La veille du jour où j’écris cette note, je suis allé au Monop’ à dix heures du soir. N’écoutant que mon ventre, ignorant ma carte bleue, j’ai fait péter le saumon fumé et les tagliatelles. D’ordinaire je réserve ce genre de pulsions pour les soirs de Koh-Lanta (ça me fait toujours marrer de super bien bouffer quand ils pleurent leur race pour trois grains de riz) ou les nuits de déprime solitaire devant un film tout pourri téléchargé à la vite. Mais non, jeudi dernier, en réalité je fêtais la victoire de ma lose. J’étais parvenu à ne pas me faire à manger une seule fois en une semaine. A force de déjeuner à midi et de choper un truc dehors le soir, j’ai poussé le vice toujours plus loin. Des potes m’invitent à manger ? Go ! Sauter un repas par flemme de cuisiner ou faire la vaisselle ? Go !

Fuck, je me souviens de l’époque où j’habitais chez l’ex femme de ma vie. Entre les cours et un rythme de vie plus sain je me levais suffisamment tôt le matin pour aller faire le marché. Il y aura eu des purs dimanches où je coupais la salade pendant qu’elle découpait le poulet rôti pour un super mioum du midi qui s’achevait au fin fond du canapé, devant une série. Si j’étais un vieux con je dirais que c’était le bon temps, l’époque où j’avais pas chopé de la graisse à force de combiner les dwichs mayo et les big macs pas encore au pain complet. Mine de rien il n’y a rien de plus chiant que de se faire des trucs à soi seul. Si jamais j’étais capable de manger deux fois de suite la même chose. Mais non. Les restes, c’est un concept qui m’échappe, c’est l’extension de la routine jusque dans l’assiette. Le suicide culinaire.

Et merde j’aime bouffer quand même ! Après tout, je suis quasiment certain d’avoir claqué plus de thunes en restos et autres subs du jour que si je m’étais fait des ptits trucs à la maison. Du coup parfois j’ai des pulsions un peu absurdes. Je vais aller me choper une mozza de luxe et la dévorer d’un coup en surfant sur l’interweb. Ou bien ma dernière lubie est de manger un crabe, mais chez moi. Cette semaine, si je chope le courage, j’irai acheter un pur gros crabe de sa race encore vivant et je le cramerai à l’eau bouillante avant de le kiffer jusqu’au bout de la nuit. Peut-être même que j’inviterai Ice Girl qui m’a fait l’honneur de sa table (mioum les crêpes maison !) durant ma semaine d’abstinence en cuisine. Car si je suis une vieille crevure de squatteur, je sais aussi payer mes dettes.

Bon, le but secret de cette note était de me filer une faim comme c’est juste pas possible pour me motiver à me bouger le coup. Sinon j’avais bien le plan de devenir une superstar de la littérature et me faire inviter dans des soirées avec open bar de homard. Mais ça c’est au point mort pour l’instant. Donc…
Tout à l’heure, à 14h, une note bonus, gratos, comme ça, parce qu’on se fait plaisir. Et demain on parlera de géographie de la boîte de capotes. Be there.



