880 – Switch ON

Ayé, demain je rentre à Paris. DEJA. Même que ça me les brise un peu. J’aurais pas été contre rester une semaine de plus dans les champs de la Drôme ou un mois de plus d’ans l’epicness de Lyon. A croire que la rentrée à Paris a inventé la déception perpétuelle. Si au moins j’étais content de retrouver ma Playstation, mais non, j’ai envie de la passer par la fenêtre depuis l’affaire Mass Effect II. Je pourrai aussi utiliser ma dernière capsule Nespresso avant novembre, c’est le temps qu’il va falloir pour qu’on me paie mon retard de bourse et que j’arrête de vivre sur l’épargne familiale. Bon ça va je déconne je fais pas TANT la gueule que ça. En vrai j’ai juste les chocottes ultimes parce que je rends mon mémoire mercredi. Dans deux jours. Sur le bureau de ma prof. Physiquement par moi-même.

Mine de rien, sauf coup de pute, ce rendu devrait sonner l’arrivée d’une nouvelle ère en ce qui me concerne. Je vais déjà pouvoir remettre les pieds en cours après un an et demi livré à moi-même et à ma Xbox. Pour l’occasion je me demande si je vais pas m’acheter un nouveau eastpack (oui j’ai envie de faire toute ma scolarité avec un sac à dos. Même à 25 ans, et ce pour le lol. C’est aussi le début des grandes décisions, à commencer par « dans quelle genre de boîte j’ai envie d’aller faire un stage dans l’espoir de choper du CDD qui va bien ? » en bifurquant par « et si je plaquais tout et je me tirais à New York ». J’en reparlerai sûrement. Mais ça cogite, et il ne me reste plus que quelques jours pour glander, finir mes jeux vidéos à la bourre, écrire un peu mon side project, faire le tour des gens, tout ce que je vais galérer à faire une fois dans la reprise.

Parce que septembre c’est la planète qui se remet lentement à tourner. C’est les séries qui reviennes à la TV pile quand tu n’as plus de temps pour les regarder. C’est les jours qui diminuent, un peu comme mon temps de sommeil. C’est aussi des bonnes choses avec les éditeurs qui rentrent de vacances et justifient un coup de pression ou de nouveaux envois. Tout ça et plus encore c’est la promesse d’une nouvelle année. Si cette fois ça me frappe plus que d’habitude, c’est à la fois parce que pour moi ça faisait longtemps, et aussi parce qu’en septembre prochain, tout sera différent. Sauf le blog, à priori. Parce que je suis un grand psychopathe et que ça me manquait de modérer les commentaires et rédiger des articles depuis la salle info de l’école. Détournement des moyens de production !

Tain, je relis cet article et j’ai envie d’aller me coucher avec une fille. Mais de rien faire, parce que je me suis épuisé le cerveau, juste pour hiberner et grogner contre un truc qui est doux, chaud et qui sent bon. Je veux pas rentrer. Mais je veux. Sauf que je veux pas.

Le fu.

520 – There’s No I In Team

Je crois en moi. Bon, ça n’étonnera absolument personne ici. Après tout, l’autre jour, où j’étais assis dans un bar avec une vieille copine. Elle m’a balancé à la gueule que des amis communs qui lisent mon blog le trouvent hyper prétentieux. Joie. Bastars ! Et bitch par commérage collatéral aussi ! Le truc c’est que dans mon boulot, à savoir la poursuite du papier imprimé, si on croit pas en soi, c’est foutu d’avance. Sans un minimum d’égo on se retrouve à s’étouffer en mangeant les lettres de refus, lavage d’estomac à l’hosto et thérapie psychiatrique à l’hosto du coin. Ou pire, un CDI chez Dunder Mifflin avec plein de perspectives d’avancement sur quarante ans. Kro bieng ! Tout ça pour dire que si vous me voyez me faire un clin d’œil quand je passe devant un miroir, c’est avant tout une question de survie.

520---Narcisse-Lettré

Bien sûr, de temps en temps je trébuche. Ca arrive. Que ce soit à cause d’un Deluxe trop froid une fois rentré à la maison ou de l’ultime lettre de refus de la part d’un robot stagiaire qui n’a pas lu mon bouquin. Dans ces moments là, je peux compter sur une espèce étrange d’individus qui m’entourent : ceux qui croient encore plus que moi que, heu… bah moi. Ils ne sont pas beaucoup, je vous rassure. Il y a celle qui au bout du monde est prête à vous mettre des coups de pied au cul pour avancer, la même qui m’a très largement aidé à rédiger les deux tiers de mes exposés scolaires de l’année. L’ex femme de ma vie continue à psychoter, persuadée qu’un jour je serai une sorte de superstar qui aura oublié jusqu’à son existence. Puis y’a mon Marabou/Pimp qui me promet putes et compte en suisse entre deux bouchées de brownie maison fait par sa douce chère et tendre.

J’en oublie, mais l’avantage avec ce genre d’étranges individus, c’est qu’ils sont capables de m’injecter de la force quand je suis à court. Ils font plus que me soutenir et s’intéresser, ils sont persuadés que je peux. Pas de chance, ce genre d’attention est à double tranchant. Si j’échoue, si je fais une connerie, si je m’enfonce dans une mauvaise phase, je ne fais pas que décevoir mon petit égo froissé, je les froisse eux aussi. J’ai l’étrange impression de leur devoir d’accomplir quelque chose, de réussir. J’ai besoin de valider ce qu’ils voient en moi et que parfois j’en arrive à oublier. J’ai surtout besoin de prouver qu’ils avaient raison, que le temps et l’énergie qu’ils passent à me booster n’étaient pas inutiles. Etre entourés de personnes qui font plus que leur boulot de pote, qui se rapprochent le plus de ce qui pourrait être qualifié d’amis, ça n’a pas de prix.

Si j’en parle aujourd’hui, c’est qu’il y a des périodes comme ça, on l’on réalise pleinement l’influence positive de son entourage. Septembre, la rentrée, les résolutions, le démarchage d’un nouveau roman, la hargne. Back in business.
Demain ce serra un article métaphysique de qualité sur le bubblegum.