428 – Cine Club 54

Jeudi je regardais Hot Fuzz pour la quatrième fois avec une jolie fille et une pizza (WIN !). Elle (la fille, pas la pizza) n’arrêtait pas de s’exclamer que ce film c’était quand même un grand n’importe quoi, que c’était incompréhensible qu’on ait filé autant de thune pour produire ça. Après tout, le pitch d’Hot Fuzz n’est t’il pas « Bad Boys II dans la Corrèze anglaise ». Tout ça c’est la faute de Shaun Of The Dead. Tourné avec un budget moyen, le premier film d’Edgard Wright à démontré que le film de genre pouvait attirer le grande public en ne se prenant pas au sérieux. D’où la carte blanche pour un second long-métrage (la fameuse “Licence To Be Awesome”. Avec Hot Fuzz, il était temps pour la team de réalisateur/scénaristes/acteurs de continuer sur leur lancée, produire un grand foutoir d’action et de comédie, mais tout en faisant ça avec une précision d’orfèvre et une qualité finale irréprochable.

Le sergent Nicholas Angel (Simon Pegg : Shaun, Star Trek) est le policier le plus efficace de tout Londres, tellement que Bill Nighy (1 film anglais sur 2), son supérieur, l’envoie se faire voir dans l’arrière pays, histoire que ses collègues arrêtent de paraître n’être qu’une bande de bras cassés. Son nouveau coéquipier, Danny (Nick Frost : Shaun, Good Morning England) est un gentil incapable fan de buddy movies tandis que le reste du commissariat du petit village de Stanford préfère se la couler douce plutôt que d’être tatillon sur l’application de la loi. Mais lorsqu’une série d’accident rempli la morgue de la ville, Nicholas soupçonne qu’un meurtrier est à l’œuvre dans la bourgade trop tranquille. Encore faut-il convaincre le reste des forces de l’ordre qu’une machination œuvre au crime, tapis dans l’ombre de la campagne.

Dit comme ça, ça peut paraître un peu étrange. Mais cinq minutes devant le film et on comprend que l’on est pas en face d’un téléfilm de l’Inspecteur Derrick. La réalisation est ultra moderne, hache son montage de manière agressive pour conserver une dynamique presque épuisante. Tous les plans du film sont ultra travaillés, fourmillant de petits détails qu’il est impossible de tous remarquer à la première vision. Il en va de même pour les blagues, jeux de mots ou autres trouvailles visuelles, allant du vulgaire de base jusqu’à la plus délicate des subtilités. Le film enchaîne ses deux heures sans temps mort jusqu’à un final d’anthologie, complètement absurde et bourrin. Ca pète de partout, les références à Bad Boys II et Point Break s’enchaînent entre deux répliques complètement classes à base de « Yeah Motherfucker ! ». Hot Fuzz est aussi riche que généreux, preuve qu’avec du savoir faire l’on peut obtenir un objet magnifique formellement et possédant une réelle épaisseur dans le fond. Tout simplement intestable.

Le plus beau, c’est que Shaun et Hot Fuzz ne sont que les deux premiers opus d’une trilogie de revisite du film du genre par la même équipe. Le troisième épisode, annoncé depuis quelques temps, ne pourrait arriver assez vite. Accessoirement c’est le genre de films qui prouve que si on avait des couilles et du talent, il y aurait moyen de mettre la misère au cinéma d’action mondial en tournant un truc avec des vieux dans le trou du cul de l’arrière pays Français. Quand les roastbeefs nous filent une claque de plus… Shame on us !
Demain on causera de travail acharné.

AWESOME TRAILER STAGE !!!

Petite précision, si vous regardez Hot Fuzz autrement qu’en VOST, vous ne valez pas mieux que les terroristes.

142 – Everyone’s A Critic #3

Toby Young est un journaliste trentenaire de Londres à qui le destin vient d’offrir la chance de sa vie. Graydon Carter, rédacteur en chef du mythique Vanity Fair lui offre un post à l’essai pour six mois à Manhattan, avec un salaire quadruplé. Ni une ni deux l’anglais part conquérir les Etats-Unis ! A lui les tops model dans son lit, l’argent qui coule à flot et la gloire sans borne. Rien à foutre qu’il soit petit, alcoolique et chauve, après tout il fait partie de l’élite de la presse glamour ! Enfin ça c’était sans compter son incroyable capacité à tout foutre en l’air et à se mettre à dos la moitié de New-York en quelques années. De cet impressionnant exercice d’auto flagellation bien réel, Toby Young en a tiré un best-seller adapté au cinéma pour cet octobre.

Ce qu’il y a de bien avec How To Lose Friends And Alienate People, en plus du titre satirique emprunté à un autre bouquin, c’est qu’on l’a déjà lu. Si vous avez survécu à l’intégrale de Sex And The City ou bien au Diable S’Habille en Prada alors vous connaissez déjà la moitié des personnages. Car en plus de 300 pages on croisera à de nombreuses reprises Candace Bushnell (Auteur de Sex And The City), Anna Wintour (Boss de Vogue). Il se trouve que Vanity Fair est publié par Condé Nast, la même boîte qui édite Vogue ou GQ. A quelques mois près il aurait même été possible que Toby croise l’héroïne du Diable S’Habille en Prada. How To Lose Friends And Alienate People est donc la version masculine et cynique d’un tas d’autres trucs que l’on a trop souvent vu d’un œil féminin sexy. Mais qui dit cynisme et irrévérence dit que chez Hollywood ça va grincer des dents. Aussi pour l’adaptation ciné les noms de Vanity Fair, Graydon Carter et toutes les stars mentionnées dans le livre ont mystérieusement disparus. Niveau intrigue même tarif. Le héros (Simon Pegg) se retrouve affublé d’une uber bonnasse déguisée en femme de ma vie et d’une Kirsten Dunst qui assume enfin qu’elle est putain de fugly.

Rien que pour l’acidité édulcorée par Hollywood je vous aurais recommandé la lecture du bouquin. Mais il s’avère que, twist, en fait c’est très bien foutu. Des chapitres courts à thème m’ont embarqué dans un rythme assez rapide. Young se lance parfois dans des dissertations sur les classes sociales, la guerre des sexes et la vanité de Manhattan sans que ce soit trop long (la plupart du temps). Monsieur à des références et se permet de caser un tas de citations et de rappels à des grands auteurs pour appuyer ses comparaisons. Niveau autobiographique il s’agit plus d’un divertissement éclairant sur les rouages d’une partie de la bourgeoisie US qu’autre chose. On m’aurait vendu ça comme un roman j’y aurais carrément cru. Ma seule déception aura été de m’abaisser à l’acheter d’occase (80cents + 3 keuss de frais de port) au lieu de neuf (8 keuss fdpin). A cause de mon manque de thune j’aurais écopé d’un exemplaire sentant la vieille bibliothèque et l’auteur n’aura rien touché (à part les millions de dollars de droits pour le film je veux dire).

Fuck mais c’est que je prendrais goût à lire ces saletés, d’ailleurs j’attends d’autant plus le film à présent. La semaine pro je tenterais de chroniquer le meilleur livre de 2007. J’espère que ça va me plaire sinon je serais deg’.
Demain, debriefing campagnard.

BONUS STAGE !!!

J’allais pas vous laisser sans une bande annonce tout de même !