Cette semaine j’ai effacé l’intégralité de mon carnet d’adresses hotmail/MSN.
Cette semaine j’ai fait l’acquisition d’un nouveau téléphone, qui synchronise tous mes contacts Windows Live par défaut. En vrai je suis un grand maniaque psychopathe, pour certaines choses en tout cas. Et avoir trois cent adresses email dans mes contacts téléphoniques c’était juste pas possible. Alors j’ai commencé à faire le tri, des gens que je ne reconnais pas, puis ceux à qui je n’ai pas parlé depuis des années, ceux à qui je n’ai plus envie de parler. Et ainsi de suite. Au bout d’une demi-heure j’en ai eu marre. J’ai sélectionné tout, presque dix ans de vie sociale, et j’ai cliqué (non sans une pointe d’appréhension) sur « supprimer les éléments sélectionnés ». Un refresh de la page plus tard, et je n’avais plus aucun contacts sur ce compte.
J’avais plein de trucs sur mon MSN. Enfin plein de gens je veux dire. Principalement des filles, vu que c’est avec ça qu’on draguait au lycée. Quand ton forfait téléphone est ultra limité, l’ADSL nous sauvait la vie. Discussions jusqu’au bout de la nuit à s’abîmer les yeux sur la micro photo en face. Sur mon compte j’avais aussi une tripotée de filles pêchées sur des sites de rencontre divers et variés, c’était « ma période ». Maintenant il m’en reste 1% dans ma vraie vie. Les autres, je ne reconnaissais ni leur mail, ni leur nom, ni leur visage. Puis j’avais aussi la fille du livre. Mais elle je peux la trouver sur Facebook si je veux lui envoyer un mail. Autant exorciser un peu plus. Bien sûr j’avais aussi des potes, tous ceux qui m’ont accompagné à l’école, puis dans la BD. Même tarif, pour la plupart on se parle plus.
Chaque fois que je change d’ordinateur, j’essaie de conserver un maximum d’informations. Par exemple j’ai pendant des années trainé tous mes historiques de conversations MSN. En me disant que si je voulais nostalger, ils étaient là. En effaçant tout en début de semaine j’avais l’impression de passer à autre chose, de grandir un peu. Je n’ai plus personne sur mon MSN. Je n’allumerai sûrement plus le programme. Ceux qui comptaient encore dessus sont aussi sur Gtalk ou Facebook. C’est une époque que je referme, et je me sens tout étrange dans mon dedans. Je me demande si, au milieu de l’hécatombe, quelqu’un que je n’ai pas en double ailleurs le remarquera. Peut-être, peut-être pas.
Mon téléphone a démarré avec une liste de contacts vides. J’ai copié ceux que je supporte encore de mon ancien portable, avec une déperdition de 20% au passage. Et là je commence un nouveau carnet, avec des nouveaux gens.
J’ai hâte de voir qui je vais rajouter en premier.
Faut savoir que j’ai dû vivre une enfance/adolescence sans trop de bruits. A Lyon la maison est super mal isolée et la guerre avec les voisin quasi permanente. Dès qu’on monte un peu trop la radio, y’a retour de son de la part de la TV d’en dessous. Dans le même ordre d’idées, interdit absolu de sauter. Quand j’étais môme pour pas vriller le tourne disque (ON NE SAUTE PAS PENDANT LE DISQUE) et adulte parce que parquet qui grince et gens un étage plus bas. Une fois ado, je pouvais crever pour avoir le droit d’écouter de la musique dans la salle de bain. On ne dérange pas l’ours pendant son café sous peine de gueulante. Bien des années plus tard, sur Paris, chez l’ex-femme de ma vie, on entendait les voisins ne serait-ce que parler entre eux. Quand je jouais à Guitar Hero, c’était donc proche de l’air guitar niveau débit sonore. D’où une certaine frustration globale et un lâchage depuis mon nouveau chez moi.
Bon, ces deux dernières semaines c’est pire. J’en conviens. J’en ai beaucoup parlé sur Twitter, pas du tout ici, mais j’ai acheté Kinect pour ma Xbox. Parce qu’en poussant mes meubles et en orientant la TV en diagonale j’ai pile la place devant ma kitchenette pour jouer à Dance Central. Et bordel ce que j’ai squatté le truc. Pendant dix jours j’ai fait d’une à deux heures tous les soirs après minuit, le volume bien à fond, en sautant, tapant dans les mains et tout ce que tu veux. Je m’en fous, mon appart est accoudé à un couloir et au-dessus d’un kebab. Bon, il s’avère qu’en fait ça doit s’entendre (peut-être au-dessus) d’une façon ou d’une autre. Mais merde j’ai mérité ! Si ça se trouve mon prochain appart je pourrai même pas ne serait-ce que rêver de sauter sans éclater mon plancher. Même si, dans le fond, je sais à quel point ça peut être lourd, un voisin qui abuse un peu sur le volume global de sa consommation sonore.
En vrai, j’ai fait un début d’effort. Pas parce que je culpabilise, pas parce que je veux rendre service. Pour ça y’aurait fallu un mot signé et poli discrètement mis dans ma boite aux lettres. Non, juste parce que je sais que je vis dans un immeuble de taré, où on pisse dans l’allée, on vole des colis et où ça hurle dans des langues bizarres au milieu de la nuit dans le couloir. Et que j’ai vu assez d’émissions de Julien Courbet pour savoir jusqu’où l’escalade entre voisins peut monter. Still, immeuble de merde.