Vous rappelez-vous mes déboires alimentaires ? En dix mois dans mon appart’ je n’aurai mis les pieds qu’une seule fois au Leader Price a côté de chez moi. J’ai peur des radiations. Lorsque je suis réellement motivé, le grimpe la colline qui me mène jusqu’à Goncourt, bâton de pèlerin à la main. Au bout du périple m’attend le monoprix, son rayon sous-vêtement, son large choix de glaces Ben & Jerry’s et les boites d’Oreo blanc ! Mais bon, ça reste bien la galère. Tout ça, c’était avant, avant mes vacances à Lyon. A mon retour, un néon blafard m’accueillait. Pendant mon absence, une tripotée de petits lutins ont construit un Shopi juste en face de chez moi ! Et quand je dis en face, c’est pas genre une métaphore, c’est plutôt un euphémisme. Parce qu’il y a ma porte, moins de dix mètres de route et la porte du Shopi !

Là faut que je vous explique un peu les implications. Par exemple, fini la lose du dimanche où TOUT est fermé. Je peux compter sur les étudiantes fauchées qui fond des heures sup’ le weekend pour être là quand j’irai récupérer du lait ou renouveler mes chocapics. Autre exemple. Est-ce que vous réalisez qu’il me faut littéralement moins de 120 secondes pour descendre de chez moi, aller acheter une bouteille de coca et remonter à la maison ?! C’est là que je me dois de mentionner que, contrairement au reste du onzième arrondissement, mon Shopi dispose de Coca Cherry et de Coca Vanille ! Les plus attentifs d’entre vous auront noté que j’ai dit mon Shopi. Vu que techniquement même la porte voisine du magasin est plus loin que ma porte, ça me semble logique. Au delà de l’emplacement, le choix de cocas est tout de même la preuve ultime que cette supérette a été construite en mon honneur.

Pour l’instant mon proprio n’est pas au courant des changements opérés dans la rue des Trois Bornes. Tant mieux, vu disposer d’un commerce d’ultra proximité, c’est un coup à me uper sévèrement le loyer. De toute façon j’essaie déjà de ne pas trop y aller. Vu les prix abusifs, c’est tout à fait logique que je tente d’éviter d’y faire exclusivement mes courses. Mais il y a une autre raison, plus irrationnelle. Je suis traumatisé à l’idée que les caissières finissent par me reconnaître. On pourrait croire que je suis un type à la cool, humain dans mes rapports aux employées qui n’ont pas toujours une pure vie. J’ai surtout peur qu’ils me reconnaissent, qu’ils sachent que je suis la plus grosse feignasse du quartier. Oui, c’est absurde, ce qui vous permet de prendre la mesure de comment c’est pas facile d’habiter dans mon cerveau. Puis en vrai j’ai quand même envie d’essayer d’aller faire des courses genre en serviette de bain, ou en peignoir, enfin un truc complètement absurde pour bien montrer à quel point j’ai que ça a foutre.

Yay ! J’aurais tenu 500 mots sur ce sujet complètement con. Vous aussi du coup, si vous lisez ces lignes. Vous m’en voyez très impressionné !
Sinon pour demain j’annonce une double critique de bouquin en combo avec une note bonus ! Mais uniquement si vous êtes cools.
STAGE STAGE !!!
Je mange mon Oréo de 17h quand le boss passe dans le couloir. Il me lance un “Bon appétit !”. Deux heures plus tard un gateau vanille/chocolat blanc est mis à dispo après un shooting photo. Je mange ma part quand le boss repasse : “Tout le temps en train de bouffer celui là !”. Fail.