1127 – Retconned

Vampire Diaries, c’est quand même prodigieusement n’importe quoi. C’est d’ailleurs pour ça que c’est bien. Par exemple, toute cette saison les mecs se bastonnaient autour d’une malédiction sensée permettre aux loups garous de se transformer à volonté. Jusqu’à ce que, quinze épisodes plus tard on nous explique qu’en fait la malédiction n’existe pas et que c’est complètement autre chose en fait. Ah. En vrai, c’est qu’en tant qu’outil scénaristique, la malédiction ne servait plus à rien. Trop risqué de la lever, trop chiant de continuer à lutter contre. Alors on la vire et on invente complètement autre chose. Et ouais, en fait y’a une malédiction mais tout le monde a menti et c’est pas ce qu’on croit ! Ah. La magie du scénario, on peut ressusciter des gens, changer des personnalités ou même réécrire l’histoire.

En langage geek on appelle ça un retcon, pour retroactive continuity.

Le saviez-tu ? Mais il existe des gens qui sont littéralement payés pour tout savoir sur un univers fictionnel. Ce sont des Continuity Editors, ils travaillent sur Star Wars, les comics Marvel, la série Doctor Who ou le jeu vidéo Warcraft. Leur boulot est d’archiver et maintenir tous les éléments de l’historique de l’œuvre, afin de pouvoir aiguiller les scénaristes lorsqu’ils ont des questions. Ils sont les gardiens de la continuité, ceux qui font que des années (parfois des décennies) de scénarios se tiennent, sont logiques. Parce que quand tu prends un personnage comme Batman, qui est présent dans environ 200 pages de nouvelles BD par mois, depuis soixante ans, il faut quelqu’un à plein temps pour arriver à maintenir de l’ordre dans tout ce bordel. Et parfois, quand la continuité ne tient plus debout, quand les incohérences se multiplient ou quand les auteurs sont face à un mur, il faut appuyer sur le bouton reset.

Il faut faire un retcon.

Un des premiers retcon en littérature est celui de la mort de Sherlock Holmes à la fin de The Final Problem. Qui sera annulée par Conan Doyle qui a cédé devant la popularité du personnage. D’où le classique « Hé non en fait vous avez pas vu mon corps, j’étais pas mort ! ». Confère Ben Laden. Sinon, prenez une règle que j’adorais dans Doctor Who : le Docteur n’a que 13 vies (et donc 13 acteurs possibles, puisqu’une vie égale un nouvel acteur). Problème quand on arrive au 11ème docteur. Alors les scénaristes nous font un petit sous-entendu comme quoi en fait non non, y’a autant de vies qu’on veut. Okay. Le plus sale étant quand on efface carrément plusieurs années de continuité. On revient à Peter-Parker qui accepte d’effacer son mariage avec Mary-Jane en échange de la vie de Tante May. Tout est arrivé, mais la réalité a changé et plus personne s’en rappelle. Bon d’accord.

A mi-chemin entre le mal nécessaire et le gadget du scénariste en panne d’inspiration, le retcon fait souvent frémir le fan. Parce qu’au fond, cela revient à dire qu’on lui a menti, qu’il s’est investi pour rien.

Et si vous aussi, vous voulez sentir le frisson du bouton reset, vous voulez retconner comme des boss, n’hésitez pas. Editez un de vos commentaires incendiaires sur un forum, supprimez quelques statuts facebook ou bien trafiquez votre CV en rajoutant des passions imaginaires comme le water polo. Ca y est, vous êtes un scénariste des comics d’hollywood.

Sur ce, je vais aller acheter de trucs d’occasion et les ranger en bordel chez moi pour faire comme si je les avais depuis des années.

1009 – Missed Of

Là tout de suite j’ai l’album High Violet, de The Nationals, dans les oreilles. J’ai pris la décision de le mettre en playlist Spotify en suivant un top 10 des meilleurs albums de 2010 sur Twitter. La veille j’avais enregistré l’extraordinaire Treats de Sleigh Bells. J’ai passé le reste de la soirée à me demander comment personne avait pu me prévenir qu’on avait sorti un truc aussi cool au printemps. Alors même que je bossais au sein de la rédaction d’un site culturel avec une section musique. Infâmie ! A la fin de High Violet je pense passer au Teen Dream de Beach House. Ouais, j’essaie de m’acheter une culture musicale. Enfin disons que je fais un effort de remise à jour. Pour ça j’écume les quelques ressources internet que je connais à la recherche d’idées que j’éprouve sur Spotify, sélectionnant ce que je vais garder ou pas au final.

C’est l’effet fin d’année : les tops fleurissent un peu partout. Top 10 des meilleurs films, des pires films, des meilleurs albums, des meilleurs jeux vidéo, des meilleurs bouquins, des meilleures séries, de tout ce que vous voulez en fait. Chaque site, blog, publication y va de sa liste perso. Une occasion comme une autre de repérer les gens de mauvais goût. Peut-être pour ça que je ne participe pas à la course aux tops. D’une parce que je pense que y’en a assez partout ailleurs, d’autre part parce que j’ai la flemme de me foutre sur la gueule avec les gens trop stupides pour venir argumenter derrière. Après, je ne dis pas que je ne vais pas faire des classements à l’oral autour d’un burger avec mon meilleur ami. Classic shit. Non, au lieu de me casser à dresser et rédiger mes listes, je préfère conserver mon énergie à piller celles des autres pour tout ce que j’ai loupé.

Par exemple j’ai passé une aprem’ à confronter les listes cinés des critiques que je respecte au planning Allociné pour savoir quand je pourrai aller visionner ce que je n’avais pas encore vu. Aussi pour noter ce que je devais télécharger ou importer vu que ça ne sortirait jamais chez nous. J’ai profité du retour sur Lyon pour commencer à rattraper les jeux Wii oubliés de l’année, Mario Galaxy II et autres Donkey Kong qui apparaissent sur les listes des tueries de l’année. J’ai aussi par exemple mis Alpha Protocol sur ma wishlist jeux vidéo après l’avoir étrangement vu réapparaitre sur pas mal de top 10. Le best of 2010 d’Amazon.com est aussi bien pratique pour choper des idées lectures. Un peu à l’instar de mes listes préférées, celles du genre « meilleur jeu auquel personne n’a joué », « meilleure série que personne ne regarde ».

Ce sont mes Missed Of 2010 : les séries sur lesquelles j’ai fait l’impasse, les albums dont je n’ai pas entendu parler, les films sortis en cachette, les jeux vidéo que j’ai injustement méprisés. Je cours, je rattrape comme je peux, la peur d’avoir raté quelque chose de magique, quelque chose qui aurait pu illuminer mon année. Continuez à lister, je dévore.

923 – In Case Of Emergency

Bon, nous sommes en octobre et force est de constater que dans les nouvelles series de cette année, y’a rien à sauver. Les trois du fonds qui aiment s’emmerder royalement devant le remake d’époque des Sopranos lent comme la mort qu’est Boardwalk Empire, revenez demain. En bonne série, il devait y avoir Lone Star, mais elle a été annulée au bout de deux épisodes. PAS DE CHANCE ! Je peine à accrocher à The Event, le nouveau Lost-Forward, qui ne m’a jusqu’ici donné aucune raisons d’en avoir quoi que ce soit à foutre. Quant au reste ? Pas grand-chose à sauver en attendant The Walking Dead le 31. Et encore même ça, c’est six épisodes, du coup ça peine à compter vraiment. Sans parler du fait que j’ai déjà des migraines à m’imaginer tous les autistes qui ne lisent pas la BD depuis presque 10 ans découvrir la lune et me demander si je connais et me le conseiller.

Tout ça pour vous dire que vous devez vous mettre à Fringe. Parce que vous n’avez pas vraiment le choix en fait, si vous voulez découvrir un truc nouveau. J’aurais voulu vous vendre Stargate Universe mais je ne vous sens pas prêts. Fringe donc, qui a le mérite de passer sur un grand network (la foooox) et donc d’avoir les moyens de ses ambitions. Je précise avant tout que je viens de là où vous êtes. C’est-à-dire que j’ai zappé complètement la première saison, que j’ai trouvé ça naze, sans grand intérêt et dérivatif de l’inégalable X-Files. Or il s’est avéré que j’avais à la fois raison, mais en même temps tort. Beaucoup tort. Car autant la première partie de la première saison était poussive, sans ligne directrice claire et truffée d’épisodes interchangeables, autant la suite aura hissé le show dans le top 3 de ce que j’attends le plus chaque semaine.

Pardonnez-moi si je spoile un peu, même si je vais tenter de rester aussi light que possible. Mais Fringe aura bien évolué, faisant que ses trois personnages principaux des figures tragiques et complexes, chaque acteur donnant le maximum (je maintiens que John Noble, qui joue le père de Joshua Jackson aurait mérité un petit truc aux Emmys). A présent que l’ennemi et la menace sont clarifiés, la série enchaîne sur une troisième saison qui semble partie pour ne plus comporter d’épisodes « vides ». L’autre camp possède des motivations compréhensibles et si leurs méthodes sont troubles, la série nous pousse à nous demander tout doucement qui a réellement raison. A côté de ça, les scénarios sont truffés de bizarreries génétiques et inventions cataclysmiques pour mon plus grand bonheur de fan de hard-science. Et si parfois, les justifications sont grand-guignolesques, le résultat à l’écran est sans contexte plus que cool.

Cette semaine le site Io9.com a sorti un article avec la liste des épisodes plus ou moins indispensables pour se mettre à jour à toute vitesse. Je suis scrupuleusement la recette sur ma meilleure amie, pourtant pas friande de Sci-Fi à la base. Elle accroche à mort on s’en est déjà mangé 4 d’affilée. Pour elle ça sera sûrement un nouveau rendez-vous pour combler le manque de nouveautés de qualité.

La balle est dans votre camp, enfin votre ordi.