565 – Kitchen Survivor

La veille du jour où j’écris cette note, je suis allé au Monop’ à dix heures du soir. N’écoutant que mon ventre, ignorant ma carte bleue, j’ai fait péter le saumon fumé et les tagliatelles. D’ordinaire je réserve ce genre de pulsions pour les soirs de Koh-Lanta (ça me fait toujours marrer de super bien bouffer quand ils pleurent leur race pour trois grains de riz) ou les nuits de déprime solitaire devant un film tout pourri téléchargé à la vite. Mais non, jeudi dernier, en réalité je fêtais la victoire de ma lose. J’étais parvenu à ne pas me faire à manger une seule fois en une semaine. A force de déjeuner à midi et de choper un truc dehors le soir, j’ai poussé le vice toujours plus loin. Des potes m’invitent à manger ? Go ! Sauter un repas par flemme de cuisiner ou faire la vaisselle ? Go !

Fuck, je me souviens de l’époque où j’habitais chez l’ex femme de ma vie. Entre les cours et un rythme de vie plus sain je me levais suffisamment tôt le matin pour aller faire le marché. Il y aura eu des purs dimanches où je coupais la salade pendant qu’elle découpait le poulet rôti pour un super mioum du midi qui s’achevait au fin fond du canapé, devant une série. Si j’étais un vieux con je dirais que c’était le bon temps, l’époque où j’avais pas chopé de la graisse à force de combiner les dwichs mayo et les big macs pas encore au pain complet. Mine de rien il n’y a rien de plus chiant que de se faire des trucs à soi seul. Si jamais j’étais capable de manger deux fois de suite la même chose. Mais non. Les restes, c’est un concept qui m’échappe, c’est l’extension de la routine jusque dans l’assiette. Le suicide culinaire.

Et merde j’aime bouffer quand même ! Après tout, je suis quasiment certain d’avoir claqué plus de thunes en restos et autres subs du jour que si je m’étais fait des ptits trucs à la maison. Du coup parfois j’ai des pulsions un peu absurdes. Je vais aller me choper une mozza de luxe et la dévorer d’un coup en surfant sur l’interweb. Ou bien ma dernière lubie est de manger un crabe, mais chez moi. Cette semaine, si je chope le courage, j’irai acheter un pur gros crabe de sa race encore vivant et je le cramerai à l’eau bouillante avant de le kiffer jusqu’au bout de la nuit. Peut-être même que j’inviterai Ice Girl qui m’a fait l’honneur de sa table (mioum les crêpes maison !) durant ma semaine d’abstinence en cuisine. Car si je suis une vieille crevure de squatteur, je sais aussi payer mes dettes.

Bon, le but secret de cette note était de me filer une faim comme c’est juste pas possible pour me motiver à me bouger le coup. Sinon j’avais bien le plan de devenir une superstar de la littérature et me faire inviter dans des soirées avec open bar de homard. Mais ça c’est au point mort pour l’instant. Donc…

Tout à l’heure, à 14h, une note bonus, gratos, comme ça, parce qu’on se fait plaisir. Et demain on parlera de géographie de la boîte de capotes. Be there.

483 3/3 – Top 3 Saturdays 36

[Suite et fin des deux tiers d'avant. J'aurais du lui demander de faire la mise en ligne lui-même namého !]

One– Butterfly / San Francisco

Décembre 2007, ma douce et moi sommes en vacances chez ses parents, à Denver. Ce qui veut dire qu’il est temps de s’échapper quelques jours, direction San Francisco. Je ne m’étendrai pas ici sur la ville en elle-même parce que l’intégralité de TheBestPlace n’y suffirait pas. Sachez juste que ça reste, et de loin, la plus belle ville qu’il m’a été donné de voir. Après 2 jours de tourisme à travers la ville et de sexe dans un 4 étoiles, nous allons visiter Alcatraz. La visite est formidablement instructive, la boutique bien garnie en biographies des plus grands esprits criminels américains. Bref, ne serait cette légère faim qui commence à poindre en attendant le ferry du retour, tout serait parfait. A peine à quai, nous décidons d’écouter nos instincts primaires et de nous jeter sur le premier restaurant venu, même s’il est entendu qu’un restaurateur ayant déjà investi dans un spot pareil n’aura probablement pas eu grand cash à miser sur la qualité culinaire… On s’en foutait, on était heureux et amoureux. Ca nous suffisait…

Monumentale erreur ! Le Butterfly – petit nom de l’endroit – s’est avéré capable de me sortir un club sandwich à l’image du pays : généreux, un brin extravagant mais totalement inoubliable. Du sour bread, des morceaux de poulet qui semblaient avoir été sélectionnés autant sur leur look que leur qualités intérieures, du bacon croustillant et une petite sauce qui révélait la richesse des crudités sans jamais les parasiter ! A bien y repenser, je crois que c’est la dernière fois que j’ai été authentiquement Heureux. Les choses n’ont fait que se déliter par la suite. La demoiselle est sortie de ma vie, et, depuis, même les succès ont un arrière-goût amer. Parce que le goût du Bonheur était tout entier dans ce club sandwich… Je ne doute pas que si Jean-Baptiste Clément avait eu le loisir de visiter ce restaurant, les communards de 1870 (et les coeurs brisés, depuis) eussent vibré au son du « Temps des Chicken Salad Club Sandwich » ! Donc, si vous passez par le Pier 33, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Je ne désespère pas moi-même d’y retourner un jour, on verra…

On ne le dira jamais assez : les Club Sandwiches forment la jeunesse !

UPDATE STAGE !!!

Mon ami Wikipedia m’apprend à l’instant que le Bang Between The Pitons a été revendu en 2000 à l’hôtel adjacent, le Jalousie Plantation (vous remarquerez qu’on a un certain sens de l’appellation, à Ste-Lucie…) Je ne peux donc pas vous garantir la pertinence de mes propos à ce jour. Encore cette foutue roue qui efface tout, et nous oblige à avancer sans nous retourner…

483 2/3 – Top 3 Saturdays 36

[Suite du tiers de note précédent, je sais, c'est le bordel... Pas ma faute, c'est Tonio, il a mis les pieds sur la table et maintenant impossible de l'en déloger !]

Two – Restaurant Tomaz / Amsterdam

C’était un peu la bonne surprise de cette année – c’est important, un nouvel entrant dans un Top3, ça montre aux jeunes qu’on a su rester proches d’eux ! Avant que je découvre Bruxelles, Amsterdam a longtemps été ma ville préférée. Ayant de la famille pas loin, j’y ai passé une partie non négligeable de mon enfance, adolescence et autre jeunesse qui s’enfuit. Fut un temps, je vous aurais mentionné le club sandwich du Café Luxembourg, une brasserie mythique de la ville, qui dispose d’une vue magnifique sur le Singel, pour peu que vous preniez la peine d’aller squatter le fond de la salle. Mais, depuis quelques années, force était de constater que le coeur n’y était plus. J’ai mis longtemps à me l’avouer, mais je ne ressentais plus le même amour dans la préparation du sandwich de l’auguste restaurant. Est-ce lui qui a changé ? Moi ? Je ne sais au juste, mais il était temps d’en tirer les conséquences. Personne ne repasse par sa jeunesse, chantait le poète…

C’était oublier un peu vite que la vie est un plateau de club sandwiches n’attendant que d’être découverts, pour peu qu’on s’égare dans les bonnes ruelles. Ce qui m’est arrivé récemment, sous l’impulsion de la demoiselle qui accompagnait mon dernier trip amstellodamois, et qui trouvait les restaurants de cette ruelle aussi typiques que charmants. Le « Tomaz club »est préparé avec du bon pain frais tout ce qu’il y a de plus batave. Il est assez copieux, et chaque bouchée nous rappelle que légaliser le club sandwich n’était pas seulement un acte politique courageux, c’était une véritable tentative de faire évoluer l’humanité vers un stade supérieur ! Et, tout d’un coup, Amsterdam s’en est trouvée réenchantée…

GUINESS STAGE 2 !!!

Record de blabla breaké une nouvelle fois !

Fatalement, à suivre à 20h pour la fin des aventures culinaires de Tonio à travers le monde.