1041 – Shitstorm

Ca y est. Je fais face à ma dernière semaine de cours. Du reste de ma vie.

Et c’est pas la joie.

On est tous crevés, épuisés par l’année de cours qui s’achève dans une tornade d’oraux, de travaux de groupes et quelques cours qui ont le malheur d’avoir été programmés en plein milieux. Pour les deux tiers des effectifs, ceux qui sont rentrés à l’école cette année, ce rush est nouveau. C’est ma troisième saison des partiels à Neuilly et je crois que ce qui me restait de résistance s’est fissuré. Epuisé, frustré, en colère, j’ai explosé une ou deux fois.

Toute action en déclenchant une autre de force (plus ou moins) proportionnelle inverse, c’est avec l’impression de participer à une escalade de rage que j’attaque mon lundi. Entre excuses et représailles, il va bien falloir avancer. De toute façon on n’a pas le choix et jeudi soir tout sera terminé.

La plupart d’entre nous ne se recroisera jamais. On pourra tous repartir avec un diplôme et des certitudes en poche. Puis on boira plein de coca (ou autre) en conchiant nos camarades, en balançant du ragot et ça sera top. Parce qu’est-ce qu’on en aura à foutre ? On sera sortis de là, on aura tous gagné.

Puis, dans quelques mois.
Dans quelques années.

On repensera à notre dernière année d’école, à avant. Peut-être qu’on relativisera, peut-être qu’on ira stalker sur Facebook, Twitter ou ailleurs ceux qu’on a pas supporté jusqu’au bout. Au calme, avec un œil neuf et le cœur plein de nostalgie. Et peut-être qu’on se dira que, quand même, on a tous été cons.

Un peu au moins.

Moi le premier.

1013 – Another Year

Excusez-moi, juste deux secondes, mais est-ce que quelqu’un peut m’offrir une balle rebondissante s’il vous plait ? J’en avais acheté une Ben 10 mais c’était une bête balle. Je vous dis ça parce que j’essaie d’avoir l’air mélancolique et profond là et que comme le verre de whiskey et la cigarette à la fenêtre c’est pas possible, je me disais que la balle rebondissante contre le mur dans la nuit ça pouvait le faire. Tout ça pour en venir à mon auto bilan de 2010. Cette année partait un peu avec une longueur d’avance sur la précédente dans la mesure où 2009 fut le pire shit-storm de ma vie depuis 2007. Techniquement j’aurais pu me faire amputer d’un bras en essayant de récupérer un Mars pas tombé dans un distributeur que ça aurait quand même été une bonne année. Le côté positif, c’est que j’ai tous mes bras et plein d’autres raisons d’être content de 2010.

Retroussage de manches.

Humainement j’ai perdu 5 kilos. Depuis avril. J’ai donc fait la moitié du chemin, ce qui était aussi inattendu qu’improbable. Je vous en reparlerai sûrement dans quelques temps, quand j’aurais perdu le reste. En attendant je vous renvoie à mes multiples articles sur la piscine. Dans le même temps j’ai considérablement calmé les filles en général, soit moins de larmes, moins de bassesses de ma part et moins de migraines. Plus réglo, mais plus tout seul. En progrès mais peut mieux faire. J’ai renforcé des amitiés, rencontré de nouveaux gens, me suis réconcilié avec d’autres je pense que le ratio amis/ennemis est dans le vert. Good aussi.

Professionnellement c’est un peu open bar Pepsi Max avec des cours qui se passent mieux que ce que le début d’année laissait présager. Oh et puis un stage rempli en douceur et vraisemblablement avec assez de sérieux pour qu’on me propose d’éteindre mon temps de mission. Plaisir dans mon corps. Depuis plusieurs semaines je bosse sur un truc payé en freelance et ça aussi c’est source de joies et de nouvelles baskets. Dans tout pile cinq semaines ce sera mon dernier cours de l’année. Excitation et palpitations. Je n’ai encore aucune idée de comment je vais gérer ça émotionnellement mais j’ai hâte.

Artistiquement c’est plus les dents de scie. Mon bouquin a passé six mois chez Flammarion pour des cacahuètes, m’apprenant ce que je savais déjà sur un milieu qui va mal. Perseverare diabolicum est, je sais, mais je ne perds pas espoir, j’attends des nouvelles, j’envisage des photocopies et des envois postaux. Bref je n’ai pas déclaré l’heure du décès. J’aurais aimé écrire de bout en bout un vrai nouveau livre. A la place j’ai un tiers d’un recueil de nouvelles et un tiers de Dix Parfait. Idéalement il faudrait que je termine l’un des deux (l’un plus que l’autre) avant 2012. Manque plus qu’à trouver l’énergie. Je serais pas contre une victoire éditoriale pour me booster.

Oh et j’oublierais presque le blog dans tout ça. J’essaie de me détendre, preuve en est le format moins cadré de ma note ciné d’hier, mais c’est pas facile. Je dois lutter contre mes bas instincts. Faut dire qu’en vrai j’ai plein de trucs à vous raconter, de sujets à explorer, toussa. Et j’ai la chance d’avoir encore un peu de temps… Incorrigible petit écrivaillon. Au final donc 2010 c’était bien. Ça manquait de câlins mais ça assurait sur le travail de fond, une meilleure santé, des opportunités de boulot qui se concrétisent en positif et toujours la faim d’écrire et de partager. J’ai un tas de résolutions pour 2011 que je garde pour l’instant pour moi, avec la celle certitude que cette année à venir sera celle du changement.

Finies les études, finie la carte 12/25 SNCF, finies les aides de maman, finies tous ces trucs. Que je le veuille ou non, les bouleversements s’avancent. Alors je prends ces dernières lignes du jour faire rebondir ma balle imaginaire et prendre le temps d’apprécier, ce futur qui s’annonce.

989 – Phone Games

Est-ce que vous avez des relations téléphoniques longues durées avec votre moitié ? Vous savez, quand on passe des heures au téléphone, de manière répétée, avec une ou plusieurs personnes. Par exemple j’ai commencé dès le collège à passer des coups de fil quasi quotidiens de parfois jusqu’à deux à trois heures avec ma meilleure amie de l’époque. Tout comme même après l’arrivée d’MSN je pouvais finir mes nuits à débattre du monde et des filles avec un ami. Ceci culminant avec l’ex-femme de ma vie, que j’appelais en moyenne huit heures par semaine, quoi qu’il arrive. Une mauvaise habitude un peu tenace. Je fais ce que je peux. Bon, sachez que si jamais je vous ai eue au téléphone plus d’une d’heure d’affilée, y’a de grandes chances pour que j’aie fait autre chose en même temps. Y’a de grandes chances que j’aie été en train de joué à la console.

Je suis incapable de « seulement » téléphoner. Ça m’est impossible. Je DOIS marcher, tourner en rond, laver la vaisselle, faire ma lessive à la main, préparer un truc à manger. Ou jouer à la console. Mais attention je ne peux pas jouer à n’importe quoi. Deux conditions doivent être remplies : je dois pouvoir tirer du plaisir du jeu sans son (puisque je parle et qu’on me parle) et ce doit être un pur jeu de coordination des mouvements, de réflexes, sans aucune partie de réflexion (puisque je suis concentré sur ce que je/on me raconte). Le but étant que mon activité au pad soit complètement transparente pour mon interlocutrice, pour ma chérie d’amour, qui ne doit se douter de rien. Sinon, elle fait la gueule parce que je ne suis soi-disant pas à fond sur elle. Mais si je ne fais rien pendant que je téléphone, je suis moins sympa, plus pressé, plus occupé à penser à ce que je vais faire après.

Sans parler du fait que plus le temps passe dans la vie, moins j’ai l’occasion de jouer. Entre le rythme de cours/stages, le blog/écriture et compagnie. J’en arrive à faire des jeux de A à Z au téléphone. C’est le cas par exemple de Super Meat Boy et Shank. Un jeu de plates-formes et un beat-them all. Sauter au-dessus du vide, éviter des scies circulaires, tabasser des hordes de mec, aucun besoin de penser, de réfléchir de prendre la moindre décision intellectuelle. Alors malheureusement je pers toute expérience sonore, mais je peux boucler ce type de jeux dans leur intégralité tout en discutant en même temps, de manière complètement transparente. Je crois que c’est une forme de compromis. Auquel je ne suis pas prêt pour tous les jeux. Par exemple je fais les quêtes secondaires de Fable III au téléphone, mais l’aventure principale c’est tout seul, son à fond. Même chose pour Vanquish par exemple.

A une époque c’était le mode multijoueur de Modern Warfare II, cette semaine c’est NBA Jam, mais je réserve toujours un « jeu de téléphone ». Mon plaisir secret, un peu coupable, bercé par une voix de femme dans mon oreille. Et quelque part, quelque chose me dit que je dois pas être le seul à fonctionner comme ça.

Sur ce, on m’appelle, j’allume la Xbox.