691 – Assholes Are The Ones Killing Theaters

Sérieux, la bien-pensance, ça va cinq minutes non ? Je dis ça parce que ça m’épuise de voir fleurir sur le net des articles sur le soi-disant fascisme d’UGC, des cinémas en général et des tarifs qu’ils pratiquent. Il faut savoir que j’ai grandi sans TV (de zéro à treize ans), avec en échange une a deux sorties au ciné par mois, dans ma petite salle de quartier en banlieue lyonnaise. J’ai appris à respecter et vénérer ce temple du septième art. Maintenant j’ai plus de vingt berges, je paie ma carte illimité depuis plus de six ans et j’en ai vraiment marre des cons. Je veux parler des mecs ou nanas qui ont pleuré dans les médias ces derniers temps après s’être fait sortir de plusieurs UGC par les forces de l’ordre. Il y a eu cette mère qui débarque avec son môme de moins de trois ans dans la salle. Parce qu’une babysitter c’est trop cher, un peu comme un cerveau en état de marche. Elle a eu du bol de se faire escorter à l’extérieur par des flics, parce que je donnais pas cher de la peau de son môme si jamais le chiard se mettait à pleurer pendant le film. Sans parler de la capacité d’attention d’un gosse, qui forcément va emmerder tout le monde à la moindre pointe de début d’ennui.

Reste la question de la bouffe. Effectivement, manger un sandwich acheté ailleurs que dans un ciné, saymal. Enfin, je veux dire c’est interdit par le règlement, vous savez, celui qui est affiché dans TOUS les halls de ciné. On peut en penser ce qu’on veut (en s’appuyant ou pas sur le fait que les cinémas font leur thune sur la nourriture plus qu’autre chose et que c’est donc une nécessité pour eux) mais les règles sont claires. Quand tu viens chez UGC avec une canette de coca d’ailleurs ou un panini, tu sais ce que tu risques. Si la même personne grille un feu rouge ou se fait gauler sans son ticket dans le métro, il fermera sa gueule et baissera les yeux et ne s’étonnera pas non plus que l’agent RATP appelle la Police en cas de refus d’optempérer. Mais sous prétexte que les multiplexes c’est des sales corporations maléfiques, là ils peuvent se rebeller et s’étonnent de se faire virer par des policiers quand ils refusent de virer leur dwich ou de sortir, quitte à sortir les avocats pour se justifier. Y’a un moment dans la vie faut être logique les mecs. Ou alors planquer sa bouffe dans un pull en boule au fond d’un sac et d’attendre que les lumières s’éteignent pour la sortir. Mais oui, l’intelligence, chez les abrutis ça vient en option. Six ans de ciné hebdo avec Pollux, avec quasi systématiquement de la bouffe d’ailleurs. On s’est JAMAIS fait gauler, et si c’était le cas on accepterait les conséquences, parce qu’on était prévenus. La vente de nourriture représente la majorité du chiffre d’affaire d’UGC, c’est leur business model. Ils sont en droit de le défendre et de faire appliquer les conditions d’accès aux salles. S’ils laissent filer ils créent un précédent, perdent la face et suicident leur business model. Et comme les gens sont trop des raclures pour obtempérer sans police, bah UGC est obligé de passer à la manière forte. C’est aussi logique que légitime.

Anyway, ce qui m’a peut être le plus choqué, c’est ce groupe Facebook de crevards de merde qui vient te dire que ce qui tue le cinéma, c’est la place à 9€. Oui parce qu’on peut éventuellement argumenter du fait que si les gens viennent avec leur propre nourriture, c’est que le prix du ciné en soi est exorbitant. Okay, nouveau débat, je craque mes doigts, on y retourne. Déjà une place étudiant/chômeur c’est moins de 7€. Ensuite y’a des cartes d’abonnement, de réduction, de fidélité. Mais surtout, la carte illimitée est à 20€ par mois dans la plupart des moyennes/grandes villes. Vingt putain d’euros. C’est rien. C’est le néant, c’est microscopique dans un budget. C’est moins de quatre paquets de clopes, c’est le prix d’un DVD récent, c’est un restau pour une personne, c’est un tiers moins qu’un abonnement internet. C’EST RIEN. Si tu dis le contraire c’est que tu mens, c’est que le cinéma n’est pas si important pour toi. Si l’accès illimité à des dizaines de salles à travers la France vaut pas vingt euros par mois à tes yeux, mais reste chez toi putain, et télécharge tes DivX puisque t’es pas capable d’apprécier ce divertissement à sa juste valeur ! Effectivement neuf euros c’est cher, sur le principe. Mais t’achètes pas ton Nutella en pot de 10cls dès que tu veux te faire une tartine. T’achètes le gros pot avec plein de Nutella  d’un coup pour plus cher. Ca s’appelle l’intelligence, ça s’appelle faire des économies d’échelle.

Le plus ridicule dans tout ça, c’est la réaction de cette pauvre fille dans l’article de Rue89. Ayant assisté à la verbalisation de contrevenants au règlement, elle est suffisamment choquée (pourquoi ? ça doit être bien d’être un kikoolol au dessus des lois) pour nous dire qu’elle aura passé la moitié de la séance à prévenir la presse avec son iSheep. Elle aussi elle a eu du bol que je me sois pas retrouvé dans la salle, parce que son portable de merde a l’écran allumé pendant une heure, il aurait fini contre un mur. Mais elle te raconte ça trop fière d’elle. En même temps, qu’une nana qui ne respecte pas les salles obscures et préfère tripoter son téléphone plutôt que regarder le film défende un couple qui ne la respecte pas non plus, c’est cohérent.

Sérieux les gens, restez chez vous pour manger votre thon mayo qui pue, pour envoyer des mails autant que vous voulez et pour cracher à la gueule des studios en estimant que leur travail ne mérite pas votre effort financier. On aura plus de place pour nous gâcher, moi et les autres mecs qui adorons et respectons le cinéma.

Demain critique littéraire, parce que c’est bien les livres pour les connards qui aiment pas le cinéma, on peut manger en lisant, la police nous emmerde jamais et on peut l’acheter en occase pour pas cher tout en ne payant pas l’auteur au passage. Les livres, cékool.

BONUS DEBAT !!!

Oh et un dernier mot sur ce billet complètement à côté de la plaque qui insinue que les descentes dans les UGC ne sont qu’un coup de pub pour affirmer que les salles du réseau sont safes et que les gens peuvent venir. Précisons qu’UGC sont les premiers emmerdés par tout ça, mais pour le savoir il faut lire leurs communiqués de presse et pas seulement survoler. Accessoirement, l’info est à chaque fois remontée indépendamment d’UGC et si les exemples se multiplies c’est que le sujet est médiatisé et que du coup les journalistes font plus attention. Emballement de la machine médiatique quand tu nous tiens. Et puis pour Rue89 c’est super rentable, des dizaines de milliers de visites, des centaines de commentaires, ça faut bien quelques entorses à la déontologie.

C’est tellement plus simple de taper sur la grosse entreprise sans âme à coup de théories du complot que de voir la vérité en face, à savoir que les gens sont des gros beaufs sans éducation ni respect. Vous reprendrez bien un abonnement à Télérama ?

578 – Playing Dumb All The Way

Quand je suis un minimum honnête, je dois reconnaître que je kifouille bien le papier quand je lis un livre. Le côté sans fil, sans batterie, c’est cool déjà. Le feeling de l’objet flatte le fan de collector que je suis. Puis je surkiffe voir la pile de pages qu’il me reste à lire diminuer petit à petit. Et pour les jours où je suis un gars cool, je peux prêter mes romans préférés à un pote qui part se la couler une semaine en Belgique (au hasard). Mais chaque fois que je chope un poche au format merdique, que j’essaie de trimballer avec moi un pavé qui ne rentre pas dans ma sacoche ou que je passe mon temps dans le train, je me dis que je doublerai ma bibliothèque avec un e-reader à la cool ou une future éventuelle Apple Tablet (bah oui, une bestiole sur laquelle je peux bosser et consulter mes magazines numériques et autres publications, je me vois bien me balader avec à la place d’un ordi portable).

L’idéal, et la solution logique, déjà adoptée par certains studios cinés, serait d’offrir, par le biais de code unique, une version numérique pour tout achat de livre papier (moyennant surcoût, édition collector s’il le faut). Car tant qu’il faudra que je choisisse entre l’un ou l’autre, je refuserai de fractionner ma collection. C’est tout ou rien. La question, c’est de savoir combien de temps il faudra à l’édition traditionnelle pour comprendre ça. Indice, c’est très mal barré. Dans notre beau pays, les Lumières sont éteintes depuis longtemps. Il existe à l’heure actuelle trois plateformes d’achat d’e-book, chacune gérée par un groupement de gros/moyens éditeurs. Trois sites, donc trois comptes à gérer, trois spécificités de format numérique, trois fois plus d’emmerdes pour rien. Ce n’est pas aux éditeurs de vendre les livres, c’est le boulot des mecs comme la FNAC ou Amazon, qui possèdent la force et la volonté d’imposer des standards de fichiers et de protections anti-piratage.


Galligrasseuil et compagnie refusent de lâcher le morceau aussi facilement, persuadés qu’ils tiennent là un moyen de s’en mettre plein les fouilles. Il suffit de voir le prix des e-books en françe. Pas compliqués, ils sont vendus au même tarif que leur équivalent papier. Soi-disant que l’économie réalisée par le numérique n’est que de 10%. Qu’on soit clairs, c’est un putain de mensonge. L’imprimeur disparaît, tout comme le coût du papier, du transport, de l’espace de stockage en boutique, du salaire des vendeurs et enfin les frais de retour et pilonnage des invendus. Tout ceci est remplacé par quoi ? Un pauvre mec qui prend le fichier déjà numérique et l’adapte au format e-book. Le retour du foutage de gueule de l’industrie culturelle. Pendant ce temps-là, aux USA, les livres Kindle sont de deux à trois fois moins chèrs que les versions classiques. Ils doivent avoir un truc, c’est obligé.

Ca c’était pour mon ressenti et la réalité des mentalités d’aujourd’hui. Il ne manque plus qu’un troisième article où je ferai mon boulot de futuriste, je vous raconterai ce qui va se passer.
Ce sera jeudi, parce que demain, c’est critique ! Sinon, à seize heures, une petite note Bis photo !

BY THE WAY STAGE !!!

Hub’ de Rue 89 a synthétisé l’état des éditeurs français face à l’arrivée du numérique, et ça se passe là.