1024 – Jerk In Slow Motion

Avant de rédiger ces mots, j’ai passé une bonne dizaine de minutes à regarder clignoter la barre sur mon document Word vide.

Je trouvais que c’était une bonne métaphore de ma vie sentimentale en ce moment, ou en tout cas de mon état d’esprit.

Le néant.

J’ai des envies mais pas assez puissantes pour venir se manifester en surface. J’ai des frustrations mais pas assez pour me pousser à y remédier. J’étais à une soirée où la dernière fille avec qui j’ai espéré plus que quelques cris entre cinq et sept m’a présenté le type qui la saute en ce moment. Non seulement je ne lui en ai pas collé une à elle pour m’avoir foutu dans un traquenard pareil, mais je ne lui en ai pas collé une à lui pour exister. J’ai juste souri.
Tout ça pour dire, qu’aujourd’hui, je n’ai rien à dire.

Enfin j’ai des sujets en tête, plein, des tops, des débats de fond sur les filles and all. Mais c’est comme pour le reste, ça ne se matérialise pas. Un peu ma faute, entre le cerveau et l’énergie qui se focalise sur le boulot, les cours. Un peu la faute de l’univers aussi sûrement.

Tout ça pour dire qu’aujourd’hui, vous n’avez le droit qu’à une demie note de blog et gif animé de James Van Der Beek.

Pardon.

488 – Why Won’t You Get A Job ? 2

Mon frère est un branleur. Je préfère établir ça de suite, afin d’atténuer mes propres fautes, mais j’y reviendrai. L’été, en théorie, c’est cool. Mais l’usage veut que les jeunes qui n’en veulent en profitent pour bosser. Parce que les petits boulots saisonniers, ça vous forge un homme, ça vous apprend la vraie valeur de l’argent ! Même si ne me suis jamais défoncé la colonne à faire les vendanges, ça ne m’a pas empêché d’aller au turbin dès l’été de mes seize ans. Là je pourrais vous faire la liste des jobs ingrats et infâmes dans lesquels j’ai pu me fourvoyer. Sauf que je préfère garder ça pour un beau top 3 des familles, le genre qui me fera grimper dans votre estime en tant que martyr du capitalisme. Tout ça pour dire que cet été, bah non, je ne branle absolument rien, ou alors le strict minimum nécessaire à ma survie.

Pas de petit boulot, pas de rentrées d’argent, pas même la moindre miette d’activité rémunératrice. Rien à foutre. L’année dernière j’avais l’excuse de sortir de quatre mois de stage et donc d’être autant blindé que crevé. Cette fois, vu que je suis étudiant/chômeur depuis des semaines, je n’ai même pas cette excuse. Forcément, voilà qui déclenche les foudres de la haute autorité parentale, qui doit admettre auprès des amis de la famille que non, le fiston ne bosse pas, contrairement à leurs gosses modèles, esclaves soumis avec délectation au grand capital. Ambiance autour des côtelettes trop cuites à table. Mon presque bac+4 en communication à néanmoins développé un argument Oméga, le genre imparable. Avec un peu de chance c’est mon dernier été, mon ultime répit avant de devoir bosser pendant quarante putains d’années, si je crève pas d’un cancer ou autre d’ici là.

J’ai donc le droit inaliénable de ne rien foutre pendant deux mois ! Certes, tout ceci est plein de mauvaise foi. C’était sans compter mon frère, si radin et se satisfaisant de mes consoles/comics/jouets au point qu’il est dix fois plus thuné que moi, et par conséquent n’a jamais travaillé un seul été de sa vie. Je peux le pointer du doigt à l’infini pour justifier mes errements de jeune. De toute façon, lui ce sera toujours pire à ce niveau ! Bwah ah ah ! Enfin, si j’arrivais à me secouer pour faire ce mémoire aussi infernal que maudit, ce serait pas mal. Entre la chaleur et l’inactivité, alimenter le blog en article me demande déjà une énergie hallucinante. Ce qui n’a pas empêché la formation du Comité Pour Que LeReilly Rende Son Mémoire, étrangement concerné quant à mon avenir scolairoprofessionnel et qui me spamme quotidiennement.

Bon, je dois filer, j’ai rendez-vous avec un fantôme du passé avec qui je bois un verre à la sortie de son taf’ d’été. J’essaierai de ne pas (trop) faire remarquer que je suis en vacances. Que je suis maléfique !
Demain, on théorisera sur les toilettes de boîte de nuit, article kollektor je préviens !

344 – Brainstormers

Je suis allongé sur la moquette de la grande salle de réunion du cinquième étage de BDDP. Le regard plongé dans la contemplation des fissures du plafond, j’essaie de trouver des mots. Ma mission du jour, trouver le nom de la future opération promo d’un client. En une heure je me suis assis dans le canapé, assis sur une chaise, assis sur la table, couché sur le canapé, couché par terre, couché sur la table, accoudé contre la fenêtre, bref, j’ai tout essayé. Pourtant, la réunion du matin avec le directeur de la création nous aura mis, la stagiaire directrice artistique et moi, dans une direction plutôt claire. Mettre le doigt sur une formule qui évoque la découverte, un truc qui transporte et fasse rêver. Forcément j’ai tout de suite eu un tas d’idées à base de jeux de mots, d’allitérations et autres expressions détournées. Mais on fait quoi quand le boss à jeté tout ce qui nous plait dans la poubelle des mauvaises idées ?

Une heure de brainstorm à deux qui se révèle plus un enfer qu’autre chose. Mon Mac Pro est équipé d’un super dico de synonymes et autres joies lexicales. Alors je jette un tas de formules choc en l’air. Le souci, c’est qu’à force de balancer des dizaines de tentatives, on arrive plus à réaliser ce qui peut être bon ou pas. Le fond du problème, c’est qu’on nous a filé un truc beaucoup trop simple. Pour trouver, y’aurait fallu avoir une deadline de cinq minutes et non pas deux jours. Parce que la vérité, c’est que sur le moment je suis persuadé que ça va se jouer à la dernière seconde, le boss prenant au pif trois idées basiques. A tout les coups, le client sera super content. Sauf qu’on a plusieurs jours de réflexion et qu’on est des bêtes stagiaires qui n’ont que ça à foutre. On est typiquement dans le cas où on colle trop de ressources sur un micro problème. Un peu comme si on allumait un barbecue au lance-roquette.

Vous inquiétez pas pour ça, c’était mardi dernier, donc j’ai survécu. Si je vous raconte cette extraordinaire anecdote de mon début de vie de stagiaire, c’est pour que vous réalisiez un peu c’est quoi le taf’ de noob concepteur-rédacteur. Mais c’est aussi pour que vous commenciez à vous poser les vraies questions. Par exemple, quand vous voyez des trucs dans la rue genre « Les Soldissimes », « Opération Embarquement Immédiat » ou bien encore « Les 10 Jours Extras », demandez-vous d’où ça vient. Combien de stagiaires morts d’inanition au fond d’une salle de réunion pour trouver la formule de fou ? Parce que faire des spots publicitaires décalés, drôles, des bijoux de réalisation et d’idées, aucun problème ! Trouver un nom ultra basique et con comme la lune, tout en ayant réfléchi très fort à la question, il est là le talent !

Bon, ça va. J’ai pas trahi les accords de confidentialité, j’ai pas dit du mal de la boîte. Non parce qu’il faut faire attention avec ces choses là. Je suis un stagiaire modèle moi monsieur !

Tiens sinon demain je vous raconterai par quel miracle mon appartement à subitement doublé de valeur pendant que j’étais en vacancnes.

STAGE STAGE !!!

Vendredi, mon maître de stage a arrêté de m’appeler “Lapin”, maintenant c’est “Jeune gay”. On progresse. Yay !