans rougir, à celles qui se mettent sur la pointe des pieds. Mais j’aime les longues jambes (cf le mollet d’une note précédente), moi aussi je veux jouer, moi aussi je veux embrasser.

Un jour j’ouvrirai une porte, et une me surprendra, pourpre aux joues, petites baguettes aux pieds et robe à drapées entre les deux. Elle me prendra la main, appuiera sur play et dansera avec moi dans son appartement, comme un premier pas vers autre chose. Talons à plat contre le plancher, je l’embrasserai entre ses seins à la fin de la chanson.

Parce que je serai un petit peu plus amoureux.

912 – Boobystery

J’ai un problème d’ordre mammaire. Y’a cette fille, jolie et tout, j’arrive absolument pas à savoir à quoi ressemblent ses seins. Enfin, je veux dire j’essaie de deviner, sans pouvoir mettre la main sur la moindre certitude. Comme je la vois assez souvent, je peux noter des trucs et prendre en compte un tas de paramètres. Par exemple, en fonction de son décolleté je peux essayer d’extrapoler les lignes formées de part et d’autre de son torse. Je pense physique, mécanique des fluide, masse, gravité. Bien sûr je dois compenser mes calculs par le soutien-gorge (tout en laissant la possibilité de la présence d’un coussinet). J’observe aussi ce qui se passe lorsqu’elle s’étire en arrière. J’essaie de comparer les protubérances en fonction de l’épaisseur du pull, d’à quel point son haut est séré ou pas. Plus d’une année de considérations anatomiques, et je suis toujours autant paumé.

En fait, j’ai remarqué un truc depuis que j’ai commencé à perdre du poids. D’une on me le fait remarquer, et ça c’est cool. Mais deux trois fois il m’est arrivé de me faire tâter le bras en douce par une fille avec qui je discutais. Genre elle me raconte un truc, éclate d’un grand rire tonitruant, bascule en arrière, m’attrape le bras comme si de rien n’était et rapidement appuie du bout des doigts à plusieurs reprises pour voir s’il y a quelque chose. JE VOUS AI VU FAIRE ! Après, je sais pas si elles ont été déçues. Y’a du mieux, mais niveau gonflette, la natation c’est pas le top. Juste je trouve ça un peu ouf dans la démarche, pour moi qui ait toujours mis un point d’honneur à ne pas partir à l’assaut du corps féminin sans autorisation (parfois tacite). Tout ceci me ramenant à cette injustice fondamentale : elles savent comment je suis foutu, moi, pendant ce temps, je doute.

Je suis un très mauvais juge du physique d’une fille. Enfin, disons qu’il me faut du temps et beaucoup de jus de cerveau pour me faire une image mentale assez précise. Je me souviens avoir été traumatisé, une demoiselle nue dans mon lit, de réaliser qu’elle était neuf mille fois mieux fichue du prévu. Et inversement, mais là c’est un autre problème vu que, parfois, il y a triche de la part de la partie adverse. N’empêche, tous ces exercices de déshabillage mentaux ont un intérêt : je remarque bien plus vite que la moyenne les petits détails. Ça peut être une constellation de grains de beauté, une veine un peu trop voyante ou des angles pas inintéressants. Of course, si je pouvais simplement palper en douce au détour d’une conversation anodine, ça serait beaucoup plus simple. Mais moi j’aime pas tricher. Na.

Retour à la fille du début. Je regrette vraiment de pas avoir joué mes cartes correctement à l’époque où j’étais plus ou moins en position de lui demander de se dévêtir avec de bonnes chances de réussites. Le mystère demeure, mon obsession aussi. Alors que je m’en fous d’assaillir ses seins en vrai, je veux juste savoir. Gniii !

419 – The Past Is Made Of Boobs

Bon, mes amis, c’est la merde. Nous sommes jeudi soir et j’ai strictement rien à raconter. Pourtant le vendredi, jour des filles, devrait y avoir des choses à dire ! Paraît que la psyché féminine est un truc hyper complexe. Mais en fait non, enfin si, les filles c’est compliqué, mais non, j’ai pas de grande parabole intellectuelle à vous présenter aujourd’hui. Tout ça c’est la faute d’une copine que je dois voir depuis un mois et qui doit m’avoir collé à peu près une demi-douzaine de lapins. Le pire, c’est qu’elle m’évite pas, vu que c’est elle qui me relance ! Ou alors il s’agit d’un jeu stupide pour voir combien de temps je peux tenir avant de perdre la raison. Dans l’incertitude du doute, j’ai réfléchi très fort pour vérifier si je ne lui avais pas foutu une grosse crasse ces dernières années.

A titre personnel de fan de statistiques, je dois concéder que pouvoir comptabiliser sur les doigts d’une main le nombre de fois où j’ai croisé cette fille sur plus de cinq ans, c’est assez unique. Une fois dans son bled paumé, pour une nuit, une autre fois un an plus tard dans le même bled paumé, pour un verre et une dernière fois encore deux ans plus tard dans mon appart’ parisien, pour un coca. Les amitiés MSN ça reste un bon gros bordel des familles. A un moment faut se poser la question : pourquoi insister à alimenter une amitié complètement foireuse sur plusieurs années ? Okay, vous avez gagné. La vérité c’est que j’ai beaucoup de mal a envoyer se faire foutre la jeune fille en fleur qui m’aura offert une magnifique poitrine sertie d’un soutien-gorge en dentelle rouge vif rien que pour moi. Si vous n’êtes pas un homme, sachez que ça fait partie des choses que l’on n’oubliera jamais.

Il s’agit donc d’une dette d’honneur masculine plus qu’autre chose. Parce que dans la vie, y’a rien de plus triste que d’écouter une ex disserter sur ses copains actuels et à quel point sa vie sentimentale est bordélique. Presque une demi-douzaine d’années et toujours à la ramasse, y’a des gens qu’on récupérera juste jamais. On pourrait croire que j’entretiens péniblement cette amitié dans l’espoir de retourner explorer les terres inconnues de son corps de nymphe, mais même pas. Le recul permet au moins de pas continuer à faire n’importe quoi avec son petit cœur qui bat, le notre, pas le sien. Nous sommes toujours jeudi soir et demain je suis censé la voir, pour la sept ou huitième tentative de se recroiser dans l’immense capitale. Je table sur un lapin de plus (babysitting surprise, maladie, alerte nucléaire, kidnapping alien) mais je vais quand même mettre mon réveil. Je suis juste irrécupérable.

Sachez donc, mesdemoiselles lectrices, qu’il est possible de scarifier un homme à coup de 95C et de s’assurer une fidélité indéfectible en amitié sur plus d’une demi-décennie. Bien sûr dans le sens contraire on peut toujours crever.
Au moins j’ai toujours mon top 3 de demain pour me consoler.

EDIT STAGE !!!

A 10h30 j’envoie un texto pour savoir si c’est toujours bon. Réponse : “Tu vas me houspiller mais j’ai baby-sitting de 13h à 15h, du coup un café a 17h ça te va ?”. Mais lolilol chère catin. Sur ce, vrais amis, je vous dit à toute à l’heure je retourne dormir.