En théorie des probabilités, on appelle une pièce une fair coin si le résultats de ses lancers tombent à cinquante/cinquante de chaque côté. Par opposition à une unfair coin, ou une pièce biaisée. Voilà pour la théorie.
Sinon, Fair Coin est aussi le titre du premier roman pour jeunes adultes de E.C. Myers (qui est un garçon). Et comme là je lis A Clash Of Kings depuis trois semaines, j’avais besoin de faire une pause un peu neuneu. Une bonne critique d’Io9 plus tard et je me jetais sur ce Fair Coin, qui avait sur le papier tout pour me plaire. A commencer par une histoire de souhaits qui tournent mal.

Ephraïm est lycéen sans histoires jusqu’au jour où un cadavre lui ressemblant un peu trop attérit à la morgue. La mère du garçon, alertée par les autorités, fait une tentative de suicide. A son chevet, Ephraïm récupère les affaires du corps, parmi lesquelles une pièce mal éditée, puisqu’issue d’un état qui n’existe pas. Rapidement, il reçoit un mot lui conseillant de faire un souhait et de lancer la pièce. N’ayant rien à perdre, Ephraïm souhaite que sa mère aille mieux, jette la pièce et se retrouve dans une réalité où sa mère est au top de sa forme. Intrigué et paniqué, Ephraïm pousse plus loin les expériences, mais réalise que chaque souhait a des conséquences inattendues, parfois catastrophiques. Il se confie alors à son meilleur ami, qui fera tout basculer.
J’avoue que malgré la présence d’un pitch alléchant, j’ai ramé toute la première moitié du livre. En cause, le style, beaucoup trop pauvre. L’écriture manque cruellement de descriptions, de sentiments, de matière, et c’est presque un script que Myers nous inflige. Moi qui espérais me laisser porter, c’était perdu. Seulement, à mi-livre, quelque chose bascule. Le conte de fée un peu morbide se transforme en roman de science-fiction. J’ai glapi de bonheur, sans me douter que le récit me réjouirait de plus belle en adoptant une tournure glauque. On a des meurtres de mineur par des mineurs, de la torture, des filles battues par leur mec et quelques insinuations de viol. C’est beaucoup plus que la moyenne des romans pour jeunes adultes aux US. Et c’est jouissif.
(même si, et ça vous rassure peut être, y’a une happy end)
Une fois les cent cinquante premières pages avalées, force est de reconnaitre que j’ai dévoré le reste de Fair Coin en deux nuits. Ce qui tendrait à prouver que quand on a pas de style, on peut accrocher avec des idées. Un point pour l’équipe fiction.
Mine de rien, comme respiration littéraire au milieu d’un gros pavé, ça faisait remplissait parfaitement sa mission.
BUY STAGE
