Ayé, j’ai vu des ricaines en vrai. Même que je leur ai parlé un peu. J’ignore si Sharkboy a voulu rendre hommage à mon héritage de teen movie, mais celles qu’il m’a présentées étaient folles, au sens premier du terme. Vous savez les psychos des teen movies, celles qui gueulent « Oh my god ! » toutes les deux secondes en se faisant une rupture du muscle de la paupière à force d’écarquiller les yeux. Bah voilà, c’était des comme ça. J’avais envie très fort de pas faire de généralités, mais les étudiantes en fac de Columbia que j’ai croisé étaient de beaux clichés ambulants. Je crois que mon passage préféré était lorsque qu’on m’a appris que l’une envisageait d’aller squatter une frat party de juifs pour se trouver un bon parti (juif, de préférence) pour une relation longue. Au moins j’aurais servi à quelque chose, apprenant quelques insultes en français à celle (la même) qui part sur Paname en vacances.

Ayé, j’ai vu des expats en vrai. Même que je leur ai parlé un peu. Sharkboy bosse dans une grosse banque française, la même que celle sur ma VISA en fait. Du coup il traîne pas mal avec les autres stagiaires frenchy. Le souci avec ce genre de nanas, c’est que pour arriver à bosser dans une banque de l’autre côté de l’atlantique, il faut qu’elles soient au grand minimum issues d’école de commerce, ascendant bonne famille (éventuellement). J’ai tellement de théories là-dessus que je pourrais en faire un bouquin (wait, I did, kind of). Enfin, c’est toujours weird de se retrouver avec des nanas qui prennent peur en présence d’une lesbienne ou s’étonnent qu’un garçon (en l’occurrence moi) soit capable de parler sans gêne d’une expérience sexuelle passée. En plus c’est le genre à adorer Burton et flipper quand je fais des folies de ma CB en librairie. Je les laisse à leur existence, sous perf d’alcool et de thune.

Ayé, j’ai vu le MoMa et les écureuils du parc en vrai. C’est ça l’avantage de trainer avec des futurs riches, ils vous dégottent des places VIP pour les musées. Ou comment je me suis retrouvé pour une visite privée d’un des plus gros musées du monde. On devait être genre une vingtaine en tout et pour tout, libre d’aller et venir à notre guise. Loin des considérations féminino-sexuelles, j’ai pris un pied monstrueux, suit tombé amoureux d’un tableau ou deux (même si grosse déception sur le Dali, encore plus petit que la Joconde, remboursez nos invitations). Tout ça avant d’aller crapahuter dans le parc, celui au centre, si grand que même au bout de deux fois j’en ai a peine fait plus de la moitié. Bon, si je pouvais me calmer sur les photos d’écureuils ce serait quand même un grand pas en avant pour ma maturité.

Désolé de briser ainsi les rêves de ceux qui espéraient que je tombe amoureux, que je reparte le cœur brisé ou que je vive dans la clandestinité pour vivre ma passion. J’aurais pas besoin de ça pour ramener des microbes, tout au fond du lit que j’écris cette note. Mais j’ai des photos. C’est cool. Non ?


