Sharkboy est de retour. Yay ! Pour ceux qui n’étaient pas là et pour ceux qui ont oublié, Sharkboy est le camarade de classe chez qui je suis allé squatter à New York en décembre dernier. J’avais passé deux semaines de pied total à manger des trucs cools et squatter à des soirées encore plus cools. Puis je vous avais un peu parlé de l’ami Sharkboy, et de sa passion sans limites pour les filles. D’ailleurs quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’il avait rédigé son mémoire à propos des flirts à Manhattan. A un niveau universitaire on pourrait parler d’observation participante. A un niveau plus terre à terre j’ai envie de dire que non seulement il a passé l’année à choper la moitié de la ville mais il a réussi à remarketer tout ça en forme de mémoire. Moi je respecte. La mauvaise nouvelle, c’est que vu qu’il est de retour sur Paris, vos femmes et filles sont en danger. Toutes.

Qui dit nouvelle promo de l’école, dit nouvelles oies blanches. Le truc à Neuilly, c’est qu’on se retrouve avec pas mal de filles casées jusqu’au cou, un peu coincées, dans des problématiques de couple assez basiques. A mon niveau, je trouve ça rassurant, ça me prouve qu’il existe des personnes qui ne vivotent pas d’un plan cul jusqu’au prochain drame jusqu’à la prochaine relation pourrie. Elles sont la définition du contentement. Le revers de la médaille c’est que si elles ne sont pas à deux cent pour cent amoureuses de leur homme, il en faut peu pour faire vaciller leur petit univers. Vous savez ce qu’on dit, qu’il faut parfois laisser les gens faire leurs propres erreurs. Un truc avec lequel j’ai toujours eu du mal. On t’a expliqué que si tu te jettes sur les rails du métro, tu meurs. Alors tu le fais pas. Mais on devrait excuser les premières adultères, les conneries sentimentalo-cul, parce qu’il faut faire l’erreur pour apprendre. Conneries.

C’est ça le truc. Quand j’ai fait des choses répréhensibles à ce niveau, je ne me suis pas cherché d’excuses. J’ai agis mal parce que je le voulais, pas pour tester les limites du tissu social. Et j’étais là, à ressasser mes idées sur la question, pendant que Sharkboy travaillait au corps une oie blanche en doute sur son couple, sur si elle « profite » de sa jeunesse. Je le voyais user de toutes les vieilles astuces, les arguments d’autorité, le comportementalisme, la programmation neuro linguistique, les techniques de drague de base. Et elle tombait dans tous les pièges. Même Will Coyote n’est pas aussi masochiste. Le fait est qu’il est très bon, elle qu’elle n’y connait rien. Un cerveau d’ingénue, ça se retourne à la pelleteuse qu’elle ne tilterait pas. Alors j’ai fait le truc le plus stupide du monde, face à l’avocat du diable j’ai revêtu mon costume de Phoenix Wright et j’ai tenté de faire la voix de l’ange placé sur l’épaule.

Dans ces moments-là le réel vient vous foutre une grande tarte dans la gueule d’avoir été aussi naïf. Le bon droit et le bon sens ne peuvent pas tout fasse à un serpent beau parleur. Surtout quand la fille entend « on te sauterait mieux », « on te ferait plus d’attentions », « tu aurais plus de libertés » et ainsi de suite. Il est beau le contrat, plus que les petits caractères, les soirées en solitaire à la maison, les connards et le risque de perdre le fond d’innocence qui reste. Je le sais parce que Sharkboy n’a plus rien à voir avec son homologue amoureux et fiancé d’avant le pétage de câble. Je le sais parce que je suis un peu cassé qu’avant. Been there, done that.
Je suis rentré chez moi la gorge sèche et les tempes en feu. J’ai fait ce que j’ai pu mais je crois que sur ce coup, mon pote a gagné la bataille. Peut-être qu’il faut laisser les gens faire leurs propres erreurs, que de toute façon on ne peut pas les en empêcher, l’alternative est bien trop séduisante. Mais ça ne m’empêchera pas de considérer que soit tu assumes ta connerie avant de la faire, soit tu es faible et/ou stupide.





