Jean-David Morvan est le scénariste de bande dessinée le plus prolifique de France. Ce type taquine le centaine de milliers d’exemplaires vendus à chaque album de sa série Sillage. Il a eu le droit de faire un run sur Spirou & Fantasio et bosse à présent avec Taniguchi au Japon. Quand, il y a quelques années, il a démarré un one-shot Spider-man pour Marvel, j’ai pété un câble de jalousie mal contenue. Je lui en voulais, j’en voulais à l’univers. Alors quand j’ai vu quelques planches du projet, dont une où Spidey se fait électrocuter quand sa toile touche un panneau électrique, j’ai hurlé. J’avais son mail en copie du mail d’un pote. Cher Jean-David, Spider-Man utilise sa toile comme gants de boxe pour combattre Electro. Sa toile n’est pas conductrice. TU ES UN TACHERON. Meurs. Cordialement. Et là j’ai appuyé sur envoi. J’étais particulièrement un petit con à l’époque. Plus que maintenant je veux dire.
Morvan m’a répondu, avec un bout de BD, un vieux strip en noir et blanc, le genre qui passe dans les quotidiens US. On y voit Spider-Man se faire électrocuter avec sa toile. J’ai fermé ma bouche. Ma jalousie haineuse s’est transformée en respect sans bornes. BIEN JOUE.
Des années plus tard (le weekend dernier), j’ai pu lui dire en face. C’était lors d’une vente aux enchères d’illustrations au profit du Japon.

Dessin de Nicolas Delort, un de mes préférés.
Jean-David vit et travaille au Japon. Suite à la catastrophe il a du rentrer en France. Sur le chemin, il a monté avec d’autres copains l’initiative Tsunami : Des images pour le Japon. En association avec le Café Salé, la plus grande communauté d’illustrateurs et graphistes de France, ils ont monté un site pour recueillir des dessins de soutiens. Les centaines de participations, dont plusieurs vraiment magnifiques, serviront à la création d’un épais art-book publié par Ankama Editions. Les bénéfices des ventes étant reversés intégralement à des associations humanitaires. Si je vous en parle, c’est d’une part parce que l’initiative est plus que louable, d’autre part parce que certaines des illustrations piquent les yeux de maîtrise et de talent. Vous pouvez donc aller voir ce que ça donne là. Avec un peu de chance vous commanderez un exemplaire du bouquin au passage (c’est un piège).
Une cinquantaine des créations ont été vendues aux enchères, là encore au profit du Japon. J’y étais. Pas pour acheter, vu mon salaire de stagiaire, mais pour voir les copains. On a parlé de Spider-Man au détour d’une poignée de main, de l’industrie du jeu vidéo à échanger des bruits de couloir entre deux clopes sur le trottoir. Pendant ce temps, l’original de Boulet est parti à 4500€ sous un tonnerre d’applaudissements.
Perso je m’en tape, je l’aurai dans mon artbook à sa sortie. Et puis je suis reparti avec plein d’infos (comprendre : plein de ragots) sur comment ça se passe de scénariser Spider-Man quand on est un français exilé au Japon. Ca valait le coup.




BORDEL DE FOUTRE DIEU DE SA MERE !!!
Car oui, dans le comic, on a autant de versions du costume que l’on veut. Du super cheap de Ben Reilly (une combi rouge et un sweat shirt à capuche) au plus commercial actuel (noir avec des néons colorés à la Tron pour coller à la sortie du film de Disney, maintenant propriétaires de Marvel) avec toutes les variantes du monde.
Le costume original est parfait, tout comme sa version noire du symbiote. Les costumes agressifs de Scarlett Spider et Spider-Man 2099 souffrent de leur design années 90. Celui de Spider-Man Reboot affole mon sens d’araignée. Le fan en moi hurle à l’hérésie. L’aveugle veut croire que c’est un costume transitoire dans le film. Le pragmatique sait qu’il ira voir le film quand même.