Parfois, on me demande ce que sont devenues les filles du Shopi. Si vous n’étiez pas sur ce blog ni sur mon Twitter l’année dernière, vous ne savez pas de quoi je parle. Pour la faire simple, au Shopi en face de chez moi, caissaient deux jolies demoiselles. La première était grande, pulpeuse et sévère. La seconde, arrivée plus tard, était mignonne, douce et aimable. A force d’y aller quasi quotidiennement (le fu ! plus de Pepsi Max !), elles ont fini par me reconnaître à leur tour. Le bonjour est devenu un salut, des plaisanteries se sont échangées. J’ai même dit à la seconde que j’aimais beaucoup son parfum. Enfin, ces trucs quoi. Avec le petit fantasme d’avoir éventuellement une nana qui bosse à vingt mètres maximum de mon lit. Ah, le cerveau adolescent. Puis un jour, j’ai simplement cessé de vous tenir au courant des avancées du truc.
J’aimerais vous dire que c’est parce que les caissières et moi, on culbutait sauvagement sur un lit de coupons de réduction. Mais non. Figurez vous que la gentille, celle qui m’avait avoué ne faire ça que cette année, qu’elle allait reprendre ses études, bah elle l’a vraiment fait. Elle est retournée à l’école dans l’espoir un avenir meilleur. Sans déconner. Je suis obligé de ravaler toutes mes mesquineries, mais je regrette un peu de ne pas avoir eu un bisou sur la joue d’adieu. Reste la seconde, enfin la première, mais sans la douceur de sa collègue, sa nature sévère et taciturne a repris le dessus. Elle ne me salua plus quand je passe dans la rue pendant sa pause clope, je n’ai plus eu droit aux mots gentils quand je faisais mes courses. Enfin, le Shopi est devenu un Francprix, remplaçant la moitié des références du magasin par des produits Leader Price. En bon wannabe bobo, je me suis barré. Direction le Monoprix.
Réçamment, je suis repassé au nouveau Francprix. Une urgence un dimanche (le fu ! plus de Pepsi Max). La nouvelle caissière est pas cool, elle ressemble à rien, je suis tristesse. L’espace d’un instant, je me suis demandé si ma mienne n’était pas partie à son tour. Mais non, elle a pris du grade. Je l’ai compris quand je l’ai entendue parler à un collègue. Elle est devenue semi manageuse du truc. Dans l’opération, elle a prix dix kilos, on un rien que pour ces cernes, et elle fait encore plus la tronche qu’avant. C’est devenu un arbre, qui s’est enraciné au même endroit et qui commence à prendre la place. Et bien entendu, elle n’a pas réagi à ma présence. J’ai eu un petit début de pincement au cœur. Que ce soit le magasin en lui-même et ses employées, tout ce qui me plaisait à soit disparu, soit est devenu moins bien.
Je suis rentré chez moi avec mon Pepsi, et je me suis dit que, hey, je devais quand même vous donner l’épilogue du truc. J’espère que la caissière cool s’éclate à l’école en tout cas. Et qu’elle pense au client sympa. Des fois.





