1106 – Chewing

Depuis le succès de The Walking Dead, les chaînes US commencent à lorgner sérieusement du côté des comics un peu transgressifs pour remplir leur grille. On peut par exemple penser à l’adaptation en cours du Powers de Brian Michael Bendis. Mais depuis quelques semaines, Chew est venu grossir les rangs des candidats au câble (sur la chaîne Showtime pour être précis). Je vous avais parlé de ce polar cannibale il n’y a pas si longtemps. On y suit les aventures de Tony, un détective capable de lire dans l’esprit de ce qu’il mange. Y compris les cadavres. Sortir chez Image Comics, les recueils ont traversé l’Atlantique et sont enfin dispos chez nous.

Entre temps j’ai avancé ma lecture et je peux vous dire si la suite est du même niveau. En gros : oui. L’univers imaginé par Layman et Guillory, un monde où la consommation de poulet est interdite à cause de la grippe aviaire, prend de l’épaisseur sur le second tome. Centré autour d’un mystérieux fruit tropical au même goût que la volaille, le Tome 2 de Chew assure son quota d’explosions, de grosses marrades et autres personnages aux pouvoirs culinaires toujours plus barrés. Non sans oublier l’intrigue de fond, qui progresse doucement mais sûrement.

Le troisième volume m’attend sagement sur mon bureau mais je peux déjà admettre que l’essai est transformé et que Chew en a dans le ventre. Si vous voulez vous familiariser avec la série avant l’adaptation TV vous n’avez plus vraiment d’excuses, sortie française oblige.

1062 – Fueled

Les réactions face à l’article de lundi dernier m’ont un peu étonné. J’y retranscrivais un court texte de motivation de l’auteur Chuck Palahniuk. Pas mal de commentaires indignés, en mode c’est jeter des miettes aux affamés, les ateliers d’écriture de toute façon c’est de la merde, ce discours a été écrit par captain obvious. Etonnamment, ceux qui validaient le plus la démarche de Chuck (et la note) sont mes amis qui sont payés depuis des années pour écrire des trucs. Preuve s’il en est que la réussite rend humble. Tout comme l’absence de réussite se compense parfois par de l’arrogance. Et je dis ça sans jugement de valeur puisque je m’en sers aussi pour avancer. De l’arrogance, de la prétention, des certitudes. Parce qu’en vrai, dans ce genre de boulots/rêves, tout carburant est bon à prendre.

Je ne radote pas, j’aborde le sujet sur un angle différent. Mais une fois encore je ressens le besoin de parler de l’importance de toutes ces petites choses qui vont faire que temps, motivation et énergie vont converger assez longtemps pour que j’abatte quelques lignes de prose. C’est un peu comme les alignements d’étoiles dans l’espace : ça n’arrive quasiment jamais ! Il faut forcer l’univers. Par exemple le temps c’est très relatif, ça se trouve, ça s’étire, ça se déplace. La motivation et l’énergie aident. Et pour ça… En l’absence de succès tangible, de réussite claire ou d’un chèque à la fin du mois, il faut chercher d’autres sources pour alimenter la flamme. Là effectivement chacun est plus ou moins sensible à différents stimulus. Effectivement si vous ne voyez pas qui est Palahniuk ou si vous n’avez aucun affect positif sur son œuvre oui lui-même c’est compliqué.

En ce qui me concerne j’ai remarqué que les séries/films avec des gens qui écrivent ou qui ont des rêves me boostent bien. On peut trouver tous les défauts du monde à Californication, n’empêche qu’à la fin d’un épisode je suis souvent reboosté. Ça marche aussi dans une moindre mesure avec How To Make It In America. Sinon chaque fois que j’écris un bout de texte je l’envoie à ceux dont je sais qu’ils devraient aimer. Recevoir le mail retour en mode « yay c’est top continue toussa t’as vu ! » devient primordial pour contribuer à remplir la jauge. Sinon il y a des bouquins que je lis, des bouquins qui sortent, ou bien des conversations. Raconter l’histoire d’un manuscrit me donne souvent une idée ou deux, qui me poussent à essayer de les intégrer. Et donc d’écrire. C’est une poursuite sans fin de petites motivations qui ne demandent qu’à être mises bout à bout.

Alors ouais, pour moi un bon discours de motivation par une figure que j’estime fonctionne aussi bien que le speech d’un coach à la mi temps dans les vestiaires à son équipe en train de perdre la finale du championnat. C’est un besoin, un shoot, une nécessité en l’absence d’autre chose.

L’important c’est de trouver ce qui marche pour vous.

955 – Dear (Vampire) Diary

J’ai pas envie de regarder The Vampire Diaries. Sérieux, chaque semaine je télécharge l’épisode en même temps que le reste. Mais le jeudi matin, au milieu des torrents des Internets, on pêche aussi Community et Fringe. Ce qui est très très bien. Rien à avoir avec le soap bas de gamme pour fans de Twilight en manque de romantisme à deux balles. Je me réserve le Fringe pour le soir, avec de la bonne bouffe et le café qui va bien pour faire glisser. Le Vampire Diaries, il trainasse sur mon disque dur jusqu’au dimanche midi. Ce jour où j’ai absolument rien d’autre à regarder et où je m’ennuie comme un rat mort. Alors même si j’ai pas envie, je regarde. Et là, c’est un peu le drame, parce que chaque semaine depuis cette rentrée je termine l’épisode en hurlant mon bonheur. Parce qu’en fait, The Vampire Diaries, c’est le meilleur plaisir coupable du monde.

La principale qualité de la série, c’est d’être complètement n’importe quoi. C’est un foutoir pas possible là dedans, entre les vampires, les loups garous, les sorcières, les jumeaux maléfiques et les sociétés secrètes. Et tout va à deux cent à l’heure en termes d’intrigues. Une histoire qui pourrait durer trois épisodes se voit condensée en un seul, sachant qu’il se passe toujours deux ou trois trucs en même temps. Les avantages sont multiples. On a pas le temps de réfléchir au fait que tel mec est mort ou comment telle relation évolue qu’on est déjà passé au truc d’après. A l’inverse de trop de séries où ça piétinne et où l’on a le temps de réaliser qu’on nous prend pour des cons, The Vampire Diaries fonce à 88 miles à l’heure. Même si c’est droit dans le mur, c’est pas grave. Au point que je me demande si les mecs n’improvisent pas au fur et à mesure.

Déjà vu le nombre de morts par épisodes, la ville où se déroule l’intrigue devrait déjà être dépeuplées. Des figurants crèvent pour rien, on arrache le cœur d’un personnage secondaire sans sourciller et des mecs sont à peine là depuis dix minutes qu’ils se font décapiter. C’est juste complètement magique. Sans parler des personnages, complètement stupides qui ne prennent pas le temps de s’assurer que leurs ennemis sont bel et bien morts avant d’aller faire le bisou de la victoire. Par exemple. Car oui, il reste bien des trucs un peu romantiques dans le fond, tout le monde aime l’héroïne et ses amis sont en train d’épuiser toutes les combinaisons sexuelles possibles. Mais l’action reste au centre du show, ce qui m’étonne pour une série ciblée filles. Oh et c’est joli, de l’image bien propre en HD jusqu’aux actrices qu’on mangerait bien toutes crues, ça flatte la rétine.

J’avais regardé le début de la première saison de The Vampire Diaries. Au bout de quatre épisodes j’avais décrété que c’était de la merde. Mais ce début de saison deux, visionné par ennui, quelle magie mes amis, quel gros bordel de premier choix ! Hier, avant j’ai dévoré le dernier épisode, avant Community, avant Fringe. Et c’était de la balle.