Le truc plutôt cool avec l’Ecole, c’est qu’une bonne partie des profs distribue des stages. Intervenants professionnels, ils ont une boîte à faire tourner, et ne se gênent pas pour proposer des offres pour nous autres étudiants. Ils auraient tort de se gêner, et nous aussi. Parfois, on assiste à des situations un peu cocasses. Comme ce prof, plutôt jeune, avec un beau poste et un beau salaire. Il a mit une petite annonce sur le site de l’Ecole mais n’a reçu que des CV émanant d’élèves qui ne l’ont pas. Il s’étonne que nous, sa classe, n’ayons pas postulé. Puis il rentre chez lui, sans faire le reste du cheminement intellectuel qui devrait lui faire se poser la question de pourquoi plus les élèves ont passé d’heures avec lui moins ils lui envoient de CV. C’était drôle d’aveuglement. Si je vous dis ça, c’est que cette année je cherche un stage, et je suis paralysé à l’idée de postuler à n’importe quoi.

A l’heure où je blogue ces lignes, je n’ai postulé en tout et pour tout qu’à une seule offre. Y’a deux semaines. Et j’ai pas eu de réponse. On pourrait croire que je passe mon temps à gigoter sur Kinect au lieu de chercher. Sauf que non. Facilement un soir sur deux, je suis sur les internets, à rafraichir des sites d’annonces, à éplucher les pages emploi des grosses entreprises. J’ai agi méthodiquement j’ai fait le tour des marques qui habillent mon appartement, qui m’habillent moi, et j’ai suivi cette liste, consciencieusement. Puis je suis allé voir ailleurs aussi, vers le moins évident. Je note des bouts d’idées. Je mets en favoris des offres qui me font penser que, ouais, pourquoi pas. Aussi je demande aux amis, s’ils entendent parler de trucs. On se propose de me briefer sur des jobs auxquels je ne connais rien pour feinter, on me parle d’un vague poste qui va en se libérant.

Une fois de plus je suis prisonnier de mon attentisme et de mes doutes. Chaque fois que je crois savoir à peu près ce que je veux, comme intitulé de taf’, comme boîte, le lendemain je change d’avis. Enfin, sauf pour le truc auquel j’ai postulé. Et là c’est une autre forme de cirque qui commence. Par exemple je suis beaucoup plus sensible aux requêtes qui mènent à mon blog. Un jour sur deux quelqu’un va arriver ici en tapant « Matthias Jambon-Puillet » ou avoisinant. Le plus flippant étant quand je vois une recherche composée de mon nom plus le nom d’une ancienne boîte pour laquelle j’ai pu bosser. Dans ces moments là je retourne me planquer sous la couette. Même si je sais bien que là, même si j’ai encore un poil de temps, va falloir que je me remue assez vite. En route pour le dernier stage de ma vie, en route pour la fin des études, le diplôme, tous ces trucs.

Par contre, je ne sais pas si c’est l’énergie du désespoir, mais je me demande pourquoi je check toujours les offres de stage à quatre heure du matin une veille de cours. Systématiquement. Ca commence à devenir problématique.





