1148 – Reccaped

En 2002 j’avais 16 piges et j’aimais encore Naruto. L’anime commençait sa diffusion TV au Japon et je découvrais les joies du fansub, avec tous ces bénévoles zélés qui sous-titraient les épisodes en quelques jours. A l’époque j’avais essayé de mettre en place un Anime Club. En gros je téléchargeais de quoi passer une heure chaque dimanche devant des dessins animés japonais et mes potes n’avaient plus qu’à venir avec le pop corn. C’était le pied. Ca aura duré quelques semaines au maximum, avant que la réalité ne me rattrape. Tout le monde n’était pas dispo à intervalles réguliers, tout le monde n’avait pas non plus envie de faire l’effort. Alors je me suis retrouvé à devoir suivre mes séries seul. Ce qui m’aura poussé à lâcher l’affaire.

Depuis, on a inventé les récaps de séries et tout va mieux.

Vous savez, ces sites où des mecs vont critiquer chaque épisode de chaque série dans des papiers qui peuvent s’étendre sur plusieurs pages. Sur le principe on peut se demander à quoi ça sert, d’aller relire le résumé scène par scène des quarante minutes qu’on vient de voir. Pour moi ça palie à l’absence de camarades dans mon canapés. Rythme de vie de jeune stagiaire oblige, je consomme mes séries quand je peux. Déjà que je peine à m’organiser pour suivre ce que j’aime, si en plus je dois composer avec mes potes (ce que je fais sur certaines séries, réservées à ma BFF, ou à un ami), c’est l’enfer. Sauf que j’ai BESOIN d’en parler après, de savoir ce qu’on en a pensé, si un détail m’a échappé, si mon appréciation de l’épisode s’écarte de la moyenne. Alors dans les minutes qui suivent, je fonce sur mes sites US préférés, et je bouffe de la récap.

Tout ça parce que j’ai besoin de parler et confronter mon expérience de chaque épisode pour prolonger le plaisir. C’est comme pour le cinéma, les bouquins, la culture en général. Apprécier dans mon coin ne me suffit pas. J’ai besoin d’échanger, d’approfondir. Et ça ne peut pas fonctionner avec les gens de la vraie vie quand on regarde ses épisodes en différé. Un peu comme quand on a tenté de parler de Game Of Thrones au bureau avant de se prendre une balle anti stress sur le coin de la gueule pour nous éviter de spoiler à celui qui n’était pas à jour. Puis on a les séries qu’on est le seul à regarder dans son entourage. Genre hier soir j’ai diné devant Suits. Je suis le seul à regarder Suits. A part Pimp, qui m’a vendu la série. Vous devriez la regarder d’ailleurs, ça nous ferait un sujet de conversation en rab’ et j’aurais pas à fouiller le net pour trouver des résumés corrects.

A part le partage, les récaps permettent aussi de suivre une série en dilettante, l’exemple type étant Smallville, où quand je loupais un épisode, je préférais lire une critique bien faite que le regarder. Le cas extrême étant de ne suivre une série que par le biais de résumés, comme The Event, dont j’ai décroché au milieu tout en voulant savoir la fin. Je préférais investir 5min de lecture plutôt que 42 de visionnage chaque semaine.

Sur ce, je vais regarder le pilote de Wilfrid et le dernier épisode de Louie.

1131 – Book Review 179

Mon fonctionnement est un peu pourrave. Pendant des années on m’a rabattu les oreilles à propos du Trône de Fer, la saga médiévale épique de Georges R R Martin. L’immensité de la tâche (quatre volumes de mille pages en moyenne) et mon apathie vis-à-vis de la fantasy on fait que je ne me suis jamais lancé. Ce qui ne m’a pas empêché de suivre avec attention la mise en route de l’adaptation TV diffusée actuellement sur HBO. Entre le budget de luxe et le casting classieux, je ne pouvais que regarder. Et donc me prendre la baffe annoncée par mes amis. Là où mon fonctionnement est pourrave, c’est que ma TV a plus d’influence que mes proches, vu que j’ai chopé le premier livre (sorti en deux tomes chez nous) histoire de le lire avant d’arriver au bout de la série.

Avance rapide trois semaines et 785 pages plus tard.

Sur le continent de Westeros, les saisons peuvent durer des années tandis que les rois défilent sur le Trône de fer. Le régent actuel, Robert Baratheon, vient de perdre sa Main, son plus fidèle conseiller. Il marche alors jusqu’au nord pour demander à son meilleur ami, Eddard Stark, de devenir sa nouvelle Main. Les Starks sont honorables et fiers, aussi Eddard n’a d’autre choix que d’accepter, quitte à laisser derrière lui le Mur, qui sépare les Septs Royaumes des monstruosités qui habitent les terres gelées du nord. Il se pourrait surtout que l’ancienne Main ait été assassinée par la Reine et son frère, tous deux issus de la maison des perfides Lannisters. Eddard doit enquêter, au risque d’être le prochain sur la liste.

Bon, là je vous l’ai fait simple, mais il y a une bonne demi-douzaine d’histoires parallèles dans le bouquin avec autant de personnages fascinants (big up au nain et au bâtard). Par exemple l’exil de la princesse déchue Daenerys ne croise à aucun moment directement l’intrigue principale. Oui parce que c’est une saga : A Song Of Fire And Ice. Et A Game Of Thrones n’en est que le premier volet. D’ailleurs le livre ne se termine même pas sur une résolution ou un suspense. Non. Les pions sont simplement mis en place pour la suite de la partie. L’auteur part du principe que le lecteur va lire la suite. C’est à la fois frustrant (tout ça pour ça) mais confère un côté homogène à l’ensemble (va lire le chapitre suivant). En ce qui me concerne, parce que j’ai envie de lire autre chose que A Song Of Fire And Ice jusqu’à septembre je crois que je vais m’accorder une pause, profiter déjà de la série TV.

Même si, forcément, l’adaptation qui me semblait si luxueuse et fouillée me paraît à présent cheap et expéditive.

Parce que le livre est effectivement exceptionnel. Je suis sidéré par tout le travail de worldbuilding, avec un historique détaillé et des dizaines de personnages qui vont et viennent. La tâche a dû être titanesque et en tant que lecteur je me suis parfois perdu. Martin se permet même quelques fulgurances de style par ci par là, donnant un cachet littéraire pas déplaisant à l’œuvre. Le seul point qui m’a parfois gêné, c’est que l’auteur adopte le point de vue d’un personnage différent (huit en tout) par chapitre, et quand le personnage en question ne m’intéresse que trop peu, le chapitre devient pénible à lire. Mais c’est vraiment histoire de râler un peu.

Je ne doute pas une seule seconde de mon futur achat de A Clash Of Kings. Sûrement l’année prochaine, avant la diffusion de la saison II sur HBO. Pour pouvoir râler que « pfff, ils ont trop viré des trucs importants tsé ».

BUY STAGE !!!

J’ai lu ressort la saga en version « intégrale », comprendre pas en kit. A Game Of Thrones est donc dispo pour 14.16€. Ca les vaut.

TV TRAILER STAGE !!!

1106 – Chewing

Depuis le succès de The Walking Dead, les chaînes US commencent à lorgner sérieusement du côté des comics un peu transgressifs pour remplir leur grille. On peut par exemple penser à l’adaptation en cours du Powers de Brian Michael Bendis. Mais depuis quelques semaines, Chew est venu grossir les rangs des candidats au câble (sur la chaîne Showtime pour être précis). Je vous avais parlé de ce polar cannibale il n’y a pas si longtemps. On y suit les aventures de Tony, un détective capable de lire dans l’esprit de ce qu’il mange. Y compris les cadavres. Sortir chez Image Comics, les recueils ont traversé l’Atlantique et sont enfin dispos chez nous.

Entre temps j’ai avancé ma lecture et je peux vous dire si la suite est du même niveau. En gros : oui. L’univers imaginé par Layman et Guillory, un monde où la consommation de poulet est interdite à cause de la grippe aviaire, prend de l’épaisseur sur le second tome. Centré autour d’un mystérieux fruit tropical au même goût que la volaille, le Tome 2 de Chew assure son quota d’explosions, de grosses marrades et autres personnages aux pouvoirs culinaires toujours plus barrés. Non sans oublier l’intrigue de fond, qui progresse doucement mais sûrement.

Le troisième volume m’attend sagement sur mon bureau mais je peux déjà admettre que l’essai est transformé et que Chew en a dans le ventre. Si vous voulez vous familiariser avec la série avant l’adaptation TV vous n’avez plus vraiment d’excuses, sortie française oblige.