856 – Abre Los Oros

Okay, je vous le dit à vous mais vous êtes pas des baltringues alors vous répétez pas. Mais si y’a un bien un truc qui l’exaspère prodigieusement chez ma meilleure amie, c’est sa capacité incroyable à s’endormir devant un film, que ce soit au cinéma ou à la TV. Je déconne pas, c’est le genre de personne qui sombre au meilleur moment de Toy Story 3 et à qui il faut raconter des bouts à la fin de la séance. Même tarif quand je tente de l’initier à The Last Airbender, le dessin animé. Parfois incapable de tenir vingt minutes d’affilée, elle était obligée de regarder les épisodes en kit. Tout ça c’est la faute de son stage, qui l’épuise, et de son petit corps fragile de meuf persuadée d’être obèse alors qu’elle est mince. A moins que ce ne soit à cause de sa manie de regarder des séries depuis le fond de son lit pour se coucher.

En vrai j’ai failli m’endormir deux fois au cinéma. La première c’était pour Les triplettes de Belleville. Le dessin animé le plus chiant à en crever du monde. Je suis désolé mais le style m’accrochait pas, le truc en silencieux en combo avec une journée marathon et la clim à fond, c’était l’enfer. Vous savez, ces moments où on se mord l’intérieur de la joue pour ne pas sombrer. Puis pour ne pas niquer mon record : ne JAMAIS s’endormir dans une salle de cinéma. La seconde fois c’était pour Kirikou II, aka la fausse bonne idée. Hé les mecs si on faisait une suite à base de petits courts métrages sans prétention réalisés sans budget et donc tout saccadé. Fuck. Quand je pense que j’étais seul dans la salle avec Martha, une fille avec des gros seins mais des cheveux frisés. Et les cheveux frisés, c’est plus fort que l’envie de coucher dans une salle de ciné vide. Baillements.

Dernièrement je me rappelle cette pure soirée à regarder Les deux tours en version longue au rétroprojecteur en fin de soirée jusqu’à l’aube. J’étais le seul à rester réveillé. En fait je ne crois pas être capable de m’endormir devant un film, un série. Si je suis trop crevée, je ne lance rien. Je fais autre chose. Je ne suis pas comme ma meilleure amie à me dire que si, je vais genre trop arriver à rester éveillé ! Si je vous raconte tout ça c’est parce qu’en vrai je crois que c’est à la limite du rédhibitoire pour moi une fille qui s’endort devant un DVD. Je pourrais trouver ça mignon et lui caresser les cheveux pendant qu’elle ronronfle la tête sur mes cuisses. Mais non. Quand je regarde un truc à plusieurs, c’est que j’ai envie, c’est que j’ai besoin de le partager. De guetter du coin de l’œil les réactions de l’autre, de pouvoir en parler après.

Le cinéma, les séries, les dessins animés sont une grande partie de ma vie. Une copine qui ne survit pas à une scène d’action de plus de trois minutes sans piquer du nez, ou qui préfère me mentir sur sa capacité à rester debout ce soir au lieu d’aller se pieuter, je suis pas certain que ça m’aille. Puis, soyons réalistes, ça me fait penser à mes grands parents qui piquent du nez tous les soirs devant le poste. Eux je les aime par contre. Rien à voir.

Au départ je voulais aussi bifurquer sur le sexe et la drague en combo avec le ciné et la TV mais ce sera pour une autre fois. Le sujet est VASTE.

N’empêche. Ma meilleure amie, dans un film de Freddy, elle crèverait en premier.

729 – Keep Your Free Hug

L’ex femme de ma vie est une fanatique absolue de Friends, le genre à regarder la série intégralement, en boucle, des années après. Maudite intégrale DVD. Du coup, même si je ne suis pas particulièrement fan, je me suis farci je ne sais pas combien de fois le visionnage complet de la série. Et si y’a un épisode que je trouve moins lou… meilleur que les autres, c’est bien celui où Chandler lutte pour échapper au dodo câlin de sa copine, qui tient absolument à s’endormir dans ses bras. D’où l’explication de la feinte de Ross : repousser la fille endormie, et tirer son bras d’un coup sec pour se dégager. Dans l’épisode, forcément, la meuf se retrouve éjectée du lit. Insérer rires enregistrés. Pour info, j’ai tenté dans la vraie vie, bah ça marche pas vraiment mieux. Car oui, moi aussi, je suis parfaitement incapable de dormir dans une étreinte.

En fait je dois être une des personnes les plus reloues quand il s’agit d’arriver à dormir. Grand anxieux, angoissé, cérébral, j’ai un mal fou à m’éteindre le cerveau. Puis y’a la position aussi. Sur le côté, ça va, sur le ventre, ça va, mais sur le dos, ça va pas. Je suis trop cambré, soucis de colonne et de posture. Au final c’est juste la misère, sans parler de mon besoin de changer de position toutes les 5/10min, comme si le fait de m’agiter allait m’aider à me détendre. Alors ajoutez une fille plus ou moins nue à cette équation et c’est le foutoir démultiplié. En vrai j’adore dormir avec quelqu’un, pouvoir marmonner des trucs alors que je sombre dans le sommeil, qu’on me gratouille le dos ou que je caresse une fesse. Ce que je préfère, et m’aide plus que tout au monde à m’endormir, c’est la certitude absolue que quand je rouvrirai les yeux, je ne serai pas seul.

Subsiste le problème de la fille qui tient absolument au mélange des genres, enfin à l’empilement hasardeux des corps jusqu’à ce que ronflements s’en suivent. Perso, je peux pas. La dernière fois où j’ai bien dormi, j’étais un putain de fœtus, peinard, avec personne pour m’emmerder ET la certitude absolue de ne pas être seul au réveil. C’était le pied. Vingt trois ans plus tard, le moindre contact m’électrise, force un de mes muscles à se contracter pour tenir la position, envoie des tonnes de signaux sensoriels dans mon crâne, qui du coup n’éteint pas la lumière. Je ne supporte pas le dodo câlin. A tel point que je m’endors presque mieux dos à la personne. C’est abominable, je vous le confesse (sauf si la fille fait de même et qu’on se retrouve en contact par nos fesses [le fesse-fesse], et là, c’est cool). De toute façon, même de dos, la fille sangsue trouve tout de même l’abnégation de venir se coller, glisser ses bras tout autour du torse.

Alors je me dégage, je pousse, je tente de faire comprendre, j’esquive l’ombre qui fond sur moi. Puis des fois, au milieu de la nuit, réveillé par un contact intentionnel, je grogne et je mords un peu. Inversement j’éprouve un respect et un amour immense pour celle qui sait profiter de son bout de lit tout en respectant mon petit moment en tête à tête avec mon coussin. Celle là, au petit matin, j’ai envie de lui offrir tous les câlins que j’ai à rattraper d’une nuit de sommeil en solitaire. Ultrahug !

Sinon, demain, quelque chose de complètement différent.

90′s STAGE !!! (VO)

481 – Tangled Web

Une nuit d’insomnie de plus sur Lyon. La chaleur est étouffante. Malgré ma recente descente chez le coiffeur, j’ai la nuque en sueur. Insupportable. J’ouvre le velux en grand, mouline des bras dans l’espoir de faire circuler un minimum d’air dans ma garçonnière. Plus qu’à attendre que ça brasse, avant d’espérer me rendormir. Dans l’intervalle j’ai allumé la petite lampe qui me permet de bouquiner un vieux numéro de Spider-Man tiré au pif dans ma bibliothèque. Car, curiosité de déco intérieure, je dors contre une étagère entière remplie de comics. On y trouve des traductions françaises, reliées avec des tranches carrées, nettement plus pratiques pour s’y retrouver. J’ai beau les avoir lus des dizaines de fois, je me marre aux même vannes, m’émerveille devant les mêmes dessins et enchaîne les numéros jusqu’à qu’épuisement s’en suive. Je crois que s’il y a bien un truc qui me manque à Paris, c’est ma collec’ perso.

Le fait que je pirate allègrement mes comics n’est pas à scoop. A 4$ l’exemplaire avec un budget d’étudiant, c’est juste pas possible. Mais le principal problème vient du rangement. Quelques siècles plus tôt, je nourrissais l’espoir de classer mes séries, pour m’y retrouver, comme on le ferait avec une biblio normale. Loupé. J’ai depuis longtemps baissé les bras, me contentant d’amasser les nouveautés le haut de piles anarchiques et de virer les vieilleries dans des cartons au grenier. A ce stade je serais prêt à acheter mes comics en ligne, pour un prix cohérent, et disposer d’une biblio numérique bling bling. Le marketing n’en est pas encore là. Alors chaque semaine je télécharge des scans, que je bouffe dans la foulée, avant de les supprimer de mes disques durs. C’est mon compromis, lire mes séries préférées mais ne rien conserver. C’est ainsi que je lave ma conscience.

Et pourtant, cette nuit une fois encore ma collec’ de Spider-Man a volé à mon secours. Sans ça j’aurais ruminé comme un connard et me serais retrouvé le lendemain avec la tête pleine de crasse. Ceci explique sûrement pourquoi samedi dernier, en visite à l’Album de Lyon, je me suis penché sur des vieux numéros de Spider-Man en solde. Parce qu’aucun scan pirate ou légal, sur l’ordinateur portable ou un futur e-reader couleur, ne remplacera le kif de pouvoir simplement tendre la main à côté de son oreiller, attraper un volume et pouvoir tourner les pages, sentir le papier, le ranger et en prendre un autre aussi sec. A la caisse d’Album, avec mes 4 numéros, je me suis surpris à m’imaginer rattraper mon retard, au moins Spider-Man, les avoir en dur, pas autant pour mes éventuels gosse que pour mon propre plaisir sans cesse renouvelé, au milieu d’une nuit mal partie.

Je termine d’écrire cette note ce fameux samedi. Nous sommes aux alentours de trois heures du matin. Je vais aller me brosser les dents et me pieuter, mais je n’éteindrai pas la lumière avant d’avoir englouti une bonne centaine de comics fraîchement acquis. Mioum.

Demain, amnésie passagère.