1214 – Bookswap

- Tu viens au Book Club du Carmen ce soir ?
- Cékoi ?
- C’est au Carmen, tu viens avec un livre, et après tu l’échanges avec quelqu’un de là-bas, tu bois et tu discutes.
- Okay.

La soirée est organisée par A tale of three cities, un collectif/revue un peu branchouille. Le concept me plaisait bien. Alors j’ai pris le temps de réfléchir cinq minutes à quel bouquin j’allais bien pouvoir emporter. Sur Twitter, je dis que je cherche un roman nul dans ma bibliothèque à offrir, pour que mes trolls répondent « le tiens ». Ça marche bien. En vrai, j’ai choisi The Swap de Anthony Moore depuis le départ. Déjà parce que son titre est le titre le plus cohérent du monde vis à vis du thème de la soirée. Ensuite parce que j’ai détesté la fin (ça ne me dérange pas de le fourguer) mais que plein d’autres gens l’ont aimé (donc si ça se trouve celui à qui je le donnerai aussi).

A l’entrée du Carmen, mes grosses baskets ne sont pas un problème pour le videur, plus préoccupé par mon paperback que mon allure. Pas de livre, pas d’entrée. On nous donne (cool) un marque page Three cities chacun, et c’est parti. A l’intérieur, il fait noir, très. Trop pour que je puisse prendre en photo les deux filles qui boivent leur verre de vin dans la cage dans le coin. Bon esprit. Il faut dire que le lieu est joli, ancien hôtel particulier de Bizet (« Carmen », GET IT ?!). On se cale sur des canapés et on pose nos bouquins, deux exemplaires des Fleurs du mal et un De profundis, sur la table basse à côté. Maintenant que nous avons monté notre stand éphémère, plus qu’à attendre que les curieux viennent tenter la bonne affaire.

En attendant que cela morde, on observe la faune. Une grande blonde se promène avec une chapka immense, un type débarque avec un pantalon léopard. Monde parallèle. Je me déplace pour jeter un œil aux autres gens. Beaucoup de cols roulés, de cachemire, de vestes de costume hors de prix. La moyenne d’âge tourne à 25/30 ans mais tout le monde est maquillé et prend l’air grave et donc parait plus vieux. Je réalise que mon combo tee-baskets est quelque peu hors sujet. Si j’étais une dissertation, je ne repartirais pas avec plus de sept sur vingt. Heureusement que le photographe officiel de la soirée se promène avec une doudoune énorme et un sac à dos sur les épaules. Je lui demande, à son grand embarras, si je peux le prendre en photo. Il ressemble beaucoup trop à James Franco dans Howl. Il connait le film mais est trop gêné pour se défendre. Pic.

Au final je suis resté avec le groupe qui m’avait invité, qui est resté avec lui-même. Mon savant mélange de timidité et d’absence de mèche ont fait que je n’ai pas osé aborder les gens, pas même la personne qui était venue avec un exemplaire de A visit from the goon squad, qui me faisait bien envie. Puis je pense qu’il aurait perdu au change si je lui avais fourgué The Swap. D’ailleurs, je ne crois pas avoir vu de livres changer de mains. Tous les bouquins que j’ai pisté pendant la soirée sont restés sur leurs tables. A minuit et demi, je suis reparti bredouille, ma propre came sous le bras, en me demandant ce qui clochait, qui faisait que je n’avais pas trop su faire.

C’est dommage parce que j’aimais bien l’idée. Et les gens étaient bizarres, mais bizarres “j’ai envie de te parler pour savoir ce que tu fais dans la vie”.

If at first you don’t succeed. Il faudra que je reessaie.

1094 Bis – Switcheroo

Encore un article qui rejoint les oubliettes.

J’avais rédigée la note 1094 en entier dimanche soir. Elle était pas trop mal. Puis, en y repensant, je me suis dit qu’il n’y avait pas encore prescription sur cette anecdote. Pour un tas de raisons, je ferais mieux de la garder dans un coin. Alors j’ai rangé le fichier Word avec les autres du genre, avec le début de quintuple note sur un voyage d’études qui a mal tourné, ou une sur une conversation entre ma directrice de mémoire et moi. Toutes ces notes que j’ai eu la présence d’esprit de ne pas mettre en ligne. J’avoue, parfois, c’est des potes qui m’ont laté la tronche pour me faire entendre raison.

Le plus drôle, c’est que je serais incapable de les retrouver. Simplement parce que je ne les range pas, je ne les identifie pas. Quand je fais defiler l’intégralité des fichiers individuels de tout ce que j’ai écrit pour ce blog, je ne saurais pas dire lesquelles n’ont jamais été publiées. Ce qui, parfois, est très con. Comme dans le cas de cette note écrite en réponse à une fille, que e n’ai pas osé publier sur le moment mais qui passerait mieux deux ans plus tard.

Peut-être qu’un jour j’irai gratter. J’ouvrirai tous les fichiers, un par un. Ou pas, parce que je suis une feignasse. Et parce que je suis pas certain de me souvenir de tout ce que je vais y trouver.

Enfin, à l’occasion, rappelez moi que le fichier portant le numéro 1094 n’a jamais été mis en ligne. Avec le recul, peut-être que cette fois là…