L’année dernière j’avais lu le roman Game Of Thrones en même temps que je regardais la série. L’idée étant qu’une saison durant 10 épisodes, j’essayais de toujours avoir un dixième du livre d’avance sur la diffusion TV. Et niveau expérience, c’était plutôt pas mal. Alors pour la seconde saison, j’ai investi dans le second tome de la saga, A Clash Of Kings, afin de me livrer au même exercice.
A l’inverse que cette fois-ci, cela ne se déroule pas du tout comme prévu.

Car autant la première saison du show TV était fidèle au livre, autant cette année les scénaristes ont décidé de se réapproprier (synonyme mélioratif de « prendre des libertés ») l’œuvre originale. Je m’en suis rendu compte lorsqu’un épisode se termine par la prise par surprise du personnage de Jon Snow dans les bois. Celui-ci finit assommé. Suspense de fin d’épisode. En retard dans ma lecture, je me suis dépêché de rattraper le passage en question. Sauf que dans le bouquin, Jon poursuit tranquillement sa route. Un rebondissement avait été ajouté en TV pour créer une coupure plus dramatique de fin d’épisode. Diantre. Je ne me doutais encore pas que ce point de détail n’était que la partie émergée de l’iceberg.

En effet, les scénaristes ont depuis rajouté des blocs entiers d’intrigue, avec des courses poursuite dans la neige, des kidnappings de dragons et autre séquences se déroulant dans des bordels. Rien de tout cela n’est dans le livre. Autant parfois les ajouts sont intéressants ou justifiés (il faut fusionner des personnages, raconter en une séquence ce qui se passe en trois chapitres etc…), autant on se retrouve avec des séquences ratées. Et là le lecteur d’hurler à la mort devant son écran. Puisque d’autres évènements du livre sont complètement passés sous silence, sans que la raison en soit toujours évidente. D’où des comparaisons chaque lendemain de diffusion sur les blogs des fans.

Alors que j’arrive au terme de ce second tome (et de cette seconde saison), je suis perplexe. Je n’arrive pas à savoir si j’apprécie plus ou moins la série en lisant le livre. D’un côté j’ai toujours la totalité des détails du roman, souvent très condensés dans le show. De l’autre je subis mon propre agacement lorsque je ne suis pas d’accord avec les déviations des scénaristes. Un problème que je n’aurais pas eu en m’épargnant le livre. Surtout que, dans l’absolu, j’aime que les auteurs de la série prennent des libertés. Ils ont su prouver leur talent dans quelques scènes supplémentaires, juste avant de me faire douter au détour d’un oubli fumeux.
Quoi qu’il arrive le roman reste hautement recommandable. C’est toujours aussi bien écrit, et les dialogues originaux sont savoureux de bonne répartie et autre trait d’esprit. Je pense continuer ma petite expérience l’année prochaine encore, en sachant que cette fois les producteurs de la série ont annoncé ne pas pouvoir ni vouloir adapter tout le troisième tome d’un coup.
Voilà qui promet d’être intéressant, pour qui s’amuse à comparer les deux.



